Agression contre l’Iran : Absurde
Chronique-Le déclin des puissances
Des guerres nuisibles voire absurdes
Les facteurs qui font tomber les puissances dominantes viennent rarement de l’extérieur. En fait, le début de la fin, c’est lorsqu’elles agissent en totale opposition aux principes qu’elles prônent et abandonnent les activités de production auxquelles elle substituent la jouissance : la noce en lieu et place du travail.
On parle de consommation au lieu de travail. Les populations des puissances en déclin grossissent notamment du ventre, contrairement à leurs prédécesseurs, lesquels étaient sveltes et rompus au travail. Le fermier et l’ouvrier d’hier auxquels l’Etat dominant doit sa puissance se sont effacés et remplacés par les spéculateurs.
Où voit-on les surpoids et l’excès de loisirs et où se trouvent les travailleurs acharnés ?
Une Nation chute quasiment toujours parce que tolérante envers ses propres défauts et manque de courage pour les corriger.
Des guerres nuisibles voire absurdes
Le comportement du Premier ministre israélien et les ministres extrémistes dans son gouvernement sont en train de desservir les vrais intérêts à long terme de leur communauté. Ce sont des citoyens américains de premier plan qui, maintenant, disent que le gouvernement des États-Unis est sous l’influence du lobby pro- israélien. Et que c’est le Premier ministre israélien qui a poussé le président américain à se joindre à lui pour attaquer l’Iran. Et paradoxe des paradoxes : certains responsables européens, comme des perroquets, continuent de répéter : “Israël a le droit de se défendre” alors que c’est ce pays et son allié qui sont les agresseurs de l’Iran. Pourtant, les autorités iraniennes avaient participé, avec bonne foi, aux négociations sur le dossier du nucléaire lesquelles avaient quasiment abouti.
En réalité, c’est le scénario irakien qui allait, encore une fois, se dérouler : une agression basée sur des éléments fictifs. Toutefois, ce scénario ne s’est pas joué comme prévu par ses concepteurs qui sont les plus impliqués dans les guerres qui ont eu lieu au vingtième et vingt-et-unième siècles, alors qu’ils n’avaient pas toujours le droit de leur côté.
La résistance de l’Iran les a surpris tout aussi bien que le soutien que ses populations ont apporté à leurs dirigeants.
Par ailleurs, les attaques sur les installations pétrolières de l’Iran et la réaction de celui-ci ont impacté négativement les économies occidentales voire celle mondiales.
Des interrogations à propos de la rationalité de cette décision de déclencher cette guerre commencent à être posées par les alliés traditionnels des deux agresseurs de l’Iran. Même le président américain demande maintenant au Premier ministre israélien de ne plus attaquer les installations gazières et pétrolières iraniennes. Où est la cohérence dans toute cette affaire ?
Les destructions à Gaza, au Liban, en Iran ont atteint un niveau inédit depuis la fin de seconde guerre mondiale. On parlait de Coventry ou de Dresde pour évoquer les destructions les plus sévères qu’une ville peut subir ; aujourd’hui, celles en cours en Palestine et en Iran les ont éclipsées.
Ceux qui sont responsables de ces destructions pensent-ils, ne serait-ce qu’un instant, au bilan carbone lorsqu’il faudra reconstruire tout ce aura été détruit lors de ces guerres ? Réchauffement climatique, montée du niveau des océans, dérèglement climatique tout cela doit-il compter pour quantités négligeables ? Ne parlons même pas de la pollution incidente de ces guerres, des cohortes d’éclopés, des traumatisés et des … morts qui souvent ne sont pas fils de président ou de Premier ministre.
Peut-être que ces tragédies pousseront les électeurs dans ces pays à voter pour les vrais partisans de la paix et cesseront d’envoyer au pouvoir des va-t-en guerre.
Ababacar Sadikhe DIAGNE
Ancien élève des classes préparatoires aux Grandes écoles, Ingénieur diplômé de l’ENAC École nationale de l’Aviation civile;, Toulouse, France, et du MIT Massachusetts Institute of Technology, Cambridge, USA
