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Zator Mbaye, responsable de la jeunesse progressiste: « L’Afp veut avoir une équipe pour gérer le legs du président Moustapha Niass » Entretien dirigé par Charles Thialys SENGHOR

Dans cet entretien qu’il nous a accordé, Zator Mbaye, responsable des jeunes progressistes, revient sur le départ annoncé de Moustapha Niass de la direction de l’Alliance des forces de progrès. Pour lui, il n’y aura aucune rivalité car l’Afp travaille sur un schéma d’une équipe qui pourra gérer le legs de Moustapha Niass.

Que représente pour vous le retrait de Moustapha Niass de la direction de l’Alliance des forces de progrès ?

Vous savez, dans la vie des individus, il arrive des moments où il y a forcément des mutations. Le président Moustapha Niass est encore avec nous. Il n’est pas conjugué au passé mais au présent. Il est encore avec nous comme il l’a été pendant 22 ans. C’est lui-même qui choisit de quitter volontairement la direction du parti sans pour autant quitter le parti parce que la différence est de taille. Nous avons cheminé avec lui. C’est notre leader qu’on a librement choisi, qui nous a guidés, accompagnés, formés, formatés et, aujourd’hui, il choisit de rajeunir la direction du parti. Ce qui est un processus normal.

 Qu’est-ce que vous retenez particulièrement de Moustapha Niass ?

C’est un homme d’une grande expérience, d’une grande expertise, d’une grande générosité, qui maîtrise l’Etat. Mais aussi c’est un grand homme politique parce qu’avoir 64 ans de vie politique et puis à un très haut niveau, ça n’arrive pas souvent. De sa génération, je pense qu’il fait partie des rares personnes ou sinon le seul qui soit encore actif sur le landernau politique. C’est tout à son honneur. Oui, être avec le président Niass, c’est être avec une bibliothèque, un homme qui fait beaucoup de choses, un homme d’une générosité granitique qui fait toujours apprendre aux autres, donner aux autres. Voilà un peu ce que nous savons du président Moustapha Niass.

Il va vous manquer alors…

Je ne suis même pas en train de m’imaginer un jour où l’Afp aura un autre Secrétaire général parce que simplement nous sommes habitués à sa présidence de séances, à ses belles conclusions, à ses envolées intellectuelles en nous faisant un tour en avion à la littérature française. Donc, je veux être très loin de ce moment-là même si, par ailleurs, nous pensons que nous devons respecter également son choix. Mais, on n’est pas encore prêt à nous départir de la direction du président Moustapha Niass.

Comment vous préparez- vous au processus de départ de Moustapha Niass ?

C’est lui-même qui a enclenché le processus depuis un an. Il y a une commission de vente et de placement des cartes qui sera chargée de piloter et de parachever le renouvellement des instances de la cellule au congrès. Ce sera sur un processus démocratique. Le parti ne se gérera pas par un process dynastique ou monarchique. C’est par un processus démocratique avec le renouvellement de toutes les instances des jeunes, des femmes et des cadres. Et in fine, le congrès qui devra choisir librement la future équipe qui aura en charge la direction du pari. Donc, nous préparons ce moment avec beaucoup de sérénité et avec beaucoup de calme sans être dans des considérations de rivalité parce que pour nous, l’objectif, c’est d’avoir une équipe qui pourra gérer le legs du président Moustapha Niass.

Quel rôle va-t-il jouer dans le parti ?

Je pense qu’il va continuer à jouer le rôle qui est le sien, celui qu’il a toujours joué. C’est un rôle de formateur, d’encadreur, de guide ; c’est le rôle même de guide spirituel. Je pense que les instances qui auront en charge la préparation de ce congrès pourront le mettre à contribution pour voir quel devra être le véritable rôle du président Niass dans le parti. Mais, en tout cas, c’est quelqu’un qui nous quittera sans nous quitter.

Avec son départ, qu’est-ce qui va changer dans le parti ?

Nous nous inscrirons dans la continuité, c’est-à-dire un parti de principes, un parti sur lequel les gens peuvent compter à chaque fois que de besoin. Nous essayerons autant que faire se peut de matérialiser notre projet de société et de travailler un jour à avoir un candidat à l’élection présidentielle qui soit issu de notre parti comme il l’a souhaité lui-même. Voilà les axes, je pense, sur lesquels le parti devra pouvoir s’appuyer pour un peu se maintenir là où il est et éventuellement progresser.

Dans quelle mesure votre parti en coalition peut-il avoir un candidat à la Présidentielle ?

Oui, il est très possible d’en avoir parce que le candidat de la coalition Benno bokk yakaar pourrait un jour être issu de nos rangs. Pourquoi pas ? Si aujourd’hui le candidat est de l’Apr, pourquoi ne pas demain aspirer avoir un candidat venant des rangs de l’Afp ? Nous y travaillons et pensons que ce jour pourra se réaliser inshallah.

Les priorités du parti après le départ de Niass en 2022 ?

Je vous ai dit que c’est dans la continuité. Je vous ai dit que le président Niass reste avec nous. Et l’objectif, inshallah, c’est de matérialiser son appel, le viatique qui est toujours actuel à savoir la bonne gouvernance, mettre en avant l’intérêt général. Nous allons continuer de travailler dans une parfaite osmose les uns et les autres, toujours en renforçant la coalition Benno dans laquelle nous sommes des actionnaires, pas des moindres. Je peux vous dire que l’Afp fera autant que faire se peut de maintenir la barque avec, bien sûr, une équipe qui pourra jouer sa partition.

Comment vivez-vous les retours au sein de l’Afp ?

L’Afp n’a jamais fermé sa porte à qui que ce soit. Ceux-là qui avaient délibérément choisi de partir sont partis librement.  Et je pense que le jour où ils sentiront le besoin de revenir à la maison, la porte est toujours grandement ouverte parce que l’objectif d’un parti, c’est de faire dans l’addition et non dans la soustraction ou dans la division. Et on nous a appris au niveau de l’Afp de ne critiquer personne qui soit parti. Et de la même manière nous accueillerons à bras ouvert tous les camarades et mêmes toutes les autres personnes qui pensent pouvoir épouser le projet de société de l’Afp. Il y a déjà beaucoup de retours. C’est bien heureux. Il y a d’autres qui toquent à la porte. Et tout fera que notre parti sera renforcé parce que notre objectif de nous massifier et de solidifier toutes nos bases au niveau du Sénégal.

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