GMT Pile à l'heure

La Ligne du Devoir

Une forme généreuse à tout prix: Certaines filles prennent des médicaments conçus pour l’anorexie Khadidiatou GUÈYE Fall

Tout est question d’assumer son corps

En Afrique, les femmes sont différentes de leurs collègues des autres continents : elles ont une particularité, celle de manifester une forte corpulence dessinée par des irrégularités de courbes. Telle une sculpture, les femmes africaines se distinguent de par leur corps bien proportionné, des hanches appréciables de loin, des fesses rebondissantes telles une montagne de sables laissant poser le poids de leur enfant porté sur le dos. Ces nominatifs font partie des éléments concomitants qui qualifient la féminité de ces dernières.

Avec une forte corpulence, Fanseyni Diédhiou ne passe pas inaperçu. De teint noir, cette enseignante à l’élémentaire a les formes bien définies. Elle ne ressemble pas à ces filles qui sont obsédées par la forme de Nicky Minaj. D’origine casamançaise, elle prend une alimentation saine et équilibrée avec les produits que la nature lui procure. Fanseyni trouve insensée la recherche de poids et des formes. “C’est un phénomène qui prend de plus en plus d’ampleur et c’est vraiment déplorable ; certes je suis une femme avec des hanches bien développées, mais je crois que rien ne sert de prendre le risque de vouloir modifier son corps en utilisant des produits chimiques”, dénonce l’enseignante. Malgré son poids, elle n’a jamais inclus des médicaments ou produits chimiques dans son alimentation.

Pour Fanseyni, la plupart des filles qui courent derrière les médicaments et produits chimiques pour être belles à voir dans leur robe moulante sont victimes de dénigrements et de discriminations. “La principale cause est en rapport avec les harcèlements qu’on pourrait subir sur la route ou lors des rencontres entre filles et garçons. De plus, l’utilisation de ces produits pourrait avoir des effets négatifs sur notre corps voire sur notre santé et pire encore provoquer notre mort”, prévient-t-elle.

Cependant, elle n’est pas moins critiquée à cause de son poids. Mais cela ne l’affecte pas car elle a l’habitude de subir ces genres de dénigrement. D’après elle, ce n’est pas une honte d’avoir une forme gracieuse ou une forme moins enviée. Les critiques ne l’empêchent pas de vivre sa vie confortablement même s’il peut arriver qu’elle ne puisse pas porter ce qu’elle veut.

Cette enseignante de 27 ans représente les mêmes caractéristiques que Astou Ndiaye, une jeune commerçante de 20 ans. Cette dernière a une morphologie qui trahit son âge. Son corps laisse croire qu’elle est dans la trentaine. Astou Ndiaye est pour le naturel malgré sa masse corporelle : « Le naturel n’a pas d’égal. Que chacun se contente de ses atouts corporels. Qu’importe le médicament ou le produit utilisé, qu’on n’oublie jamais que cela reviendra à sa forme initiale”.

Elle conseille aux filles avec une taille fine de ne pas se focaliser sur les additifs pour transformer leur corps. À en croire Astou, la corpulence et des formes généreuses ne s’acquièrent que si l’alimentation est bonne et équilibrée, avoir la paix intérieure et éviter le stress.” Mais si on se base sur les sirops et autres pour augmenter ses formes alors que les soucis taraudent notre esprit, aucun résultat ne sera visible. Dormir à temps et se réveiller à temps est une bonne manière de prendre un poids de façon normale” suggère la jeune commerçante.

Cette fille de 22 ans s’appelle Adja Sokhna. Elle est monitrice dans une garderie. Adja Sokhna a toujours été inquiétée par son amincissement. Pour se regarder à travers le miroir et avoir le sourire, il lui faudrait un appétit fou. Très mince, elle se gêne de porter des habits trop serrés. Dans des vêtements amples, elle cache sa morphologie. Adja Sokhna prend des super-appétits mais l’effet ne s’est pas dévoilé : « Parfois, je prends des médicaments qui ne manifestent pas leur effet. Mais si je prends de la bouillie au coucher pendant deux semaines, je sens une amélioration”.  Son amie lui propose de faire du sport en parallèle. Le résultat est satisfaisant pour Adja Sokhna.

Si certaines filles sont obnubilées par leur forme moins féminine, d’autres sont victimes de propos déplacés à cause de leur corpulence et leur forme attirante. Pour être bien dans une robe sexy, elles ont recours aux médicaments, pommades et produits chimiques pour développer certaines parties de leur corps sans pallier les effets secondaires qui pourraient en découler et influer sur leur santé.

%d blogueurs aiment cette page :