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Macky Sall à Podor et à Matam du 3 au 10 janvier: Fouta Toro, L’espoir trahi De notre correspondant à Matam, Habib KÂ

De Dagana à Demmankane, le Fouta n’a jamais été aussi soudé, aussi uni derrière un homme, depuis le Jihad de Cheikh Oumar Al Foutiyou Tall, de Alpha Oumar Thierno Bayla. Parce que les Sénégalais étaient las des manœuvres criardes du président Abdoulaye Wade de se faire succéder par son fils biologique, parce qu’aussi ils avaient fermé la page austère de quarante ans de gouvernance socialiste et qu’ils ne voulaient pas faire un tour en arrière, que le candidat Macky Sall s’offrait comme la troisième voie, la voie espérée du salut, au sens métaphysique du terme.

En plus d’être jeune, fils de la contrée, d’une campagne soutenue de porte à porte pour mailler le pays des profondeurs et des moyens financiers lourds, le candidat du Yoonu Yokkute a su s’imposer aux Sénégalais et aux Foutankè comme the right man.

Le Fouta Toro a toujours voté pour le patriotisme, l’unité nationale, les valeurs républicaines, démocratiques. Oui : le Fouta Toro n’a jamais été oublié, ostracisé dans les gouvernements respectifs de Léopold Sédar Senghor, de Abdou Diouf, de Abdoulaye Wade. Les cadres foutankè ont toujours joué un rôle de premier plan auprès de ces présidents. Ils n’ont jamais servi de ministre bouche-trou, de ministre repêché pour équilibre régional. Ils ne se sont jamais laissé trahir par des réminiscences de chauvinisme, d’ethnicisme, de régionalisme, servant la République du Sénégal avec un égal désintéressement, une discrétion professionnelle digne d’un vrai commis de l’État.

Le Fouta Toro avait adopté le Sérère chrétien à la place du président Mamadou Dia, musulman et peulh ; le Fouta Toro s’était détourné de Djibo Leyti Kâ qui, entre deux tours, fit volte-face pour voter le candidat Abdou Diouf. Le Fouta vota Abdoulaye Wade.

Le “neddo ko bandum” est une vue de l’esprit sciemment entretenue par les deux camps, pouvoir comme opposition. Ce qui est constant, le Fouta n’est la chasse gardée de personne, la propriété de personne. S’il était titre foncier, il serait frappé d’hypothèques, tellement les faits sont parlants. Le Fouta est entré dans la modernité, s’est démocratisé, complètement ouvert et intégré aux autres ethnies et catégories socioculturelles du pays.

Le “neddo ko bandum” pour l’opposer “aux autres” ne passera pas. Macky Sall a rompu unilatéralement le contrat social qui le liait à ses frères pour n’avoir pas respecté ses engagements de campagnes électorales et fait faux bond à son fidèle électorat.

S’il hésite chaque fois à se rendre dans sa contrée d’origine, son fief naturel, se ressourcer au près des siens, c’est parce que les renseignements qui lui viennent de là-bas sont loin de l’enthousiasmer.

Parce que ces bandiraabé foutankoobè sont en train de guetter son arrivée avec du “daas fananal” pour un Fouta tout rouge.

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