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Remaniement ministériel Post-Covid-19 Émergente: Moussa Sy Vs Amadou Bâ, Omar Sarr c/Makhtar Cissé

Macky Sall les combat parce qu’un magazine panafricaniste basé à Paris en faisait de potentiels candidats à la présidentielle de 2024. Le prochain attelage gouvernemental sera l’occasion de choisir des clones pour Amadou Bâ et Mouhamadou Makhtar Cissé : Moussa Sy et Omar Sarr.

Le remaniement prévu en décembre devrait avoir lieu sous peu, même si certains ministres sont dans le cirage avec le confinement total du chef de l’État Macky Sall. Il serait dans la logique économique de la situation Post-Covid-19 où la munificence de l’État succombe devant la grisaille socio-politique renforcée par la pandémie du Coronavirus. Trente-six ministres et trois secrétaires d’État sont d’autant plus invisibles qu’ils coûtent moralement au contribuable outré par le genre moral et le nombre.

La réduction de la taille du gouvernement ne renforcerait pas pour autant la densité morale et intellectuelle de l’attelage gouvernemental : l’enseignement « pêche » à tous les niveaux de responsabilités politiques ; un bon élève de CM2 des années 60 ferait une meilleure rédaction du communiquél hebdomadaire du conseil des ministres écrit dans un style triste que s’époumone à lire la préposée de la Rts. Avec ce mauvais casting, Macky Sall au bout du rouleau se réfugie derrière les rideaux et joue aux souffleurs pour un troisième mandat impossible, créant une tension superficielle mère de toutes les audaces chez ceux qui n’ont rien été dans un chronogramme impossible au sein de la formation majoritaire, l’Alliance pour la République. Tout le monde reconnaît la situation inextricable que vit le Sénégal depuis la présidentielle de février dernier avec une situation de ni-guerre ni paix préjudiciable à la bonne marche du pays et le Coronavirus ne servit au fond que de révélateur pour faire remonter la dangereuse complexité de la situation.

Résultat des courses : « Dans cette période marquée par des positionnements politiques, souvent fratricides, pour la recherche du profit ou celle de la promotion, des individus masqués profitent de la moindre occasion pour lâcher leurs chiens de guerre dans une campagne assombrie de dénigrement ou de destitution. Ces individus qui se servent de l’État pour assouvir leurs intérêts personnels font fi des acquis, des idées et des programmes du président Macky Sall que le militant Amadou Bâ se fait le devoir de traduire en actes. Cela en osmose totale avec la vision d’un Sénégal émergent si chère au chef de l’État et en adéquation parfaite avec ce but poursuivi qu’est la résolution des problèmes auxquels les populations sont confrontées » (Nalla Ndiaye, Chercheur en Science Politique/Ucad)

On prête en effet au président de la République et pas seulement à lui la volonté de plus chercher à neutraliser certains prétendants au trône dans ses circonvolutions vers un troisième mandat risqué que de se pencher sur une situation qu’il ne peut ni ne cherche à solutionner. Ainsi, « l’endettement est très lourd, la dette intérieure insoutenable », selon un économiste de la majorité présidentielle. À lire les « félicitations » du Fonds monétaire international entre les lignes, on comprend : Macky Sall va perdre trois précieuses années de son mandat (2020-2022) et aura beaucoup de mal à solutionner la crise issue de la terrible pandémie du Coronavirus.

Survivre

Survivre, tenir jusqu’en 2022 au moins devient alors un devoir social et une périlleuse entreprise politique. Le pouvoir devra déployer un trésor d’imagination pour amener les Sénégalais à cette période : la Covid-19 accompagnera le Sénégal au cours des prochaines années, dans ses manifestations tardives et conséquences sociales et les soubresauts de juin dernier se vérifieront au cours des prochains mois devant les difficultés de survie honorable des populations sénégalaises.

«Je suis ministre depuis … et j’ai fait ma déclaration de patrimoine depuis ; je n’ai pas connaissance d’un différend avec le Président, ce qui serait une hérésie », se défend l’un d’eux.

Si les Sénégalais survivent encore jusqu’en 2022, c’est en grande partie à un gouvernement désorienté qu’ils le devront, une équipe si dépassée qu’elle refusera toute malice pour venir en aide aux populations. L’État joue donc plus les utilités dans un secteur qui renvoie davantage à Me Wade, celui des infrastructures, principalement à Dakar.

Pour preuve : au lendemain d’une tournée de trois mois pour l’assistance en denrées des populations, les institutions internationales ont fait état de leurs inquiétudes devant les risques de famine qui menacent le Sénégal (Fao, Pam, Unicef et Oms, Le Quotidien n 5220 des 18 et 19 juillet 2020, page 11). À titre d’anecdote, revoyons le film de ce convoyeur de vivres pour Syer, dans le Louga, qui débarque sa cargaison à Keur Momar Sarr, faute de pouvoir rallier la destination finale inaccessible, selon un récent reportage de la télévision Wal Fadjri.

Toute la stratégie politique de Macky Sall a reposé à date sur l’isolement : il a fait le vide autour de Me Wade, croyant dérouler par là le moyen de se renforcer ; revigoré par un électeur qui distribue ses points avec parcimonie, au point d’imposer une mutualisation des efforts pour s’occuper des problèmes de l’heure, le président de la République a envoyé ses principaux contradicteurs en prison ou en exil pour se faire réélire ; aujourd’hui conjugué au passé avec cet ultime mandat constitutionnel, il veut choisir son successeur en liquidant ceux auxquels les Sénégalais promettent le futur. L’avertissement d’un ancien premier ministre n’y aura rien fait : la chasse aux riches entamée depuis l’alternance de 2000 ne saurait prospérer pour ceux qui ont eu à gérer des départements dotés de fonds communs. Certains sont dans ce cas, aux Impôts et Domaines, à la Douane, à l’Artp, etc, et disposeraient conséquemment, aux yeux du pouvoir, de moyens suffisants pour mener une campagne présidentielle, à tout le moins de possibilités de déstabiliser tout régime.

On accuse ainsi les uns et les autres d’avoir un agenda caché, on cherche à mesurer la réalité de puissance financière à l’aune de la déclaration de patrimoine et l’on fait mouiller dans les eaux du port un Moussa Sy pour le propulser ensuite dans le gouvernement. Moins pour sa valeur intrinsèque que pour gêner celui qui a permis au pouvoir de refaire son retard sur Dakar et dans certaines autres localités, dont Dagana régulièrement aux mains du Parti démocratique sénégalais, depuis la première communauté rurale aux mains de Mafall Fall à Gaé à Omar Sarr élu en 1996 sans appui d’une machine au pouvoir, en passant par Bokhol de Aïda Ndiongue.

La transhumance de Abdoulaye Baldé, malgré les avis contraire, devrait donner à réfléchir si elle aboutit en général à créer des Ousmane Sonko partout. Macky Sall aura raté le coach en refusant de crever l’abcès de normaliser ses relations avec des hommes de l’attelage gouvernemental. Autrement, le prochain remaniement avec ses clones risquera d’accentuer cette atmosphère délétère à l’intérieur de la République.

Pathé MBODJE

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