Afrique du Sud : Black Is Black
Afrique du Sud
Black Is Black


(…)En ce moment même, les xénophobes sud-africains sont en train de terroriser leurs frères africains qui les avaient longtemps soutenus dans leur combat contre l’apartheid. Ils ont la mémoire courte et sont ingrats !
Et c’est ainsi partout en Afrique où l’homme noir est le pire ennemi de l’homme noir !”
C’est pour ça que je suis dit que j’avais perdu mon temps dans la lutte anti-apartheid : en 1977, j’ai été membre fondateur d’un club anti-apartheid à Compiègne avec la présence, lors de sa mise en place, de l’ex-Colonel John Agami, officier ougandais évadé des geôles d’Idi Amin et qui préparait un Doctorat d’Économie en Angleterre, avec, également, la présence du Camerounais Mpele Bodian, secrétaire général de la Fédération des Travailleurs noirs immigrés-Fetrani ; j’ en étais le trésorier. D’ailleurs, avec l’Association des Travailleurs d’Afrique noire de Compiègne (AtanC) et le Mouvement contre le Racisme et l’Antisémitisme et pour la Paix (Mrap) dont le président était un Camerounais, Pierre Ngouat, nous avions organisé en 1978 une conférence anti-apartheid avec la participation d’une étudiante sud-africaine à Londres. Quand le problème de son billet de retour se posait, j’avais remis 300 francs français car je continuais à cotiser alors que les autres avaient arrêté de ce faire. Et c’était cette somme qui avait permis à cette étudiante sud-africaine de retourner à Londres.
Lors de mon deuxième séjour à Marseille, j’avais récidivé en étant membre fondateur du Groupe Afrique de Marseille, un groupe anti-apartheid antiraciste et anti-impérialiste. Nous avions un journal et, dans un des numéros, j’avais fait publier un article sur : ” Le syndicalisme en Afrique du Sud “. Nous avions organisé une conférence anti-apartheid avec la participation de Radio Galère où j’avais créée et animais une émission
dénommée “Diaspora“. Il y avait également la participation du Parti communiste Internationaliste Pci, un parti trotskyste où j’étais militant. D’ailleurs, j’avais adhéré au PCI car un ami militant qui m’avait fait lire dans le journal du PCI un article intitulé “Tribune Internationale”, une analyse de Trotsky sur l’Apartheid et également le livre de Léon Trotsky “La révolution permanente”. Pierre Fougeyrollas que Senghor avait expulsé en 1970 pour avoir écrit un pamphlet “Où va le Sénégal ?” était un des principaux théoriciens du PCI.
Avec cette xénophobie des Noirs sud-africains envers les autres Africains, j’estime que j’avais perdu mon temps.
Cheikh DIOP Thilmakha
