Amadou Bâ et sa “Nouvelle responsabilité” : Bouger, c’est être
Amadou Bâ et sa “Nouvelle responsabilité”
Bouger, c’est être
Au total, tout le monde veut Amadou Bâ : au début comme perturbateur potentiel après son score appréciable à la Présidentielle, ensuite comme stabilisateur au moment des concertations nationales, enfin comme vrai leader semant l’Évangile à travers les contrées.
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La secousse venue de Podor le 10 juillet dernier, pour sincère qu’elle puisse paraître de la part de sympathisants sevrés de leur leader, n’intègre pas la dimension émotionnelle dans la durée et la densité nécessaires à un séjour parmi les siens : Amadou Bâ souffre tout autant de n’être pas encore allé à Podor ; pour Amadou Bâ, Podor, c’est l’origine de tout, point de départ d’hommes et de femmes refus partis à la rencontre de l’autre pour donner un sens à la vie.
Ils ont attendu longtemps, deux ans pour être précis. S’ils reconnaissent le pouvoir de séduction et d’attirance de Amadou Bâ, les jeunes de la section locale de Podor de Nouvelle responsabilité semblent regretter que leur mentor n’ait pas les épaules assez larges pour supporter le projet commun. Par patriotisme, Podor avait voulu renforcer l’ancien Premier ministre en le plébiscitant comme sait le faire le Fouta. Les militants regrettent cependant ce qu’ils interprètent comme un le manque de respect et d’égard de Amadou Bâ envers le seul bastion remporté.
Amis, alliés, militants et sympathisants acceptent difficilement l’absence de tournée de remerciement, d’autant que de notables faits socio-religieux s’y sont déroulés qui nécessitent la présence de Amadou Bâ pour marquer son respect, sa solidarité, sa compassion, sa culture.
En bon républicain, Amadou Bâ est resté sourd aux appels des sirènes qui voulaient en faire leur passe- droit face au pouvoir : « Ce qui me dérange, ce sont tous ceux qui veulent que tout foire et qui pensent pouvoir se servir de moi à cette fin » nous confiait-il en avril 2025, avec le lancement de son rassemblement “La Nouvelle Responsabilité”. Le long silence des sanglots avait conforté ceux qui le voyaient abattu par les bas plus que les hauts de la vie : touché dans sa chair par ceux-là mêmes qui l’avaient envoyé au bûcher pour ensuite espérer le voir se brûler les ailes comme Icare ou Prométhée, il a également subi les aléas de la vie dans sa chair et son sang, ce qui semblait le rendre vulnérable face au pouvoir.
Malgré tout, il s’est voulu loin de toute transhumance qui n’aurait eu aucun impact positif sur le quotidien immédiat des populations. Bien au contraire, Amadou Bâ invitait à une approche thématique de la crise socio-politique afin d’éviter de peu étreindre à force de vouloir trop embrasser.
Podor est venu perturber la profonde méditation… et lancer obligatoirement une campagne déjà en cours. Avec toutes les conséquences possibles, dans ce Sénégal encore incertain devant les hésitations des cadres, les vrais.
Pathé MBODJE
