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Ziguinchor, Municipales 2021: Benno voterait-il Yewwi ? Par Habib KÂ, chef du bureau régional de Matam, Thilogne

Cette guéguerre de positionnement ou guerre des investitures doit prendre fin et le parti et la coalition retrouver leur unité, leur  cohésion pour éviter les vicissitudes des combats au sommet du pouvoir qui mènent inexorablement à l’implosion.

L’on est tenté de s’interroger pour qui roulent Doudou Kâ, l’Alliance pour la République (APR), Benno Bokk Yakaar (BBY) ? Pour Yewwi Askan Wi ?

La récente descente du directeur général de l’AIBD, flanqué de quelques inconditionnels gros bras dont le bouillant Alpha Oumar Sow, venu de Yeumbeul faire la justice à Boucotte, porte à le croire. S’il escomptait créer l’événement pour distraire l’attention du chef de l’État et ainsi se faire désigner candidat à la mairie de Ziguinchor, Doudou Kâ s’est retrouvé pris dans son propre jeu. Un infantilisme politique qui sert plus Ousmane Sonko et Yewwi Askan Wi (YAW) que Macky Sall et Benno Bokk Yakaar (BBY).

Si les fils de la Casamance ne l’ont pas suivi dans cette escalade de violence, c’est qu’au pays d’Aline Sitoë Diatta, les liens de sang sont sacrés et le matriarcat ancré dans les mœurs. La preuve: les réseaux sociaux n’en ont fait que des commentaires très mitigés,  appelant les rivaux politiques à la paix, à la fraternité pour le bonheur d’une Casamance unie et solidaire.

La vérité est ailleurs, dans l’éloquence des chiffres des résultats des trois différents scrutins tenus à Ziguinchor. Battu aux Communales de 2014, aux Législatives de 2016, à la Présidentielle de 2019, Macky n’a pas encore trouvé pour sa coalition la solution qui endiguera la sonkomania : Abdoulaye Baldé qui lui fait les yeux doux ? Ou un des siens,  éternels losers ?

Qui alors, de Doudou Kâ, Angélique Manga ou Benoît Sambou, président de la Commission nationale du Dialogue des Territoires (CNDT) designer ? Le choix est cornélien, la dispersion des voix pernicieuse.

Le chef de l’État fera preuve de grandeur républicaine pour éteindre ce feu qui couve pour que non seulement en Casamance et dans le reste du pays, les élections locales, expression de la volonté populaire,  soient pacifiques, transparentes.

Il envisage très prochainement d’organiser une tournée remarquable dans cette région avec des inaugurations de certaines réalisations, l’amorce d’un fast-track pour l’achèvement d’autres grosses infrastructures routières, portuaires et aéroportuaires pour que la Casamance et les Casamançais, citoyens à part entière,  puissent se sentir dans un pays de tous, un pays pour tous.

Pour le faire, il doit retrouver dans cette partie sud du pays un climat de paix et de fraternité, après les frasques de l’incontrôlé Doudou Kâ.

Cette tournée économique dans le sud doit  effacer l’image écornée de celle du nord, de Fatoumata Ndiaye Tampi où brassards et banderoles rouges étaient positionnés sur le carrefour central de  Ourossogui, le président debout, silencieux dans sa décapotable, se grattant le crâne,  attendant que la voie soit dégagée par une sécurité assez spéciale

Le vote serait-il objectif, sanctionnant les maires qui se sont illustrés ces sept longues années par des détournements, des gestions partisanes si ce ne sont personnelles, des spéculations foncières excessives ?

Les électeurs y ont leur part de responsabilité, car une fois le maire élu, ils ne se font aucun souci des organes de contrôles pour la gestion de leurs ressources.

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