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Le 1er novembre 1677, la France occupe l’île de Gorée: C’est le point de départ de la colonisation française en Afrique Par Mohamed Bachir DIOP

Il y a 343 ans, la France imposait à la Hollande la puissance de sa flotte militaire et lui arrache l’île de Gorée. L’île était sous la coupole des Pays-Bas depuis 1588, année où ce royaume la contrôle au détriment des Portugais, dont le navigateur Denis Diaz est considéré comme celui qui l’avait découvert. Elle passera donc ainsi des mains de la Hollande, puis de la France, puis de l’Angleterre qui finira par la rendre à la France à la suite d’accords conclus en 1817.

C’est à partir de Gorée que les Français auront un pied sur Dakar, alors petit village sur le continent en face de Gorée alors appelée Beer par les Lébous du Cap-Vert dont certains habitaient aussi dans l’île. Et c’est partir de Dakar que les Français entameront leur conquête coloniale partout en Afrique.

Pour contrôler l’arrière-pays du Sénégal, le Mali, le Niger et la Haute Volta (Burkina Faso aujourd’hui) en particulier, c’est l’infanterie et la cavalerie qui seront mobilisés tandis que pour les pays de la côte, Guinée, Côte d’Ivoire jusqu’au Gabon et au Congo, le colonisateur français passera par la mer. Des soldats furent embarqués dans des bateaux, par petits nombres dans un premier temps, puis par garnisons entières au milieu du 19ème siècle.

Gorée est donc une ville symbole, qui a d’abord été utilisée par les esclavagistes comme escale pour les milliers de captifs qu’ils détenaient dans leurs navires négriers, puis comme comptoir commercial par la France qui avait entrepris sa conquête coloniale.

La traite des esclaves aura duré au moins trois siècles. On estime le nombre d’esclaves déportés à environ 500 personnes par an entre 1726 et 1755 et plus de 15 000 entre 1761 et 1848. Et Gorée et sa maison des esclaves, ancienne demeure de la Signare Anne Pepin était devenue la « porte du voyage sans retour » comme aimait à le ressasser l’ancien conservateur des lieux, feu Boubacar Joseph Ndiaye.

Selon certains historiens, des occidentaux quelque peu décalés, les propriétaires des villages négriers sur le continent, Dakar, Rufisque ou encore Joal étaient les localités qui vendaient le plus de captifs grâce à leur accès direct sur des plages où pouvaient accoster des navires. Mais il est prouvé par les propres archives coloniales que c’est à cause des comptoirs esclavagistes dans un premier temps, hégémonistes par la suite que le Plateau de Dakar existe et que la Médina de Dakar est devenue un des quartiers fétiche de la capitale sénégalaise.

Nous y reviendrons.

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