GMT Pile à l'heure

La Ligne du Devoir

Une phrase pour mille émotions: « J’ai une mauvaise nouvelle » Chérifa Sadany Ibou Daba SOW

Recevoir une nouvelle, qu’elle soit mauvaise ou bonne, effuse des émotions. Les mêmes qui, pour qu’elles soient bouleversantes, dépendent du caractère de la personne et de la portée positive ou négative de la nouvelle. La personne ombrageuse est souvent celle qui en périt.

Un certain temps peut s’écouler avant qu’une personne ne comprenne toute la portée des nouvelles qu’elle a reçues et qu’elle laisse alors libre cours à ses émotions, voire même à ses larmes.

« M’annoncer une mauvaise nouvelle a toujours été une mauvaise idée pour ma famille. C’est ma façon de réagir qui leur fait peur. D’habitude je reste sereine comme si je m’y attendais. Mais croyez-moi, si ma conscience me rappelle les faits, je deviens incontrôlable… A la mort de ma mère, j’ai failli rendre fou mon père à cause de mon comportement… », réagit Fatou Gana Sène, mère de famille résidant aux Parcelles assainies.

Penda Diallo raconte la plus grande mauvaise nouvelle qu’elle a reçue et qui a modifié sa vie. Avec émotion et quelques trémolos de voix, elle revient sur la situation : « Je riais, car je n’y croyais pas lorsqu’on m’a annoncé la mort de ma copine, celle avec qui j’ai partagé le même table-banc à l’école. Alors que j’avais vu son statut WhatsApp le matin, l’après-midi on m’annonce sa mort. Non seulement j’étais surprise, mais j’étais dépressive pendant deux mois. J’avais peur de recevoir un coup de fil, mon téléphone je le mettais sous silencieux. En classe, lorsque mon professeur rappelait involontairement son nom, je perdais toute envie de vivre… Y’avait pas pire mauvaise nouvelle », chagrine-t-elle.

La révélation de mauvaises nouvelles provoque une grande variété d’émotions et de réactions. Chacune devra être comprise et analysée. Beaucoup de gens sont capables d’accepter les mauvaises nouvelles et de s’y adapter. « Lorsqu’on m’annonce une mauvaise nouvelle, je pleure avant d’entendre une phrase. Je sens mon corps me lâcher, mes reins vibrer, mon cœur s’accélérer et je me fais beaucoup de scenarios avant même qu’on m’explique en détail de quoi s’agit la mauvaise nouvelle ; ces mêmes réactions, je les ai à chaque fois qu’une chose me terrifie », raconte Ndèye Awa, restauratrice. Très soucieuse, elle dit être chanceuse d’avoir un mari posé qui prend en compte sa fragilité.

Comment annoncer une mauvaise nouvelle ?

Déjà, peut-être par commencer à se mettre à la place de l’autre bien qu’émotionnellement, les hommes diffèrent. Il y a de ces gens qui en effet, ne sont pas méthodiques en matière d’annonce d’une mauvaise nouvelle. Ils l’annoncent cru, sans tournure, ni précaution. Souvent, c’est la manière de l’annoncer qui terrorise le plus. « Bien qu’elle reste une mauvaise nouvelle, il existe des manières de l’annoncer. J’ai toujours trouvé une façon de rassurer d’abord la personne à informer. Peut-être c’est parce que je suis médecin, mais qu’importe. Il faut, quoique puisse être la taille de la nouvelle, trouver une meilleure façon de l’annoncer en anticipant sur les émotions de l’autre, c’est un acte humain », explique Mohamed Mbaye, trente ans.

Et qu’en est-il de l’annonceur ?

Mohamed Mbaye, comme beaucoup d’autres, reconnaît l’évidence et surtout le poids qu’aura la personne qui annonce la mauvaise nouvelle. Dans « Les interactions sociales » justement, Tasha Rube avance le même point de vue. « Ce n’est jamais de gaîté de cœur que l’on annonce une mauvaise nouvelle à quelqu’un, mais le dire au mauvais moment ou de la pire des manières pourrait aggraver les choses. Il est donc impératif que vous trouviez la meilleure manière de le faire. Le véritable problème (en dehors du contenu de la nouvelle) c’est qu’il est tout aussi difficile à la personne qui annonce la nouvelle de le faire qu’à celui qui la reçoit. »

Ainsi, il existe effectivement quelques astuces simples à user pour éviter le moins possible de problèmes pour les deux parties dans l’annonce de mauvaise nouvelle.

%d blogueurs aiment cette page :