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Kilim comme si vous y étiez: Excursion à la ferme agricole et avicole, sanctuaire du génie polytechnicien Aly Ngouille Ndiaye Habib KA, Bureau régional de Matam

Linguère-Envoyé spécial

Une route faite de latérite vous y mène à neuf kilomètres de la résidence du maire de Linguère.

Oumar, un de ses chauffeurs, s’est transformé en guide touristique comme s’il avait senti notre curiosité de détecter les lieux, de tout avaler.

Ainsi, il nous apprend qu’en pleine période hivernale, toute cette étendue de terre devient marécageuse, preuve que la zone est fertile et se prête à toute culture de variétés.

A perte de vue s’étendent des sump, fruits sauvages, appelés aussi dattiers du désert (nom scientifique : Balanites Aegyptiaca).

Pourtant, l’arbre regorge de vertus médicinales. Le fruit est un laxatif. La graine, efficace contre la tension artérielle, la constipation, les ballonnements ainsi que les indigestions.

Les femmes de la commune ont déjà assimilé, entre autres, les transformations de ce fruit aux multiples vertus et n’attendent que les financements pour produire des huiles, des savons, des jus et autres, objet du Forum de ce jour.

Oumar de nous informer que des troupeaux de chameaux de la Mauritanie voisine y transhumaient dans une tolérance mutuelle entre les populations et entre les États.

Arrivés à l’entrée de la ferme, Soulé Ndiaye, un vétéran de l’Odyssée Kilim I et Kilim II, préposé à l’enregistrement, au stockage et à la vente des produits récoltés, nous fait un état des lieux, avant que Aly Ngouille Ndiaye lui-même ne nous fasse proprement une visite guidée de toute la ferme avec des explications et commentaires bien maîtrisés.

Vraiment les fermes de Aly sont plurifonctionnelles, il n’y a que les unités de transformation qu’il reste à négocier, ne serait-ce que pour la tomate, les melons, l’oignon, le piment, les citrons, le gombo qui a un cycle court 45 jours, très prisé en Asie et en Europe pour ses vertus médicinales.

Outre ces fruits, la ferme agricole et avicole fait de la pisciculture, de l’élevage de moutons, de vaches et chevaux de race importés, des paons, sans compter la palmeraie, les manguiers, mandariniers.

La pépinière de tomates de contre-saison, pour 6ha, dispose de toutes les protections possibles : couverture de l’espace, repiquages, système de ventilation quand il fait chaud.

Des palmiers et manguiers sur 6ha, plus de 500 pieds environ qui pratiquement, presque tous produisent…

Idée du tonnage, concernant les tomates, tous les deux ou trois jours, plus de trois ou quatre tonnes sont récoltées pour être vendues dans le marché intérieur, Touba notamment.

Aly Ngouille Ndiaye très prévenant de nous rappeler que le Ramadan s’annonce, donc pour lui deux carrés de pastèques sont en maturation en prévision de la forte demande liée au mois de privations.

Sur place, nous avons constaté des femmes des villages environnants venues acheter des casiers de tomates pour aller revendre à 15 km de distance, Roumde Thiarly notamment, le village de feu Djibo Leyti Kâ.

On constate par ailleurs d’anciens éleveurs devenus ouvriers agricoles qui avouent gagner ici plus que le job d’aller faire paître le bétail d’autrui.

Devant le groupe de visiteurs enchantés des réalisations du fils du Djolof, Aly Ngouille Ndiaye très engagé déclare qu’il emploie 58 permanents, la seule limite à son engagement c’est sa capacité de financement, d’achat de matériel ; mais le Ferlo Djolof a de grands espaces, de l’eau souterraine, des terres fertiles. Rien donc ne le fera reculer dans cette entreprise qu’il chérit de tout.

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