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Emploi-formation: La formation de rêve n’est pas forcément travail de rêve Par Khadidiatou GUEYE Fall

Après l’obtention du baccalauréat, les lauréats remuent ciel et terre pour se trouver la formation de leur rêve. Une formation qui débouchera sur un emploi de nos rêves. Malheureusement au Sénégal,  faire une formation bien définie ne signifie pas la pratiquer toute sa vie dans une entreprise. Beaucoup de jeunes exercent des métiers qu’ils ont appris dans le tas et qui n’ont aucun rapport avec leur métier de rêve et leur formation.

Ce virement professionnel autrement appelé reconversion est dû à plusieurs raisons. Cette ancienne opératrice de saisie nous en dit plus.

Thiat Ndiaye, elle se nomme. Agée de 27 ans, elle a fait une formation en informatique de gestion. Après multiples demandes d’emploi déposées dans les entreprises incluant son domaine d’activité, elle s’est retrouvée à gérer une boutique de prêt-à-porter.

Thiat nous raconte le circuit de sa reconversion : « J’ai fait une formation en Informatique de gestion dans un institut de la place. Après ma licence, c’était un défi de me trouver ne serait-ce qu’un simple stage sans rémunération, d’autant plus que c’était une obligation pour notre école de formation d’avoir un stage en rapport avec notre filière. Mais c’était impossible.»

Après mûres réflexions, j’ai pensé me lancer dans le commerce en ligne. Comme coup de baguette, j’ai aperçu une annonce faisant connaissance d’un poste de gérant de boutique vaquant ». Elle poursuit : « C’est ainsi que j’ai envoyé une demande pour trouver un rendez-vous avec l’agence. Par la suite, j’ai été recrutée et depuis plus d’une année je travaille dans la boutique ». Malheureusement, regrette-t- elle, d’avoir dépensé une forte somme d’argent pour sa formation et se retrouver dans une boutique de prêt-à-porter au lieu d’évoluer dans le milieu de l’informatique, …D’après elle, son métier de rêve a été raté à cause d’un nombre réduit d’offres dans ce domaine d’activité.

Le cas de Thiat Ndiaye n’est pas singulier. Cela arrive à plusieurs jeunes.

Sous couvert de l’anonymat, cette jeune femme a dû abandonner les stages en Ressources humaines à ne plus en finir pour embrasser le métier de pâtisserie. « C’était une vision, un chemin et un objectif que je m’étais fixée : être dans mon bureau en tant que directrice des ressources humaines. Mais hélas, depuis 2015, je fais des stages renouvelés à leur guise. C’est en 2018 que je me suis lancée dans la pâtisserie qui est aussi une passion pour moi », se confie la nouvelle pâtissière.

Notre interlocutrice  est l’aînée de sa famille, raison de plus de se promener dans l’entreprenariat. Elle explique la vraie raison de sa reconversion professionnelle : « Après mes demandes d’emploi sans succès, j’ai aussitôt discuté avec ma mère pour lui faire part de mon idée ce projet, étant donné que je suis un soutien familial. Elle m’a épaulée dans mes débuts. C’était difficile, mais j’ai réussi à obtenir un prêt bancaire et acheter mes matériels essentiels et entamer mon projet à la maison. Me voilà, 2 ans après, je reçois des commandes pour des séminaires, des mariages, des anniversaires etc. ».

Pour cette dernière, trouver un emploi est tellement difficile qu’il faut être entrepreneur pour s’en sortir. Elle demande également aux jeunes d’oser l’aventure et de s’aventurer dans l’auto-emploi pour gagner sa vie.

La recherche du travail est l’un des principaux soucis des jeunes. Maintenir son poste est un autre. La pression familiale et le manque de moyen n’en sont pas moins. Raison pour laquelle beaucoup de jeunes dévient leur passion d’exercer leur métier de rêve pour se lancer soit dans un emploi de secours soit dans l’entrepreunariat. Néanmoins, il ne manque pas de jeunes qui maintiennent leur travail de rêve cumulé avec d’autres tâches apprises dans le tas.

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