GMT Pile à l'heure, Génération Média&Technologies,la ligne du Devoir.

« Une ligne éditoriale très soixante huitarde, une approche iconoclaste sur fond de culture humaniste ».

Assemblée : Plus jamais ça !

Les événements du 1ier décembre 2022 au Parlement

Plus jamais ça !

Le mimétisme développé par le Sénégal, notamment par rapport aux questions de genres, risque de nous conduire à des difficultés voire des catastrophes.

J’aurais été particulièrement heureux si l’Assemblée nationale était en totalité composée de femmes compétentes, respectueuses et totalement engagées pour la cause de leur pays.

Les réalités socioculturelles ne sont pas les mêmes au Sénégal qu’en France par exemple.

Le nombre de diplômées de l’enseignement supérieur, dans les deux pays, est loin d’être  comparable.

Les notions de démocratie, de représentants du peuple, de pouvoirs d’État et de leur séparation sont étrangères à nombre d’élus, actuellement présents dans les rangs de l’assemblée nationale.

L’évolution de la politique au Sénégal est inquiétante.

Il y’a des énergumènes qui n’ont rien à faire à  l’Assemblée nationale.

Comment sommes-nous tombés aussi bas?

Autant il est légitime, pour un parti politique, de vouloir augmenter le nombre de ses militants, autant il  faut s’interroger, lorsque parmi les recrutés, il y en a qui osent tenir des propos que ne renieraient pas des zélateurs nazis.

Les événements qui se sont  passés à l’Assemblée nationale, le premier décembre, sont des marqueurs quant au triple échec dans l’éducation et la formation de certains de nos concitoyens:

Echec dans l’éducation familiale ;

Echec du système éducatif qui a la responsabilité de former les citoyens aux valeurs morales et républicaines

Et enfin, échec de certains guides religieux qui doivent, sans relâche, rappeler aux ouailles le  comportement exemplaire attendu d’eux.

Dans cette perspective, les partis politiques ne peuvent être exonérés de toute responsabilité quant aux écarts de langage et de comportement  de leurs militants/députés, devenus récurrents, en un lieu aussi symbolique que l’enceinte du Parlement.

Pensons un instant au regretté  président Lamine Guèye  qui a eu à y présider  des sessions parlementaires lors desquelles, la courtoisie, la politesse et le respect de l’autre, étaient les qualités les mieux partagées parmi les parlementaires.

Avons-nous conscience d’avoir perdu cette convivialité, cette urbanité ?

Le député est protégé juridiquement.

Toutefois, le législateu,r lorsqu’il mettait ces dispositions en place, était loin d’imaginer que celui-ci violerait avec autant de désinvolture l’exemplarité morale dont il est censé être porteur, en toutes circonstances.

Les divergences entre partis politiques ne devraient porter que sur les méthodes et les voies pour atteindre le développement et non sur les objectifs, en principe partagés, et qui tous devraient viser le mieux-être des Sénégalais.

Cependant, nous devons avoir conscience que la condition première de ce mieux-être est la paix.

Ne la mettons pas en péril !

Enfin les générations actuellement aux affaires doivent savoir que le Sénégal était très respecté sur la scène internationale, non pas pour  sa richesse, son étendue géographique ou son poids démographique. Il était respecté  parce que ceux qui  le représentaient, tout aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur, se souciaient, en toutes circonstances, de l’image de leur pays, laquelle était perçue à travers leurs comportements.

Plus jamais ces scènes déplorables, dans l’enceinte du Parlement, qui sont de véritables  profanations.

Ababacar Sadikhe DIAGNE

Ancien élève des Classes préparatoires aux Grandes Écoles.

Ingénieur diplômé de l’Ecole Nationale de l’Aviation Civile (ENAC),  Toulouse, France

et du Massachusetts Institute of Technology (MIT), Cambridge, USA