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L’Alliance pour la République et les alliés: La double équation de Macky pour les Locales Par Mame Gor NGOM, Rédaction centrale Le Devoir

La date des prochaines élections locales est connue : 23 janvier 2022. Mais il y a plusieurs inconnues de part d’autre. Du côté du pouvoir, le président a un double défi : contenter le parti et les alliés.

L’Alliance pour la République (Apr) va vers des élections décisives pour la suite de sa (sur)…vie. Le parti présidentiel qui garde une sérénité apparente n’en est pas moins confronté à des secousses qui peuvent impacter négativement sur sa marche. En vue des Locales, il y a des obstacles à franchir pour espérer un triomphe. Son leader a préféré faire le vide, surtout après la Présidentielle victorieuse de 2019. Le poste de numéro 2 n’est plus de mise depuis le “retrait forcé” avec son départ retentissant du ministère des Affaires étrangères d’Alioune Badara Cissé (ABC) et la sanction infligée à Mimi Touré en 2014 suite à la débâcle aux Locales à Dakar. Les “têtes émergentes” comme Amadou Bâ, Mouhamadou Makhtar Cissé, Aly Ngouille Ndiaye, Oumar Youm ont été coupées le Premier novembre 2020 à la Toussaint. Seul maître à bord, Macky Sall devrait savoir ramer pour éviter les vagues et le déluge. Va-t-il remettre en selle les “bannis” ou optera-t-il pour d’autres hommes “liges” ?

En 2014, Dakar la mère des batailles est restée “Taxawu” avec Khalifa Ababacar Sall qui a raflé la presque totalité des communes, même s’il y a eu quelques résistances insignifiantes par rapport à la déroute. C’est le cas à Yoff avec Abdoulaye Diouf Sarr qui s’est depuis lors octroyé une place de choix dans le dispositif de l’Apr.

Sera-t-il le prochain candidat de son parti à la mairie tellement convoitée de Dakar ? Une possibilité si l’on sait qu’Amadou Bâ qui a joué un grand rôle pour la victoire du camp présidentiel lors des dernières législatives se sent à l’étroit. Il est victime de coups de boutoir inhérents à la conduite du “boss” à son égard. S’il n’est pas choisi, aura-t-il l’audace de faire “cavalier seul”, se rangera-t-il sagement derrière la position du parti ? Une autre question subsidiaire : ne peut-il pas adopter une posture passive synonyme de sabotage ?

La réussite de l’Apr à Dakar dépendra du management, de la maestria de la “seule constance”.

 Moustapha Cissé Lô qui avait dit sa volonté de briguer la mairie de la capitale est maintenant hors course même s’il avait des airs de “trouble-fête”. Dakar est à l’image de plusieurs localités du Sénégal où l’Apr est obligé de faire des arbitrages à hauts risques. Saint-Louis, avec à la tête Mansour Faye, est sollicitée par d’autres mastodontes. Beaucoup de candidats sont à l’assaut de Kaolack ne voulant pas laisser à l’édile Mariama Sarr un boulevard qui devrait lui permettre de rempiler. Les mêmes constats sont notés dans d’autres localités pays.

 Benno, les alliés, les transfuges…

Au-delà de l’Apr, il y a l’équation de la coalition Benno Bokk Yakaar, riche d’autres formations politiques. Si, à la mairie de Dakar, tout porte à croire que c’est le candidat de l’Apr qui sera choisi sans heurts, ce n’est pas évident pour les autres communes d’arrondissement : aux Parcelles assainies par exemple, le maire sortant est un néo-allié du président de la République qui ne cache pas ses ambitions. Moussa Sy sera-t-il obligé de sacrifier ses ambitions sur l’autel de cette alliance ? Ce n’est pas évident que ce “bourreau” de Mbaye Ndiaye responsable Apr de premier plan accepte un tel “deal”. Amadou Bâ veille. Des informations non officielles font état de sa candidature. Aucune confirmation pour le moment.

A la Patte d’Oie avec Banda Diop, ex-allié de Khalifa Sall, c’est la même situation. Des alliés transfuges qui ne vont vendre leur peau…chèrement.

Rewmi, Afp, Ps…

Il y a les individualités mais il y a surtout les partis. Rewmi dont le leader occupe la tête du Conseil économique social et environnemental (Cese) est presque dans l’obligation d’aller aux Locales avec l’Apr et Benno, une coalition qu’il avait quittée en 2013 ; quelle sera la place d’Idrissa Seck et de ses partisans dans la répartition des tâches ? Thiès fief d’Idy est à surveiller de près. Le maire Talla Sylla a été un “protégé” de Mara avant leurs brouilles. Aujourd’hui, avec les retrouvailles entre Macky et Idy, les cartes seront redistribuées.  En faveur de qui ? Rewmi voudrait conserver son fief. Il y a des ambitions légitimes au plan local des responsables aperistes.

L’Alliance des forces de progrès (Afp), fait aussi partie des donnes à prendre au sérieux. Ce parti a certes perdu de sa superbe, mais il ne veut pas jouer les derniers rôles. Déjà, il y a des grincements de dents, pour se faire entendre.

Les retentissements sont plus audibles du côté du Parti socialiste (Ps).  Le cri d’alarme d’Abdoulaye Wilane en est une parfaite illustration. Le porte-parole du Ps qui se dit victime d’ostracisme à Kaffrine compte se battre pour rester maire de la localité. Un vaste programme si l’on sait que l’ex-Directeur du Centre des œuvres universitaires de Dakar (Coud) devenu ministre de l’Urbanisme est déjà “dans la place” et travaille d’arrache-pied pour le supplanter.

On va inéluctablement vers un clash entre Ps et Apr. Et Kaffrine n’est pas un cas isolé.

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