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Amadou BÂ coordonnateur des élections: Le jour d’après pour l’annonce Par Habib KÂ, Chef du bureau régional de Matam, Thilogne

Une offre compensatoire plus conséquente attend-elle Amadou Bâ au sortir des élections locales ?

Amadou Bâ désigné par le président de l’Alliance pour la République (APR) et de Benno Bokk Yakaar (BBY) coordonateur national pour les élections municipales et départementales du 23 janvier 2022, observateurs et commentateurs ont vite assimilé cette décision du chef de l’État comme une annonce. Annonce non seulement d’un retour de Amadou Ba au gouvernement après une période de disgrâce de plus de deux ans, mais surtout d’un poste de Premier ministre à portée de main.

Ils n’ont peut-être pas tout à fait tort, s’ils se réfèrent au rapprochement médiatisé ces derniers temps, entre le président et son ex-ministre de l’Économie et des Finances.

Il s’y ajoute certainement la manière et les formes que le président Macky Sall a employées pour arbitrer la candidature pour la ville de Dakar : en ouvrant un boulevard à son ministre de la Santé, Abdoulaye Diouf Sarr, et en faisant renoncer au “Patron de Dakar” ses ambitions de maire pour la capitale et les Parcelles assainies, Macky Sall laisse entrevoir qu’une offre compensatoire plus conséquente attend Amadou Bâ, au sortir des élections locales.

Poste honorifique

Sinon, le poste de coordonnateur national des élections, en soi, comme celui de directeur d’une campagne présidentielle, est simplement honorifique, un prestige qui n’a de durée de vie que le temps du scrutin.

En vérité, coordonnateur national, tout comme envoyée spéciale, est une coquille vide, poste jadis offert à Aminata Touré, ancien Premier ministre, après une longue traversée du désert.

De surcroît, le poste est ingrat : sous Abdoulaye Wade,
son directeur de campagne, l’actuel président, avait abattu un travail énorme pour se voir remercié de la primature de fort belle manière, avec en projet une descente aux enfers.

Le président Macky Sall, lui aussi, avait en 2019 rendu pareille monnaie à son fidèle et dévoué Premier ministre Mouhamed Boun Abdallah Dione.

Même si comparaison n’est pas raison, la prudence s’impose ici, surtout quand il s’agit d’un président aussi imprévisible, aussi froid, aussi secret que l’actuel, dans ses choix, ses décisions. Comme le père, quand ça lui prend, il signale à gauche pour tourner à droite.

Dans le contexte actuel où le président est tenaillé par l’opposition, l’opinion nationale et internationale, voire même dans son propre camp, sa coalition et son parti, il doit sortir de son mutisme, se débunkériser et parler aux Sénégalais sans langue de bois. Le parti aussi compressé, muselé, infantilisé en réclame.
Tantôt les ennemis sont extérieurs, tantôt ils sont indexés être tapis à l’intérieur, une terreur non dite faite de délations et de dénonciations au plus haut sommet du Parti.

La force déterminante de la gagne se trouve dans l’APR et le BBY, et nulle part ailleurs. Macky Sall aura beau chercher à faire des astuces pour des combinaisons gagnantes avec Oumar.Sarr, Idrissa Seck, Khalifa Sall, Karim Wade, Il ne récolterait l’effet escompté. C’est à lui et à ses militants que les électeurs  avaient porté leur choix, leur confiance. Croire que les Sénégalais seraient accrochés par ces combinaisons politiciennes dans le but de prolonger son mandat, c’est oublier que les Sénégalais ne n’élisent pas, mais sanctionnent.

La nomination de Amadou Bâ aurait de sens si le président Macky Sall lui confiait en même temps un poste ministériel, des pouvoirs délégués pour gérer le parti puisque lui-même évoque ses difficultés à s’occuper à plein temps du Sénégal compte tenu de ses charges de président de l’Union africaine ; qu’en sera-t-il de l’APR et de BBY ?

Redynamiser le parti, réhabiliter les leaders, redonner confiance aux militants et sympathisants de l’alliance est la voie royale pour prétendre à quoi que ce soit dans ce contexte où tout est dans le domaine du possible.

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