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Région de Matam: La Covid-19 installe ses quartiers De notre correspondant à Matam, Habib KÂ, Thilogne

Zone très reculée de la capitale, avec ses structures sanitaires qui manquent de matériels et de personnels, le Centre hospitalier régional de Ourossogui (CHRO) accuse une cinquantaine de cas graves de coronavirus recensés en 15 jours, informe Dr Bakary Thior, médecin anesthésiste-réanimateur, membre du comité de gestion des cas graves de Covid-19 de l’hôpital.

Un record jamais atteint depuis la détection de la présence du virus dans cette région.

Le CHRO reçoit tous les cas graves de la région de Matam. “Nous ne sommes pas débordés pour le moment. Nous avons une capacité de quatre lits de réanimation actuellement avec possibilité d’extension à six lits”, rassure Dr Thior. Et comme les malades ne durent pas en réanimation, il est à prier que la tendance se stabilise pour ne pas avoir, comme les hôpitaux et cliniques privées de Dakar, à refuser de malades, faute de lits et qui seront obligés de retourner chez eux avec le maximum de risques de contaminer famille et entourage.

L’Hôpital de Matam, situé à une distance de 7 kilomètres et qui abrite un Centre de Traitement des Épidémies (CTE), reçoit le transfert de patients du CHRO dont l’état de santé s’est amélioré, une façon d’organiser le travail de façon à le rendre plus performant.

Pendant ce temps, dans l’indifférence totale, les populations des trois départements qui composent la région de Matam continuent de vaquer tranquillement à leurs occupations, comme si de rien n’était.

Malgré ce taux qui crève le plafond, les Matamois, par fatalisme et ignorance de la dangerosité du virus, continuent de se faire transporter, sans masques, dans des bus surchargés, de se croiser dans les loumos itinérants, d’affluer dans les cérémonies de baptême, de mariages, de deuil et dans les lieux de culte, sans gants, sans gel hydroalcoolique, sans masque, sans distanciation physique.

Toutefois, depuis ce jeudi, les contrôles du port de masque ont repris, même si c’est de façon timide, et des contraventions de 3.000 francs dressées contre les imprudents. Le masque qui était vendu à 100 francs la pièce, se négocie aujourd’hui à 200 francs.

Le pire reste à craindre, souligne Dr Bakary Thior, si les gestes barrières ne sont pas respectés, les cas de contagions augmentant, les structures sanitaires de Matam risquent d’être débordées. Le taux de vaccination très faible. Ceux qui avaient reçu leur première dose d’AstraZeneca depuis juin attendent encore une deuxième dose pas encore disponible sur le terrain.

Les esprits sont pour le moment concentrés sur la forte pluie qui s’est abattue dans la région le jeudi dernier et les examens du baccalauréat.

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