GMT Pile à l'heure, Génération Média&Technologies,la ligne du Devoir.

« Une ligne éditoriale très soixante huitarde, une approche iconoclaste sur fond de culture humaniste ».

Bargny, delta du Nil

 

BARGNY ET LA MER

“Nil bleu, Nil blanc,

c’est le Sénégal”

Une contribution partagée sur les médias sociaux bargnois pour penser pouvoir porter le débat sur l’érosion côtière hors des sentiers battus du werante!
L’Intelligence artificielle mise à contribution a démontré ses limites lorsqu’elle a refusé d’épiloguer sur une célèbre formule : “Nil bleu, Nil blanc, c’est le Sénégal”. Certaines similitudes linguistiques paraissent pourtant renvoyer à cette interconnectivité qui a permis une migration fluviale d’Égypte à l’ouest-africaine des eaux.
C’est ce que nous enseigne Gorguez ci-dessous : “Au fait, saviez-vous que “Ximbé/Khimbe” et “Banux/Banouhba sont des appellations d’origine égyptienne, sachant qu’une partie de notre souche ancestrale venait des rives du fleuve du Nil ? le majestueux marigot Houloupe leur servit de pied-à-terre durant leur randonnée vers l’ouest du continent africain !” Hydrologues et hydrauliciens, on dit quoi ?

Aux oubliettes ces moments fastes, disparus de la mémoire collective, où pêche traditionnelle et travaux champêtres, symbolisés respectivement par “joow” la pagaie et “guppa” l’hilaire rythmaient l’activité économique tout comme culturelle du terroir : on remontait le long filet de pêche avec l’abondante capture de poissons frétillants, ou bien on piochait la terre, battait les récoltes de sorgho aux refrains de chansons tirées du riche répertoire  lébou pour magnifier le Génie protecteur de la Nature, garant des greniers remplis de mil mais aussi de sel marin extrait des “haaw” aménagés dans les “beet” (ces salins que bordait un  dense taillis de “gargambosselé”  ou cactus, barrage naturellement incorporé faisant partie  non négligeable de la texture du paysage marin.

Ce que Bargny apprendra à ses dépens une fois ces remparts de cactus dévastés sous l’action anthropique largement responsable d’un tel pillage écosystémique environnant aux fins de bâtir des habitations dans des zones de captage naturel des eaux de houles de mer, servant en même temps de chenal d’écoulement  allant de Ximbé plage entre l’ex-usine Bata et le quartier NDiolmane, avant de transiter par le quartier Gorée de Bargny-Giitch pour se jeter dans le “Banaux” ou Baie de N’Gadié.

Au fait, saviez-vous que “Ximbé/Khimbe” et “Banux/Banouhba sont des appellations d’origine égyptienne, sachant qu’une partie de notre souche ancestrale venait des rives du fleuve du Nil ?
Rien de surprenant par conséquent que le majestueux marigot Houloupe leur servît de pied-à-terre durant leur randonnée vers l’ouest du continent africain ! D’où l’implantation des premiers établissements humains remontant aux abords du 14ème siècle (vous avez carte blanche d’apporter un correctif à la datation) !
Cette digression pour évoquer le rôle central de Houloupe (un mot d’une ethnie sérère des environs de Joël-fadiouth selon un natif du terroir qui avait eu l’occasion de lire l’historique document de synthèse de la Journée de Réflexion sur Bargny initiée en 1992 par le Coprej) nous sert de réquisitoire final pour livrer le verdict condamnant les Bargnois devant le spectacle désolant de goût de fin du monde qui se déroule sous leurs yeux ! Car par cette frénésie de construction anarchique sur fond de rétrécissement foncier, ils ont fait haro sur  le lit de Houloupe dont la mort définitive d’amont en aval nous prive aujourd’hui de son  rôle de soupape de sûreté comme cours d’eaux capteur des eaux de débordement des houles marines destructrices que plus rien n’atténue en lieu et place de Houloupe, notre … Nil local et Khimbé comme chenal d’écoulement !
De tout cela, la Commune devra en tenir compte pour s’atteler à  un projet de réinvention de Bargny dans les règles de l’art ! Autrement, c’est la ghettoïsation, la poubellisation industrielle jusqu’à faire des habitants des sinistrés écologique, réfugiés sur leur propre terre ancestrale !

Gorguez DIOP