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Exploitation du zircon dans la zone des Niayes Ababacar Sadikhe DIAGNE

Dans le budget du Sénégal la contribution du secteur minier est relativement modeste et de l’ordre de 4% (contribution de cette activité au PIB en 2019 est de 126 milliards de frs CFA)  et c’est un paradoxe.

Le prix du zircon, travaillé en joaillerie, de moindre qualité est de 400€ soit 262000 frs le gramme et celui de la qualité supérieure 5000€ soit  3.275.000 le gramme.

Lorsqu’on voit le nombre de wagons remplis de zircon qui quittent la zone d’exploitation pour l’exportation on s’interroge: le Sénégal a-t-il la part qu’il devrait avoir dans cette affaire.

J’ai beaucoup d’inquiétudes par rapport à la question environnementale.

Les Niayes ne sont pas du tout un désert contrairement à ce qu’a dit, dans un reportage sur le secteur minier sénégalais, un journaliste d’une célèbre radio étrangère. Cette zone  est une région de production maraîchère  et fruitière.

Elle fournit du travail aux habitants et alimente le pays notamment Dakar en fruits et légumes.

Que devient cette zone après le passage de cette entreprise minière.  Qu’advient-il à la faune, à la flore et aux populations qui après avoir reçu leurs pécules d’indemnisation se sont installées le long de la route nationale Dakar Saint-Louis?

De quoi vont-elles vivre?

A-t-on laissé des îlots de nature qui permettront le repeuplement, avec les espèces endémiques, en faune et en flore des zones exploitées?

Lesdites zones seront-elles réaménagées pour qu’elles puissent retrouver leurs caractéristiques antérieures?

Est ce que le Sénégal sortira gagnant de cette affaire de zircon, de titane et même de thorium.   l’isotope 232 du thorium  est relativement facile à transformer en uranium 233, un explosif nucléaire et une source potentielle d’énergie alternative aux hydrocarbures.

Dans les années soixante une expérience concluante de production d’électricité à partir d’une centrale alimentée par du thorium a été menée aux États-Unis. Pour des raisons inconnues il n’y a pas eu de suite à l’expérience.

Beaucoup d’espoirs sont placés sur le thorium qui pourrait répondre aux besoins énergétiques de l’humanité pendant des milliers d’années contrairement à l’uranium moins abondant.

Ababacar Sadikhe DIAGNE

Ancien élève des classes préparatoires aux grandes écoles,

Ingénieur diplômé:

  • de l’école nationale de l’aviation civile Toulouse France  et
  • du Massachusetts Institute of Technology

Ressortissant des Niayes (Gandiol/Mouït)

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