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Macky Sall tourne en rond P. MBODJE

Avec des collaborateurs qui ont montré leurs limites sécuritaires, Macky Sall a dû gérer dans l’urgence en s’intéressant d’abord à la rue qu’il veut reprendre en main par le bâton et la carotte. En rupture avec une morale sociale et populaire qui estime que certains ont fauté et mis le fragile équilibre en danger avec les événements nés de l’arrivée de Macky Sall au pouvoir : Karim Wade, Khalifa Ababacar Sall, Oumane Sonko. Autant dire que le problème reste ainsi Macky Sall lui-même.

Beaucoup de ses collaborateurs ont d’ailleurs et paradoxalement peu d’estime pour le président de la République ; les seuls commentaires qu’ils se permettent, par exemple, pour expliquer l’ambiguïté de la situation nationale, c’est de vous rétorquer : « C’est du Macky ». Autrement dit, le chef de l’Etat perd pied, dépassé par la lourdeur des charges au sommet du pays et fait dans le pilotage à vue.

Pourtant, ce qui apparaît comme une laborieuse communication d’Etat et gouvernementale pour essayer de ne pas perdre la face à l’intérieur et à l’extérieur (la densité physique et morale que renvoient les tenants du pouvoir)   est bien conçu et bien appliqué qui est de freiner tout progrès social parce qu’il est urgent d’attendre, pour ne pas libérer les populations : d’où la cassure entre un gouvernement toujours en retard parce qu’il donne moins que promis,  par rapport aux populations qui en demandent toujours plus.

Ainsi, il ne faudrait pas relever le semblant de fautes d’un ministre de l’Intérieur, d’une responsable de la diplomatie et de l’inexcusable gradé des Sots ; en convoquant les assises de la jeunesse, le président de la République annonce les bonnes nouvelles et laisse ses collaborateurs exagérer les fautes pour faire peur à l’intérieur et rassurer l’extérieur.

Dans le cas d’espèce pourtant, point n’était besoin d’exagérer : il est par exemple établi que l’intervenant armé qui visait vers l’intérieur du magasin « Auchan » pour en faciliter l’accès n’est pas un militant Pastef, même si la stratégie de déstabilisation de Sonko et Co visait d’abord les intérêts étrangers, français en particulier ; il est aussi facile de comprendre l’éventuelle présence de corps étrangers, internes et externes, dans les actions à caractère terroristes notées dans la destruction de certains biens meubles et immeubles ; enfin, quoi de plus naturel que d’accuser des Djihadistes infiltrés dormant dans nos hôtes fermés par la pandémie de la Covid-19 pour s’attirer la sympathie de l’Occident rétif à l’irrédentisme religieux ?

Analysée sous cet angle, la réaction des ministres et de la présidence est acceptable et devient une subtile synthèse de l’administration et de l’opposition : prudent d’attendre et ne pas prendre de décision à la hâte qui pourrait se révéler fâcheuse par la suite.

En attendant, amuser la galerie en parant au plus pressé : l’occupation des jeunes. Sauf que cela ressemble fort à un pilotage à vue d’un capitaine incapable de mener le navire à bon port au milieu de la tempête. Macky Sall fait du surplace depuis 2012, comme le signale l’excellent bon sens populaire qui s’était fait une religion depuis : Deuk bi dafa Macky pour justifier la misère et la pauvreté insoutenables qui se sont vérifiées lors des ides de mars.

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