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La chronique déjantée de Gorguez: Du T.E.R. mal parti au D.E.E.R Gorguez DIOP

Les rails de la régression démocratique

Le Déclin économique express régional (D.E.E.R) se mesure à l’aune de la réalisation inopportune d’un tronçon milliardivore de Train express régional (T.E.R.) avec comme alibi majeur le désengorgement naïvement escompté du trafic routier vers et hors de Dakar, aux risques certains, ce faisant, de dangereusement compromettre l’image de véritable pôle rural que devait incarner Diamniadio, en lieu et place de pharaoniques chantiers trompe-l’œil de pur prestige (!) où l’invasion bétonnière étouffera à jamais la vocation par excellence agro-pastorale de la zone.

En effet, les temps sont encore frais dans les mémoires durant lesquels Bud-Sénégal s’évertuait avec succès à conférer à ces terres agricoles porteuses une marque indélébile de bassin agro-maraîcher de la région de Dakar. Cette expérience, hélas de courte durée (…), paradoxalement menée en plein cycle de sécheresse des années 1970, devait tour à tour inspirer la vision et l’action de nos dirigeants successifs, de Senghor à Macky, dans la poursuite d’une auto-suffisance légumière et fruitière irréversible du Sénégal, localement sous-tendue par des unités industrielles de transformations de ces produits horticoles.

La vocation par excellence agro-pastorale de Diamniadio et environs ne devait-elle dès lors sommer les uns et les autres à faire plus preuve de réalisme et de vision pour lui épargner et le Sénégal en entier un tel sacrilège et hors-sujet manifeste de développement là où le Sine-Saloum se prêtait comme réceptacle stratégique à l’objectif visé d’un désengorgement voire d’un renversement de la tendance urbano-macrocéphalique dont Dakar est l’épicentre ?

Faute de n’avoir par conséquent vu plus loin que les limites foncières de la région de Dakar qu’il urge du reste de vider de son archi-pléthore démographique, en mettant davantage l’accent sur la conception de pôles ruraux socio-économiquement dynamiques complémentaires, il est aisé de nous projeter vers un proche avenir gros en risques d’un échec lamentable d’une pseudo-décentralisation qui ne fera qu’intensifier le mal-vivre dans cet espace territorial où les démons se réveilleront d’un exorcisme coûteusement charlatanesque dont l’ardoise d’endettement exponentiel devra être remboursée par les générations futures.

Le Sénégal d’aujourd’hui et du futur, si la première alternance de l’an 2000 était entre les mains de bâtisseurs visionnaires, passera inéluctablement par de véritables architectes de son développement socio-économique national homogène de ses sept régions naturelles, sur la base de gouverneurs et de parlementaires locaux souverainement élus au même titre que le président de la République qui ne doit plus jouir de la prérogative de nommer les premiers à ces fonctions au sortir de conseils des ministres de complaisance ! Il appartiendra à ces exécutifs élus de rendre compte de leurs bilans de gestion régionale devant des parlementaires et autres organes locaux de contrôle. Et le dernier mot restera entre les citoyens habilités à sanctionner leurs mandataires locaux.

Un État-locomotive à faible force de traction

C’est ainsi que se présente la composition de notre train national qui depuis toujours peine à respecter les grilles horaires des départs et arrivées à destination d’étapes nouvelles et irréversibles de notre marche républicaine vers le futur. Ne parlons point de transferts de trains dans les limites du temps prescrit pour les nécessités de correspondance sans retard ! Car la maîtrise du temps T sous nos cieux n’est pas dans nos objectifs à court, moyen et long terme ! C’est le pilotage à vue dans tout ce que nous entreprenons, sans en mesurer les impacts d’ordre sanitaire, économico-social, environnemental…

Cette description imagée de l’état de notre…État, qu’inspire le démantèlement du réseau ferroviaire, est pour mesurer la gravité d’une telle action à la base du dépérissement de combien de hameaux et régions jadis économiquement rythmés par les passages de trains et autorails !

Le manque de vision est sans doute passé par là pour ne pas penser à davantage développer le réseau ferroviaire et en arriver même à régionaliser parallèlement son exploitation.

Cette même myopie aura frappé la Sotrac, l’ancêtre de D.D.Dikk, qui avait toutes les dispositions de jouir d’une ramification régionale & interrégionale.

La décomposition, jusqu’à leur liquidation, de la Sotrac (Société des Transports du Cap-Vert) et de la S.N.C.S. (Société nationale des Chemins de Fer du Sénégal) aura donc permis l’ancrage et la propagation du fléau de taxis clandos et autres moyens de transport public urbains sans sécurité aucune.

L’exploitation judicieuse de notre État-locomotive devrait donc prendre en compte l’urgence de son délestage par une décentralisation devant conférer à des entités régionales, départementales et communales, reconfigurées à la baisse, leur plein rôle de locomotives sensées impulser la dynamique locale de développement socio-économique complémentaire.

Gorguez DIOP

Email : gorguezdiop@gmail.com

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