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Évacuation du Directeur de Cabinet du Président de la République au pays de Marianne: La preuve par quatre de l’échec du système médical du Sénégal Par Habib KÂ

“Une haute personnalité de l’entourage du chef de l’État, très malade, évacué en France”, titrait un journal de la place. Faux, rétorque Mahmout Saleh, deux jours après, dans les colonnes d’un autre journal et de préciser qu’il s’est rendu de lui-même au pays de Marianne “pour honorer un rendez-vous médical” régulier.

Régulier parce que cela va de soi pour lui et les siens. L’argent des contribuables étant toujours disponible quand il s’agit de satisfaire les besoins des politiciens professionnels : salaires lourds, logements et voitures de fonction, dotation de carburant, lignes téléphoniques alimentées, etc . . , pendant que le peuple d’en bas pleure ses morts, faute de moyens et ne sait à quel saint se vouer pour soigner ses indigents.

Quand le cas Mahmouth Saleh nous ouvre les yeux sur celui de Kène Ndoye, huit ans sans assistance et des primes impayées en sus, se laissant vaincre par une maladie, devant l’indifférence totale des autorités administratives et de la Fédération d’Athlétisme. Encore, pensée pieuse pour la mémoire de notre regretté Pape Bouba Diop qui vient de nous quitter. Pape avait manifesté, n’est-ce pas, le désir de refouler le sol rufisquois pour évoquer la mystique des aïeuls contre son mal.

Mahmouth Saleh fait partie avec les Amath Dansoko, Demba Kandji, Sidiki Kaba, Moustapha Niass, Ousmane Tanor Dieng, Muhammadd Boun Abdallah Dione, de la Nomenklatura Benoo Bokk Yaakaar (BBY)-Alliance Pour la Républiques (APR) pour qui l’État dépense sans compter et tous ces hauts privilégiés ont déjà fait des tours dans l’Hexagone qui pour un check-up, qui pour un traitement ou une opération chirurgicale délicate, pendant la présidence de Macky Sall. La liste est exhaustive : faudrait-t-il ajouter ce lot de militants et laudateurs envoyés dans les hôpitaux et cliniques marocains ou tunisiens par la Fondation “Servir le Sénégal” de la première Dame, Marième Faye Sall ? Et nos chefs religieux qui restent persuadés qu’il est plus prudent de se soigner en Métropole que de se faire traiter dans nos hôpitaux par un personnel local ?

Pourtant la matière grise est bien là, à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), avec ses professeurs agrégés de Médecine qui forment et encadrent les meilleurs spécialistes de la sous-région, notamment du Maghreb. C’est qu’il faut en plus, le plus difficile, la volonté et la détermination de ceux qui ont les destins du pays en main, pour prioriser le secteur sanitaire, l’assainir, le rendre performant. L’équivalent du Train Express Régional (TER) investi dans un secteur très organisé de la santé, ce sera une véritable industrie sanitaire qui impulsera un rush sous-régional vers Dakar et les villes intérieures  de populations venant des quatre coins des pays limitrophes. L’hôpital devient une entreprise en plus d’offrir des soins de santé de qualités avec un plateau de pointe référencé aux normes standards.

Le débat s’impose, M. le directeur de cabinet du président de la République :  douze (12) ans avec le président Abdoulaye Wade, huit (8) ans avec l’actuel, vous êtes impliqué, plus que tout autre. Vous qui avez le don de chuchoter à l’oreille des présidents de la République, de conseiller et d’influer si c’est nécessaire sur certaines options du chef, vous aviez toute la latitude de sonner l’alarme face à cette abyssale abime entre gens d’en haut et gens d’en bas quant à leur prise en charge sanitaire par le contribuable sénégalais.

Réduire les inégalités sociales en matière de santé et d’éducation est une exigence normée du développement et de l’émergence, une priorité de premier ordre. Quand l’État du Sénégal décaisse pour le Conseil économique, social et environnemental (CESE) 607 millions pour “harmoniser les salaires avec les membres du HCCT”, dixit M. Abdoulaye Daouda Diallo, ministre des Finances et du Budget, le Centre hospitalier régional de Ourossogui (CHRO), lui, est paralysé par une panne de son seul scanner depuis plus de huit (8) mois ; tous les malades dont les analyses nécessiteraient un scanner sont obligés de se déplacer jusqu’à l’hôpital Matlaboul Fawzaïni de Touba pour y être hospitalisés.

Combien sont-ils de présidents africains morts hors de la patrie, au pays du père colonisateur, comme si la France était un mouroir de chefs d’État africains ? Parce qu’ils n’avaient pas voulu développer leur pays, préférant détourner à leur profit les aides au développement, les richesses naturelles. D’ailleurs, une vidéo virale faisait le buzz dans les réseaux internet, résumant la leçon : un ministre nigérian intercepté par ses compatriotes devant une clinique privée en Europe. Monsieur fut sévèrement corrigé par ses frères, des immigrés, avant d’être prié de retourner au pays s’y soigner ou, comme les autres, y mourir.

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