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Mankeur Ndiaye au « Devoir »: Le temps de l’impunité est à présent révolu en RCA « Toutes infractions, y compris les crimes graves, exposent leurs auteurs aux procédures judiciaires et autres sanctions applicables aussi bien au niveau national que sur le plan international ».

Questionnaire confectionné par Mouhamed Bachir DIOP et Pape Sadio THIAM.

Mankeur Ndiaye encourage les acteurs centrafricains au dialogue pour un processus électoral apaisé, inclusif et crédible, et dans le respect des délais légaux et constitutionnels.

Satisfait des avancées et de la diminution de la violence dans le pays grâce à l’Accord du 6 février 2019, le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations-Unies pour la République centrafricaine et Chef de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations-Unies en République centrafricaine ne conçoit les efforts gigantesques  consentis que pour le relèvement économique et un partage équitable des dividendes de la paix et le renforcement du vivre ensemble. 

Pape Sadio Thiam et Mohamed Bachir Diop du « Devoir lui ont conjointement soumis un questionnaire auquel il a apporté les réponses ci-dessous, le 03 octobre dernier. La plus attendue portait évidemment sur un retour éventuel aux… Affaires, au Sénégal. Vérifions sa réponse sans plus attendre :

« Ma qualité de haut fonctionnaire ayant accompli de hautes fonctions étatiques m’impose le devoir de m’investir en faveur de pays qui m’a tout donné, le Sénégal, à chaque fois que de besoin et selon les procédures et rouages les plus appropriés. Il n’est point besoin de dire que je suis toujours en contact avec les plus hautes autorités du pays sur des questions d’intérêt national qui interpellent mon attention ou requiert mon expertise ». Et diplomatique, en plus.

Hors de la capitale, où en est la situation sécuritaire dans le reste du pays ?

La signature de l’Accord politique pour la paix et la réconciliation en République centrafricaine (RCA) entre le gouvernement et 14 groupes armés, le 6 février 2019, a eu pour première conséquence la diminution de la violence dans le pays. De même, l’Accord a permis à la fois le déploiement des forces de défense et de sécurité (FDS) et la restauration graduelle de l’autorité de l’État ainsi que la mise en œuvre du processus de désarmement et de démobilisation des combattants dans certaines parties du territoire. Ces avancées constituent sans aucun doute un grand motif de satisfaction, même si des efforts gigantesques doivent être consentis pour le relèvement économique pour un partage équitable des dividendes de la paix et le renforcement du vivre ensemble.

Malheureusement, si la violence épargne désormais certaines régions, elle est réapparue dans d’autres parties du territoire parce que certains groupes armés signataires de l’Accord de paix violent leurs engagements en ciblant les populations, les membres des Forces de défense et de sécurité et les casques bleus de la MINUSCA.

L’Union africaine (UA) et la Communauté économique des États d’Afrique centrale (CEEAC), en leur qualité de garants de l’Accord, la MINUSCA, en tant que facilitateur, ainsi que le Gouvernement centrafricain essaient d’y mettre un terme en engageant le dialogue avec ces groupes armés. Il n’y a pas d’alternative à l’Accord de paix et nous continuons à travailler avec l’ensemble des acteurs pour nous assurer de sa mise en œuvre effective, tout en plaidant pour son appropriation par tous les Centrafricains.

En même temps, la MINUSCA répond à ces violations en gardant une posture robuste et dissuasive dans le cadre de son mandat qui l’autorise à recourir à tous les moyens, y compris la force, pour protéger les populations et lutter contre l’impunité à travers les Mesures temporaires d’urgences qui lui permettent de procéder à des interpellations en l’absence de l’État.

À titre d’exemple, nos casques bleus mènent actuellement trois opérations dans le nord-ouest de la RCA contre le 3R, conjointement avec les Forces armées centrafricaines (FACA), à Ndélé (nord-est) et au sud de la préfecture de la Ouaka (Centre).

En plus de ces opérations, nos soldats de la paix mènent en moyenne 2.500 patrouilles par semaine pour protéger les populations et prévenir les violences des groupes armés. Environ une dizaine de prévenus ont été interpellés dans nos différents théâtres d’opération et transférés aux autorités compétentes. Le temps de l’impunité est à présent révolu en RCA et toutes infractions, y compris les crimes graves,  exposent leurs auteurs aux procédures judiciaires et autres sanctions applicables aussi bien au niveau national que sur le plan international.

Les organisations humanitaires qui avaient suspendu leurs activités dans les provinces ont-elles repris du service ?

Les acteurs humanitaires sont particulièrement touchés par l’insécurité qui prévaut dans certaines parties de la RCA. Le pays est l’un des 10 pays les plus dangereux au monde pour les humanitaires. Aujourd’hui, les zones les plus difficiles pour les humanitaires sont Batangafo, dans la préfecture de l’Ouham, Ndélé, dans la Bamingui-Bangoran, et l’axe Bocaranga-Koui, dans l’Ouham-Pendé. De nombreuses attaques contre les acteurs humanitaires y ont été enregistrées et des biens pillés, entrainant la suspension des activités.

La population paie un lourd tribut avec des milliers de déplacés internes. Entre janvier et août 2020, le bureau des Nations-Unies pour les Actions humanitaires (OCHA) a enregistré 267 incidents ayant affecté les acteurs humanitaires avec deux morts et 20 blessés. Les vols et les braquages représentent plus de 59% du total des incidents rapportés en août, suivis par les menaces, arrestations arbitraires, agressions et les restrictions de mouvements.

 

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