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Médecine traditionnelle: La santé par les plantes, certains y croient toujours Khadidiatou GUEYE Fall

La santé est modernisée mais cela n’exclut pas l’utilisation des plantes traditionnelles. Ces plantes traditionnelles souvent extraites dans la nature, sont parfois utilisées pour soigner certaines maladies. Le Sénégalais lambda porte une croyance illogique à cette médecine. Quand certains préfèrent se fier à la médecine moderne basée sur la prescription de médicaments pharmaceutiques, d’autres donne une importance particulière.

Au Sénégal, la médecine traditionnelle occupe une place irréprochable. Diaw Kane est une femme célibataire évoluant dans le milieu de la mode. Son rêve était de travailler dans les hôtels en tant que cuisinière diplômée. Mais à cause d’une maladie très célèbre au Sénégal appelée “Ndokhoum siti”, elle a changé de métier. Désignant une maladie de la peau, le Ndokhoum siti est très fréquent. Cette infection dermatologique a poussé Diaw à se faire soigner par un guérisseur.

” Mon traitement est basé sur les plantes. Parallèlement, je me soigne avec la sève de l’aloé véra”, affirme Diaw Kane. La peau des mains de Diaw est affectée par une couche de peau tachetée de petites plaies. Diaw précise que son guérisseur lui a interdit de faire la lessive pour que le traitement par les plantes prenne effet.

Ce jeune homme âgé de 21 ans, sous couvert de l’anonymat, souffre de la maladie appelée « pied d’athlète ». Cette maladie est une infection à champignons qui touche habituellement la peau située entre les orteils. D’après le site passeportsante, il s’agit des rougeurs qui apparaissent au creux des plis, puis la peau sèche et pèle. Selon la source, des champignons parasites responsables du pied d’athlète et d’autres infections fongiques de la peau sont de la famille des dermatophytes. Ils sont de taille microscopique et se nourrissent des tissus morts de la peau, des cheveux et des ongles.

Depuis 16 ans, notre interlocuteur souffre de cette maladie. ” Je me soigne avec la médecine traditionnelle depuis 16 ans. Maintenant, je sens une amélioration grâce aux infusions de plantes de mon guérisseur” soutient-il. Ce dernier a été influencé par sa mère, une ancrée de la tradition africaine. “Je me suis habitué aux traitements par les plantes et ça me réussit d’autant plus que des gens disaient à ma mère que la maladie était incurable et sans traitement”, se réjouit le jeune homme.

Madiagne Niang est pour la médecine traditionnelle : ” Nos ancêtres se soignaient avec les plantes alors pourquoi pas nous ? Ne laissons pas les médicaments composés de produits chimiques nous pousser à banaliser les atouts de la nature”. Pour elle, c’est juste le dosage qui reste à maîtriser mais chaque plante soigne une maladie. Madiagne donne l’exemple du Nguer, qui est un remède contre le rhume. Elle cite encore le cocktail du “keel”, pain de singe et oseille rouge pour la fatigue.

Retrouvée au bord de la corniche qui mène vers Gadaye, une femme en tenue de l’Ucg surveille le dépotoir des ordures. Répondant au nom de Adama Lam, elle utilise les plantes à cause de sa maladie. Adama est diabétique depuis 18 ans mais paraît en bonne santé. “J’ai 43 ans, et très tôt j’ai chopé le diabète. Mais je mange tranquillement sans excès quand même grâce à la poudre du nébéday”. Adama suit un traitement personnel avec le moringa alifera utilisé en pincées aux heures de repas.

Dans sa blouse blanche, Ndèye Khady Ndiaye, une infirmière au Centre de santé de Cambérène, défend la médecine moderne sans dénigrer la médecine traditionnelle. “Je suis infirmière mais cela ne m’empêche pas de croire aux vertus des plantes. Le problème c’est la bonne maîtrise du dosage” fait-t-elle savoir. La dame fustige cependant les recettes constituées de plantes que certains guérisseurs relaient dans les réseaux sociaux comme remède du Coronavirus.

La santé par les plantes est bien possible en Afrique et au Sénégal en particulier. Il suffit d’accueillir des plantes vertueuses dans les laboratoires pour pallier leur niveau d’efficacité comme le cas du Covid Organics réalisé par la pharmacopée malgache.

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