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Statut du chef de l’opposition : Les milliards de la discorde Par Baye Saliou THIAM

Qui pour porter le titre de chef de l’opposition au Sénégal ? Comment seront utilisés les deux milliards de caisse noire ? Deux inconnues qui rendent difficile la résolution de l’équation à laquelle font face les participants au dialogue politique. Mais au-delà de la querelle de préséance sur le statut du chef de l’opposition, un vaste malentendu s’est installé au sein de la classe politique et de l’opinion. Ces dernières sont en train de réduire le statut de l’opposition aux seuls droits de son chef. Or la constitution en son article 58 ne souffre d’aucune ambigüité : « La Constitution garantit aux partis politiques qui s’opposent à la politique du Gouvernement le droit de s’opposer. La Constitution garantit à l’opposition un statut qui lui permet de s’acquitter de ses missions. La loi définit ce statut et fixe les droits et devoirs y afférents ainsi que ceux du Chef de l’opposition ».

Le statut dont il est question ici concerne toute l’opposition et non seulement son chef. La constitution parle bien de statut de l’opposition, de droits et devoirs de l’opposition et de son chef. Il s’y ajoute que c’est le flou qui persiste sur ce statut du chef de l’opposition. Les avantages et privilèges prévus par ce texte ont par ailleurs attisé les tensions au sein d’une opposition déjà fortement divisée. Depuis la constitution de 2001, Abdoulaye Wade qui a connu 26 ans d’opposition avant d’arriver au pouvoir, a tenté d’y prévoir un piédestal pour le chef de l’opposition, sans jamais aller jusqu’au bout de son idée. Avec la révision de la constitution en 2016, ce statut y est prévu mais elle reste suspendue à l’adoption d’une loi organique pour en organiser les prérogatives et les avantages. Si les pourfendeurs du statut du chef de l’opposition affirment que la caisse noire est un outil de contrôle et d’instrumentalisation supplémentaire de l’opposition, du côté de Rewmi, le parti d’Idrissa Seck on se veut moins alarmiste.

Pour Matar Sèye Secrétaire National à la Formation du parti Rewmi : « Ce statut n’est pas forcément pécuniaire. Il n’a rien à voir avec les difficultés des Sénégalais. Les Sénégalais ont des difficultés mais les maires, les députés, les ministres et tant d’autres continuent de garder leurs privilèges, qu’ils soient du pouvoir ou de l’opposition. Je n’ai encore vu aucun député rendre sa voiture sous prétexte que les Sénégalais ont des difficultés ».

Même son de cloche chez Mamour Cissé, leader du Psd/Jant bi. Il ne trouve rien à redire d’allouer une certaine somme d’argent au Chef de l’opposition sénégalaise. C’est d’ailleurs pour lui une nécessité dès l’instant que la décision a été prise après consultation directe du peuple. « Deux milliards qui vont être alloués à l’opposition, c’est essentiel parce que cela fait partie de ce qui a été voté au référendum. On doit avoir un chef de l’opposition. Le Mali l’a.  Tous les pays qui se respectent l’ont. C’est un minimum, de même que le financement des partis politiques.

 

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