GMT Pile à l'heure

La Ligne du Devoir

La liberté d’expression, ça emprisonne ? C’est un droit constitutionnel… Énigmatique ! Chérifa Sadany SOW

Le nouveau type de Sénégalais s’exprime sans gants sur n’importe quel sujet à travers les réseaux sociaux. Liberté d’expression ou ignorance ?

Dakaractu a porté plainte contre Prézi Cissé et compagnie qui auraient articulé publiquement des injures à l’endroit du personnel de la société Dakaractu : « Ces injures inqualifiables articulées de façon totalement gratuite mais inspirées par la seule volonté de nuire font l’objet d’un procès-verbal de constat en date du 17 mars 2021 du ministre de Me Mariam Sakine, huissier de justice de Dakar à Dakar… »

«  Lesdites injures qui auront fini de troubler l’ordre public pour avoir particulièrement choqué la plupart de nos lecteurs  sont de nature à porter atteinte à l’honneur et à la considération de tout le personnel de la société Dakaractu dont la crédibilité aura  également été entachée…Pour avoir été tenues par le canal d’un moyen de diffusion publique, force est de convenir que les personnes mises en cause qui en sont les auteurs sont atteintes et convaincues de l’infraction d’injures publiques, prévue et réprimée par les dispositions combinées des articles 248 et 262 alinéa 2 du Code Pénal… » (extrait de la plainte)

Par conséquent, Prézi Cissé est placé en garde à vue suite à un post sur Dame Dieng propriétaire de Leral tv et sur Dakaractu. Le procureur de la République a notifié son arrestation à la division des Investigations criminelles (DIC).

Prézi Cissé, ce jeune juriste, fait partie des jeunes activistes qui expriment souvent de manière comique leurs opinons à travers le réseau social Facebook. Sa libération est réclamée par ses compagnies, notamment le journaliste Adama Gaye et Marcel Diagne, directeur général de Evidence SA. Ce dernier, à travers une lettre ouverte adressée à Serigne Diagne directeur de publication de Dakaracatu, a sollicité la levée de la plainte déposée à l’endroit de Prézi Cissé. « Je m’en voudrais qu’ils passent une seule nuit dans les liens de la détention, en raison d’une manifestation inappropriée de l’amitié qu’ils me témoignent (du reste réciproque) … d’ailleurs, je suis sûr qu’ils ne manqueront pas de faire amende honorable car je peux te témoigner que malgré leur fougue, ce sont des gens bien dont il serait regrettable que cette affaire impacte leur avenir prometteur… » a-t-il exprimé dans sa lettre.

Son souhait a été exhaussé puisqu’ils ont été libérés par le procureur de la République.

Jeunesse fougueuse et liberté d’expression, quel danger ?

En 1789, la déclaration des droits de l’homme et du citoyen indique que : « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi ». Une loi au Sénégal qui n’est plus crédible aux yeux de la majorité de la jeunesse sénégalaise. La même ne cesse de dénoncer la restriction abusive du droit de la liberté d’expression. Cette dernière a pourtant toujours été défendue par Amnesty international.

Au Sénégal en effet, la liberté d’expression se confond souvent à la liberté de blasphème. C’est entre insultes, dénigrement que certains expriment leur opinion. Malheureusement ils sont souvent considérés comme des héros. C’est le cas de Assane Diouf. Qui aurait cru le voir devant le khalif général des Mourides après toutes les injures qu’il a proférées envers la communauté Mouride ? Pourtant il y avait bien posé les pieds après sa sortie de prison pour trouble à l’ordre public. Et tant d’autres comme lui qui détiennent le nombre le plus élevé de flowers.  Penser librement oui mais que ça ne choque personne, c’est la plus simple définition de la liberté d’expression, la même que la Larousse définit comme étant le droit de manifester ses idées par la parole, l’écrit et toutes les techniques modernes de la télécommunication. Et comme disait le député Gérard Deltell : « La liberté d’expression n’existe pas seulement quand ça fait notre affaire. Ça doit exister surtout quand ça ne fait pas notre affaire » ; a-t-il raison ?

%d blogueurs aiment cette page :