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Emploi: Tous les métiers se valent tant qu’ils sont légitimes au regard de la loi et de votre religion Khadidiatou GUÈYE Fall

Le problème de l’emploi va persister si certains métiers sont classés comme des métiers qui rabaissent l’homme dans son essence. Les Sénégalais préférent des métiers à d’autres alors que la qualification et la formation manquent. A qui la faute, quand la jeunesse envahit les rues pour dénoncer le manque d’emploi ? Pendant ce moment, une tranche de jeunes s’engage dans l’auto-emploi et l’indépendance.

Trouver un emploi a toujours été une vraie bataille au Sénégal. Même les plus diplômés peinent à se trouver un stage encore moins décrocher un contrat d’embauche. à cela s’ajoute un marché de travail où l’offre est supérieure à la demande. Quel que soit le niveau d’étude ou l’alphabétisation et l’analphabétisme, être employé dans une boîte nécessité beaucoup de démarches. Cependant, un réel problème existe du côté des chercheurs d’emploi.

La quasi-totalité des jeunes ont des choix portés sur un tel métier. Ils refusent d’exercer certains travaux qui, selon eux, ne leur ressemblent pas.

Tahirou est une femme dans la trentaine. Elle a arrêté ses études primaires en classe de CM 1. Elle cherche l’autonomie afin de s’entretenir sans dépendance. Mais Tahirou, cordon bleu comme une vraie Sénégalaise, refuse de travailler dans les petits restaurants. Elle a une vision audacieuse, celle de travailler dans les grands hôtels de Dakar. “Vraiment travailler dans les hôtels est un rêve, j’y ai toujours songé. Et je sais que s’ils recrutent une cuisinière comme moi, ils ne vont pas le regretter”, se glorifie-t-elle.  Elle ignore que intégrer les grands hôtels nécessite une formation qualifiante. D’après elle, sa tante lui avait suggéré un ami qui travaille dans l’Ucg. Son travail consistait à superviser les nettoyeurs pour la propreté des rues. Mais elle s’est montrée catégorique pour ne pas exercer ces métiers d’ordures. « Ma tante voulait que je travaille dans le domaine des ordures mais ma fierté et ma dignité ne me permettent pas cela. C’est hors de question qu’une connaissance me voie dans ces genres de tenues. Je préfère rester à la maison ne rien faire que superviser des nettoyages », fait-t-elle savoir. Tahirou veut un travail noble dans un hôtel, sans diplôme, chose qui est impossible dans le monde actuel.

Tôt le matin, cette jeune fille se lève pour aller travailler. Quand on la rencontre, on a l’impression de voir une secrétaire. Fatou  Diallo est fière de son emploi. Elle travaille pour une personne mais cela ne l’empêche pas de bien s’habiller. « Je suis femme de ménage. Et j’en suis très fière. Je ne dévalorise aucun emploi, l’essentiel pour moi c’est de bien gagner ma vie de manière légale sans dépendre de mes parents. En plus, je suis un soutien de famille, donc pour moi le professeur et le laveur de voiture sont pareils. La différence c’est la tenue de travail », raisonne la jeune fille originaire de la Casamance.

Pour Fatou, son destin a ainsi été tracé, malgré ses bonnes notes à l’école. Elle précise que son métier de rêve est d’avoir une boutique de vente des produits cosmétiques. Elle espère le réaliser avec ses petites épargnes.

Épargner pour se trouver un emploi décent et être son propre patron est la devise de ce jeune homme préférant garder son nom dans l’anonymat. Il a fait une formation en Marketing et communication mais il travaille dans le milieu de l’événementiel en tant décorateur et serveur. “Je n’ai pas honte de ce travail ; au contraire je le fais avec passion. Si ma formation ne permet pas de travailler,  ma passion me guidera. Et c’est ce qui s’est passé. Je ne vais pas  attendre le travail venir vers moi. Je vais aller à sa rencontre. Dans 4 ou 5 ans, je serai déjà loin. Parfois un ami d’enfance me retrouve en train de gérer l’événementiel de son entreprise et cela ne me gène nullement. C’est une entreprise à lui et moi je viens pour organiser ses séminaires à la perfection ; à chacun le travail qui l’anoblit” se fait-il honneur.

Au Sénégal comme dans d’autres pays d’Afrique, certains métiers sont défavorisés pour des raisons non fondées. Des métiers comme le lavage des voitures, les lavandières, les femmes de ménage, les marchands ambulants sont considérés comme des emplois pour la classe moyenne ou pour les personnes en extrême pauvreté. Alors que, pour la majorité des Sénégalais émigrant en Europe, leur travail principal tourne autour de ces métiers précités.

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