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En cette fin d’année, ça grouille: Décembre, mois de lamentations, de manifestations, de revendications Par Khadidiatou GUEYE Fall

Le mois de décembre de chaque année marque la fin de l’année en cours. Ce mois est spécifique car crucial pour les recettes. Le gouvernement en profite pour dresser son budget. Le budget de l’année y est estimé. L’occasion pour les autorités compétentes de prendre en compte l’ensemble des problèmes que rencontrent les secteurs d’activité. D’autant plus que les lamentations et les revendications se sont accentuées avec la fin de l’année.

Depuis le début du mois de décembre, c’est l’agitation dans le pays. Dans presque tous les secteurs ça grouille. Du côté du transport, de la pêche, de l’agriculture, de l’éducation, du secteur de la transformation alimentaire, les acteurs se font entendre à leur manière. Des grèves ont été observées pour certains tandis que d’autres sont  en gestation.

Le secteur du transport risque de connaître des secousses. Cela concerne les gros porteurs du Sénégal. En effet, les acteurs ont donné leur mot d’ordre. Le mercredi 16 Décembre 2020, à l’issue de leur rencontre, l’union des routiers du Sénégal et l’Intersyndicale du secteur des transports routiers ont élaboré leur plan d’action. Ces acteurs comptent observer une grève illimitée à partir du 25 décembre 2020. L’objectif est de se faire entendre sur les tracasseries dont les transporteurs sont victimes.

Du côté de l’enseignement supérieur, les  bacheliers de l’année 2019 menacent de procéder par une grève de faim pour montrer leur mécontentement. Ces bacheliers demandent d’être orientés. Ils ont mené des marches, des sit-in pour trouver gain de cause. Mais il semble que le ministre n’est pas inquiété par la situation de ces bacheliers  non orientés depuis 2019.

Récemment, les boulangers du Sénégal ont décrété une grève de 48 heures. Entamée ce mardi, les Sénégalais ont dû rater leur petit déjeuner habituel. Le souci des boulangers réside sur la réglementation  des prix. Ils exigent la  démission de la ministre du Commerce, Aminata Assome Diatta et souhaitent une rencontre sérieuse avec le chef de l’Etat, Macky Sall.

Les pêcheurs également ont leur mot à dire pour ce mois de décembre. Le vendredi 04 décembre, l’Union nationale des mareyeurs du Sénégal (Unamas) avait exécuté son plan. Celui de de décréter une grève de 72 heures. La mise à exécution de ce plan B est motivée par le rejet de leur demande de marche à la Place de la Nation. Le motif  de cette marche consistait à fustiger l’octroi des licences de pêche aux navires étrangers. C’est le même climat qui sévit dans le milieu scolaire. Depuis le début du mois de décembre, ce sont des débrayages et des grèves qui animent leur vocabulaire. Les professeurs réclament leur dû après la correction du bac.

Ces plans d’action entamés par les syndicats ajoutés aux perturbations causées par la pandémie durant l’année  passée, risquent d’affecter le niveau des élèves.

Même au niveau du secteur primaire ça grouille. Le Syndicat national des techniciens et des travailleurs de l’agriculture du Sénégal (SYNTTAS) s’est joint à la danse. Ils avaient décrété 72 heures de grève renouvelables. La grève était prévue du 2 au 4 décembre 2020 pour dénoncer la passivité des autorités compétentes pour résoudre leurs revendications. Ledit syndicat ripostait contre le non-respect du délai de 15 jours des négociations initiées par la tutelle autour d’un comité de dialogue avec les travailleurs et techniciens de l’agriculture. Depuis 2016, les revendications ont été déposées sur la table du ministre de l’Agriculture. Ces revendications portaient sur l’attribution d’indemnités de risque et de logement, la prise en charge agricole et de responsabilité, la réfection et l’équipement des différents services et la dotation de véhicules de service, en particulier au niveau décentralisé. Néanmoins, ils se disent prêts à dialoguer avec les autorités pour remédier à la situation.

Dans tous les secteurs, le schéma reste le même : es plaintes et les lamentations viennent de partout. Surtout en cette période où les députés se penchent sur le budget de l’année 2021. C’est le moment de prendre en compte les revendications de la population ainsi que celles des secteurs précités.

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