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La présente absence d’une université distancielle: Certains étudiants désespérés sur le point de renoncer à la formation à distance Khadidiatou GUEYE Fall

En 2013, l’Etat du Sénégal a mis en place une plateforme qui consiste à mettre les Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) au cœur du développement de l’enseignement supérieur et de la recherche pour améliorer l’accès à l’enseignement supérieur et l’efficacité du système. Pour ce faire, des universités virtuelles sénégalaises (UVS) ont été mises en place avec des Espaces numériques ouverts (ENO) dans chacune des régions du Sénégal. En effet, cette plateforme devait venir en aide aux étudiants non orientés dans les universités et leur permettre d’avoir accès à une formation.

Il semblerait toutefois que les étudiants orientés à l’université virtuelle du Sénégal subissent le martyre. Ces derniers rencontrent d’énormes difficultés pour bénéficier des cours dispensés sur la plateforme, ce qui mène à l’abandon de l’enseignement supérieur pour certains étudiants désespérés.

Elle est l’un des étudiants qui ont perdu patience et qui ont été gagné par le désespoir. Fatoumata Binetou Cissé, elle se nomme. Orientée à l’université virtuelle du Sénégal en 2014, Fatoumata Binetou entame une année académique nouvelle condensée d’expériences neuves sur l’aspect méthodique et professionnel. En premier temps, elle s’est lancée vers une formation secours dans une université privée. Avec l’alliance de deux formations, Fatoumata commence à se lasser et se décide de poursuivre une seule formation : ” Leur cours sur la plateforme, c’était vers 15 heures. Et à une heure pareille, si je me retrouve chez moi, la volonté d’accéder à la plateforme manque en général. Bizarrement, je n’avais aucune envie de faire le cours quand cela n’était pas présentiel”.

Le face à face est crucial pour Fatoumata Binetou Cissé. La présence du professeur revêt une ambition motivatrice. “La différence c’est que, à l’école de formation, tu as le professeur devant toi ; tu peux à tout moment l’interpeller si tu as des questions, alors que sur la discussion en ligne c’est le contraire : tu poses une question et avant qu’il ne réponde, il est déjà passé sur un autre point”, soutient l’agent aéroportuaire. Pour cette ancienne étudiante de l’Université virtuelle du Sénégal, les problèmes de connexion étaient très récurrents pour que les étudiants puissent accéder à la plateforme.

El Hadji Abdoul Aziz Sy Ndoye est étudiant à l’Uvs. Il en est à sa première année en Sciences juridiques et politiques. Il affirme que depuis l’obtention de son baccalauréat et la publication des orientations, ils n’ont toujours pas commencé les cours sur la plateforme. D’après l’étudiant de la huitième promotion de l’université virtuelle du Sénégal, la formation à distance est bénéfique : ” Le fait de rester chez soi et de faire des cours en ligne sans pour autant se déplacer, ils nous ont épargné la fatigue, le déplacement, les bus et autres… Pour moi c’est ce qui fait l’avantage de la plateforme”. Néanmoins, El Hadji Abdoul Aziz Sy Ndoye énumère les inconvénients : ” ça rend paresseux, je veux dire par là qu’un nouveau bachelier qui reçoit un ordinateur et une connexion pour ensuite lui demander de faire cours. Nous savons tous comment sont les jeunes avec l’internet, moi y compris. Ça serait un peu difficile de se concentrer même si je sais que ce n’est pas tout le monde. Je pense également que les ordinateurs, c’est un peut tôt pour un nouvel étudiant”.

Abdoul Aziz est novice avec des études basées sur les nouvelles techniques de l’information et de la communication. C’est la raison pour laquelle il aurait préféré des cours en présentiel pour une première année. L’occasion pour eux d’être initiés. Pour ce nouveau bachelier, il s’agit d’une précipitation. En plus du manque d’aperçu, notre interlocuteur note un retard des cours : ” Je trouve vraiment regrettable le fait que l’Uvs “ralentisse” la durée déterminée de la formation des étudiants. Tu vois un étudiant qui a eu son bac en 2019 et qui vient de terminer sa première année universitaire en 2020, tandis que les étudiants d’Ucad ou d’Ugb de la même année (2019) sont à leur troisième année universitaire et c’est vraiment déplorable. Sans oublier nous la P8 de l’université virtuelle. Nous sommes restés 10 mois sans étudier”. Il estime que l’Uvs devrait être le moyen le plus efficace et rapide pour apprendre vu la “virtualité” du système. Il souhaite avoir à leur disposition les outils de travail nécessaires et une amélioration des conditions de la formation à distance.

Dans le but de satisfaire la demande d’accès à l’enseignement supérieur et de permettre aux professionnels de s’adonner à d’autres activités, l’Uvs a été mise sur pied. Malgré les efforts déployés par l’Etat du Sénégal dans le sens de la formation à distance, les étudiants se plaignent des retards et de la négligence des outils de travail. Quant aux étudiants, ils manquent de notions et d’expérience pour assurer les cours à distance.

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