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Grandeur et splendeur d’un prince Farba: Prémices d’un déclin ? Habib Kâ

Pour avoir radicalement très tôt choisi son camp et accompagné conséquemment Macky Sall  dans sa traversée du désert, moment où rien  n’était  évident pour celui-ci, sur le ciel des probabilités de devenir président de la république, Farba Ngom, par prémonition ou foi mystique, avait cru en la brillance de l’étoile de son compagnon, misé et gagné.

Depuis le sacre, il est devenu une personnalité-clé du système, un homme de pouvoir, d’influence, de réseaux, un incontournable qui démontre chaque jour, quand les circonstances s’y prêtent, sa puissance de feu, son autorité incontestée, sa capacité de foudroyer tous ceux qui se frottent à lui ou se mettent en travers de son passage, sans état d’âme, belliqueux, prêt à découdre avec  n’importe qui.

Ses intentions, ses désirs lui suffisent comme raison d’agir et gare à celui qui se met au travers de sa route. Il l’écrase comme une mouche.

Farba Ngom n’a de foi que pour son mentor politique puisqu’il avait tranché et ne cessait de le répéter à satiété à qui voulait l’entendre qu’il n’est pas APR mais mackyste pur et dur et il avait juré qu’il abandonnerait définitivement la politique le jour que que celui-ci quitterait le pouvoir.

Farba superpuissant

Il est député, maire des Agnams, dernier à souffler, tard le soir, dans l’oreille de Macky Amadou Boudy. Mouhamadou Ngom à l’état-civil n’est pas seulement honorable et édile d’une commune. Il est surtout une  personnalité politique très influente, crainte même par des ministres de la République dont le plus en vue avait avoué publiquement devoir sa nomination par la grâce de son bienfaiteur. Il s’agit du ministre des Postes et Télécommunications Yaya Abdoul Kane, maire de la commune de Dabia du département de Matam. Ce ministre de la République avait commis une imprudence protocolaire à l’occasion d’une cérémonie organisée par le maire de Matam, Mamadou Mory Diaw, qui laissa l’assistance pantoise, du moins ceux qui comprennent et sont dotés de raison ; il disait ceci : “Je suis l’envoyé de Farba Ngom, le leader incontesté de l’Apr dans la région de Matam. Il m’a chargé de vous réaffirmer son soutien, et de vous dire que son absence à vos côtés n’est due qu’à une importante réunion au palais de la République à laquelle le président l’a convié. Comme vous le savez, Farba est impliqué dans tous les gros dossiers de développement. Il m’a ainsi demandé de venir le représenter pour vous démontrer son engagement pour la réussite de cet événement. Dès que je termine, je dois reprendre l’avion qu’il a mis à notre disposition pour retourner sur Dakar.”

Son bienfaiteur ne disait pas mieux : « Pour la formation du gouvernement, le président Macky Sall m’avait joint au téléphone pour me demander une personne pour représenter le département de Matam.  J’ai saisi l’occasion dira-t-il pour mettre ce jeune qui me voue un respect considérable et je suis sûr que ce ministre ne va jamais me combattre dans le Bossea. Ce ministre va faire ce que je veux ».

Désigner des députables, des membres du Haut conseil des Collectivités territoriales (HCCT), du Conseil économique, social et environnemental (CESE), des directeurs généraux, des présidents de conseil d’administration est donc à portée de sa main.

C’est dire que ce conseiller très spécial, très personnel est une personnalité si influente dans l’entourage du président, que certains n’hésitent pas de le surnommer président-bis ou vice-président.

Farba est plus un prince acariârre : pistolet dégainé, tir de sommation lors d’une réunion à Matam avec le maire Mamadou Mory Diaw, un dur à cuire.

Un autre jour, c’est le tour du préfet de Kanel Doudou Wade Seck de recevoir des vertes et des pas mûres devant le gouverneur de la région de Matam Abdoulaye Badé lors d’une cérémonie de décès.

La mégalomanie poussée à l’extrême l’avait fait adjuger le titre de coordonnateur régional de Matam, pour, en plus de son département, coiffer celui de Kanel du milliardaire Harouna Dia et de Ranérou-Ferlo de Aliou Dembourou Sow, alors que le renouvellement de toutes les instances étaient suspendues.

9 maires du département de Kanel avait signé une pétition pour faire de lui un citoyen d’honneur dans chacune de leur commune. Quel sens donner à cette résolution si ce n’est qu’ils roulaient pour Farba Ngom et ne voyaient aucun inconvénient sur son intrusion dans le reste de la région ?

Farba accompagne les ministre en visite de travail dans la région, fait office de micro central, mobilise la parole parfois, jusqu’à faire ombre.

Pour les préparatifs des campagnes, des événements de grandes mobilisation telle une tournée du chef de l’État, la collecte des fonds, leur distribution, la location des voitures, la restauration, la distribution des tee-shirts, pagnes, boubous, casquettes, c’est lui-même qui s’en charge, manette à la main avec une liste pré-écrite  pour chaque quartier, chaque mosquée, entouré des responsables politiques des communes convoqués à Agnam pour faire de la figuration

Par son omniprésence sur le champ politique local m, tous les leaders politiques sont aux yeux de leurs bases des subordonnés, des délégués représentants de Farba Ngom dont leur plan de carrière dépend exclusivement  de son humeur. « S’il dit : Sois !, tu deviens », se moquent-ils souvent.

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