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La Ligne du Devoir

Vains trois et 5 juin: Le roi est nu ! P. MBODJE

La propagande plus dynamique a déchiré la couverture antiterroriste dont il voulait se couvrir

Juin a renforcé la nudité d’un Roi qui dort toujours, sourd aux aspirations des populations. Le règne de la terreur que Macky Sall veut imposer au Sénégal est une gifle au M23 qui lui a paradoxalement mis le pied à l’étrier : une vieille loi de 1965 est remise au goût du jour, entre les exigences des organisations sous-régionales et internationales, mais avec un empressement compréhensible après les évènements de mars qui pose un parallélisme saisissant entre mars 2021 et les « résolutions pertinentes » du Conseil de Sécurité des Nations-Unies entre 2001 et 2014. Et ceci a été adroitement exploité au lendemain d’un 23 juin à double vitesse ; pourtant, le dossier de présentation du projet de loi est très clair : le droit positif sénégalais ne couvre toujours pas encore entièrement certaines problématiques majeures que posent les résolutions du Conseil de Sécurité des Nations-Unies, notamment des résolutions n° 1373 (2001) et n° 2178 (2014). Au demeurant, l’amalgame était d’autant impossible que l’article 279 alinéa 1 qui définit ce qui est terrorisme et tout ce qui participe au terrorisme a été voté le 28 octobre 2016.

Mais pour dépouiller davantage le roi incapable de communiquer, ses « amis » d’en face maîtres dans la manipulation des masses sont parvenus à semer le doute dans l’esprit des populations, comme depuis quelque temps avec l’affaire Sonko.

Au surplus, le M23 au pouvoir est en butte au M23, lanceur d’alerte, défenseur des libertés individuelles et collectives, dans le dogmatisme du respect de la Constitution inviolable.

Le M23 au pouvoir est dans la réalité un M23 anti-pouvoir puisque veillant peu sur les victoires individuelles et collectives acquises en 2011 et vendangées par le M23 au pouvoir.  Le M23 au pouvoir a en effet rogné les acquis de 2011 pour se révéler un anti-M23 monstrueux, ayant conduit le pays au bord du précipice en mars dernier ; d’où un nouveau M23. Mais le contexte n’étant plus le même après 10 ans de pouvoir du M23, le mouvement fait sa mue : il est M2D, préférant la mort (D) à la honte, hydre à plusieurs têtes engendrées par un pouvoir aux antipodes du combat d’hier.

La querelle du 23 juin dernier tourne ainsi autour d’un en-soi que l’on voudrait prendre pour un pour-soi : le mouvement historique d’il y a dix ans est mort avec la victoire du peuple sur le pouvoir ; certains de ses appuis d’hier estiment le contraire qui se désolent de la victoire des forces du mal sur la légalité institutionnelle (Lire l’excellent entretien avec un Farba Senghor lucide en page 5).  Il est flatteur de s’en souvenir, pas d’en faire une arme de combat hors contexte. Déjà, on avait senti l’essoufflement des survivants en 2020 avec une timide mobilisation ; le pouvoir a aidé cette année avec la conjoncture de mars que l’on sait que Macky Sall et ses amis veulent exorciser en manifestant…tout en étant à la base du réveil des démons de 2011 par ses libertés présidentielles régaliennes sur le Droit positif réel.

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