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Assemblée : Un autre mandat pour Macky Sall

Dissolution de l’Assemblée

Un autre mandat

Macky Sall est aujourd’hui dans la même situation que Me Abdoulaye Wade lors de l’amendement Moussa Sy pour laquelle la dissolution de l’Assemblée est une solution possible : chercher une majorité absolue pour pacifier l’espace politique. Les tensions sociales vécues depuis 2019, latentes et manifestes entre mars 2021 et les élections de 2022, se sont vérifiées avec les douloureuses péripéties d’une Assemblée en perpétuelle effervescence depuis le 12 septembre ; elles reposent sur une mauvaise définition des forces politiques tendant vers un équilibre précaire, lourd de dangers. Les petits pas de géant avec la botte des sept lieues vers un second quinquennat les exacerbent avec l’impatience de la moitié des populations d’en finir avec le pouvoir actuel, dans l’indifférence d’une majorité de populations auto-exclues du jeu politique.

Si, pour écourter la durée légale de la législature, on avait plus prévu l’inverse et moins une dissolution qu’une prolongation du mandat des députés, la raison en était purement économique, entre 2010 avec les inondations, sous Me Wade, et 2019, sous Macky Sall où sa majorité proposait un jumelage devant les tensions de trésorerie et les difficultés des populations.
La crise de 1962 entre Senghor et Mamadou Dia justifie la dissolution de l’Assemblée nationale en ce qu’elle donne au parlement le même pouvoir, toute chose étant égale, avec la motion de censure : l’amendement, la dissolution, le couplage et la motion de censure visent à rompre le jeu démocratique en ce qu’ils écourtent une durée légale devant une situation cependant exceptionnelle pouvant entraîner l’instabilité politique.
Ainsi, le 21 novembre 2001, l’amendement Moussa Sy instaure des délégations spéciales pour donner les coudées franches à un pouvoir sans majorité à l’Assemblée. Niadiar Sène (Ps, augmentation du nombre de députés en 1998), Moussa Sy (Pds, la dissolution des collectivités locales en 2001) ou Ibrahima Isidore Ezzan (Pds, loi d’amnistie pour les crimes de nature politique en 2005) ont influé sur la marche d’un ordre législatif et ou judiciaire préalablement établi et bouleversé pour les beaux yeux du Prince. Le refus des populations devant de tels forcings affaiblit d’autant le pouvoir du président de la République (l’article 87 de la Constitution) que celui du parlementaire : comme la transhumance, ils faussent la sincérité du vote et le message de l’électeur envers ses élus.

L’absence de majorité claire conduit à un bras de fer sans fin, refermant davantage les populations sur elles-mêmes : les remarques relevées depuis septembre et plus depuis la fin novembre renvoient à ce que Sène (2019 mars 11) analyse comme « répondre à un impératif d’intérêt général indiscutable » : le spectacle qu’offre l’Assemblée nationale est moralement intenable et pourrait aboutir à plus d’une menace d’ « avortement précoce », symbolique d’une interruption de législature et pas seulement pour les incriminés.
On pourrait y ajouter les indices ayant conduit au contexte actuel : les conditions de l’élection avec le parrainage, les résultats, les incidents de l’installation, les sessions et enfin les incidents qui continuent (Amy Ndiaye, Coura Macky, etc …)
Les conclusions tirées par ceux qui ont analysé la situation actuelle disent qu’au total, les points relevés semblent accuser le législateur de laxisme dans les conditions illégales de l’élection avec le parrainage (liste majoritaire rejetée par-ci, liste départementale validée par-là), des résultats qui donnent la majorité battue et secourue par une voix, source de tensions vérifiées. Ces compromissions au sommet pour un adepte du Lambi golo devaient aboutir à la situation que vit aujourd’hui le Sénégal : Si Macky Sall en est le problème, il devrait également en être la solution par une dissolution de l’Assemblée. Sans état d’âme.
« Fonce, Macky ! », lui disent certains cadres de son parti et de la coalition.

P MBODJE

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Voir également

Mamadou Sène : Sénégal – Dissolution de l’Assemblée Nationale : Le consensus, un préalable nécessaire,
mars 10, 2019, mamadousene.opinion@gmail.com, mamadousene.net