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Lois sur le terrorisme, quart bloquant… : Juin de tragi-comédies Mame Gor NGOM, Rédaction centrale, Le Devoir

Le 23 juin 2011, le quart bloquant de Wade a été retiré après des casses. Le 25 juin 2021, les réformes de la loi sur le terrorisme de Macky passent. Avec des opposants “cassés” mais déterminés à poursuivre la lutte.

Les fortes divergences entre le pouvoir et l’opposition ne se sont donc pas limitées le 23 juin 2021 avec la double célébration du 23 juin 2011. Date qui marque la résistance contre le fameux quart bloquant de Wade qui a fini par reculer. Il y a eu un 25 juin avec l’adoption par les députés de nouvelles lois renforçant la lutte contre le “terrorisme”.

L’opposition et une partie de la Société civile pour qui ces lois sont “liberticides” ont vivement protesté. Mais Ousmane Sonko et ses camarades n’ont pas réussi à freiner l’élan du pouvoir : il n’y a pas eu de “23 juin bis”, comme semblaient le souhaiter beaucoup des membres de l’opposition qui s’étaient réunis le 24 juin tard dans la nuit “pour préparer la riposte”.

Les velléités contestataires ont été vite étouffées. L’Etat a joint l’acte à la parole. Au moins douze personnes arrêtées dont des leaders en vue comme le Docteur Babacar Diop, Guy Marius Sagna, tous membres du Mouvement pour la défense démocratique (M2D), ce qui constitue un échec dans leur volonté de faire face au pouvoir qui avait manifestement pris toutes les dispositions sécuritaires.

Dès lors, il ne reste à l’opposition qu’à “condamner fermement ce kidnapping de ces militants et exiger leur libération immédiate”.

Passions et oppositions…

Un juin pas comme en 2011 mais un juin de problèmes, de fortes passions, d’oppositions.  Et même d’invectives en plein Hémicycle. Des mots forts et des gros mots. Au-delà des mots, des muscles. Les deux projets de loi examinés ont été approuvés par 70 députés présents alors que 11 ont voté contre, a déclaré le président de l’Assemblée nationale Moustapha Niasse.

De nouveaux textes qui modifient le Code pénal et le Code de procédure pénale pour “renforcer la lutte contre le terrorisme”, soutiennent les partisans de Macky Sall.

 L’opposant Ousmane Sonko et Mberry Sylla, un député de la mouvance présidentielle, en sont même venus aux mains.  Chacun revendique de son côté la “victoire”. Les réseaux sociaux s’en sont donnés à cœur joie. Avec des délires et des dérisions. Une comédie après la tragédie de juin 2011 ?

Une tragi-comédie. Il y a eu de la violence des grabuges. Le M2D s’est replié à la Place de la Nation. Il n’avait pas le choix car empêché d’accéder au siège de l’Assemblée nationale place Sowéto. Juste tard dans la nuit du 25 juin, des étudiants ont continué à se faire entendre bruyamment et violemment à l’université Cheikh Anta Diop, faisant face aux forces de l’ordre. D’autres manifestations ont été signalées ailleurs. Manifestement, l’opposition ne s’avoue pas vaincue. Après la bataille perdue, elle veut gagner la guerre.

Vers des inconnues ?

“Si le projet en l’état sur le code pénal passe, il faut passer immédiatement à la phase supérieure, à savoir l’organisation de manifestations continues pour exiger la démission du président de la République”, a écrit Mamadou Diop Decroix sur sa page Facebook. “Manifestons jusqu’à l’abandon de ce projet ou jusqu’à l’abandon du pouvoir par Macky Sall. Il s’agit ici d’un complot sans précédent dans l’histoire récente du pays contre la démocratie et les libertés et pour la légalisation d’une dictature hideuse”, poursuit-il.

Décidément, juin est un mois de toutes bravades au Sénégal.

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