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Remaniement ministériel, Mame Mbaye Niang : « La situation n’est pas des meilleures avec un gouvernement truffé d’incapables » Correspondance régionale, Habib KA, Thilogne

Le remaniement ministériel, après celui en demi-teinte du Premier novembre 2020, s’imposait au président de la République suite aux émeutes des débuts du mois de mars dernier. Les contestations sourdes de la rue trouvent leurs causes dans cette fracture sociale où les moins nantis ont toutes les difficultés du monde pour joindre les deux bouts. La jeunesse, couche la plus vulnérable, sans horizon, n’a trouvé d’autre moyen d’exprimer son ras le bord que par la destruction des édifices publics et bien supposés appartenir aux Français.

Son ’’Je vous ai entendu’’ aurait eu de sens s’il était accompagné de mesures coercitives opposables au gouvernement, aux agences et aux directions, un choix rigoureux des hommes et des femmes qui devront composer l’équipe gouvernementale et prendre le taureau par les cornes pour les actions futures. Et si c’est Mame Mbaye Niang, ministre, chef de cabinet du président de la République, qui décrit cet état de fait pour dire que la situation n’est pas des meilleures.

En effet, selon Mame Mbaye Niang, le gouvernement est truffé d’incapables, de personnes de mauvaise foi qui ne veulent pas mouiller le maillot. Pour quelqu’un d’assez proche du président de la République, la révélation doit être prise au sérieux et elle en dit assez sur le laxisme et le laisser-aller au sein du gouvernement.

L’on est loin du temps où les populations suivaient religieusement les communiqués du conseil des ministres, les nominations, les changements, le compte rendu de chaque ministère. Les gens s’habituaient au nom, au visage, à la silhouette du ministre, du directeur général, dont on attendait de leur savoir et de leurs compétences des mesures à même d’améliorer leur quotidien.

Avec Léopold Sédar Senghor, il y eut Babacar Bâ, puis Abdou Diouf avec Jean Collin, Ousmane Tanor Dieng, Moustapha Niass, Djibo Leyti Kâ.

Cheikh Tidiane Gadio, Abdoulaye Diop, dans une certaine mesure, bénéficient de leur longévité gouvernementale pour dégager un certain charisme, même s’il est très difficile de cohabiter avec un président comme Abdoulaye Wade.

La fonction de ministre s’est désacralisée, dévaluée, au point d’être considérée comme une fabrique de toc, du chinois.

Si les remaniements ministériels d’avant faisaient l’objet d’analyses et de commentaires passionnés sur les départs et les arrivées, aujourd’hui ils ne retiennent plus l’attention : quand un ministre de la Jeunesse, de l’Emploi et de la Construction Citoyenne est surnommé Mbaye-Prodac, un ministre de l’Environnement et du Développement Durable  Abdou Karim Sall-Oryx, un ministre de l’Intérieur Antony-la-gaffe, plus un Garde des Sceaux célèbre pour sa communication scabreuse, un ministre de la Jeunesse zappée de la grande messe du Conseil présidentiel de la jeunesse, un ministre de la Microfinance et de l’Économie sociale et solidaire sans visibilité, on peut, en partie, donner raison au très compétent ancien ministre du Tourisme Mame Mbaye Niang.

Qui peut palper les activités florissantes du ministère de l’Agriculture, de l’Eau ?

Le coach Macky Sall est attendu sur les 33 à aligner, une équipe qui court toujours derrière une plausible victoire. La Covid-19 n’explique pas tout, ne justifie pas tout.

Abdou Diouf savait dénicher les hommes et leur confier des postes de responsabilité, peu importe qu’ils soient militants, sympathisants ou pas du Parti socialiste.

Chez Sall Ngari, le système du “compal” fait loi.

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