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Élections locales: Le fait accompli De notre correspondant à Matam, Habib KA, Thilogne

Le Ndawrabine d’un Idrissa Seck ou d’un Oumar Sarr vers la mouvance présidentielle explique le silence du Dialogue national qui a conduit au report des Locales.

Le Front de Résistance nationale (FRN), qui regroupe l’essentiel de l’opposition récuse la décision unilatérale du chef de l’État de faire tenir les élections locales en février 2022. Fort de presque tous les ténors de l’opposition, le front reproche à l’État et au gouvernement d’avoir fait le mort pendant presque une année, sans donner suite à leurs incessants. Rappels.

Le FRN se fait menaçant dans un contexte aggravé par la tension née de l’affaire Ousmane Sonko-Adji Sarr, et invite le pouvoir à prendre toutes ses responsabilités de ce qui adviendrait.

C’est presque de trois ans supplémentaires dont les présidents des conseils départementaux, les maires et les conseillers municipaux bénéficieront par le laxisme de l’administration.

Cette situation du fait accompli est rendue possible par le silence depuis les premiers jours du Dialogue national de certains leaders de partis politiques, en accointance avec le pouvoir. Idrissa Seck en effet et son Rewmi, Oumar Sarr et leSuxaali Soppi et d’autres petits partis étaient au tango de la mouvance présidentielle.

Faut-il rappeler que pour un État démocratique, la tenue des élections à dates échue va de soi avec un calendrier fixe, su d’avance de tous, sauf en de rares cas de force majeure. Il ne peut en être autrement parce que le vote est un droit fondamental pour un citoyen, un droit d’élire ou de se faire élire.

Au Sénégal, maires, députés, président de la République le sont pour cinq ans. Une fois au perchoir, l’exécutif louvoie pour y durer autant que possible, cherchant les alibis de différer les consultations municipales et législatives pour ne les organiser que quand il est sûr de les emporter, après plusieurs ruses et entourloupettes.

C’est vrai : une prolongation du mandat des maires de presque trois bonnes années, outre d’être un abus d’autorité, une confiscation des suffrages des citoyens, est une porte grande ouverte pour le brigandage du foncier : ceux qui ne sont plus sûrs de rempiler surtout continueront de morceler des parcelles et de les vendre.

Mais faut-il à l’opposition suivre le gouvernement sur le combat des dates ou faut-il, pour elle, aller à l’essentiel ? L’essentiel étant, pour une première fois, de créer une grande coalition électorale avec tous les partis d’opposition pour pouvoir rivaliser avec Bennoo Bokk Yaakaar (BBY) et l’Alliance pour la République (APR) jusque dans les plus petites communes les plus reculées. Tant que l’opposition ne parviendra pas à créer ce grand pôle, la situation sera toujours favorable à la coalition Bennoo Bokk Yaakar (BBY) et à l’Alliance pour la République (APR).

L’essentiel maintenant ce n’est pas engager un combat frontal contre l’État pour organiser le prochain scrutin municipal pour des dates dont l’écart ne saurait excéder trois mois. Pour ne pas se laisser encore prendre, le FRN ou la coalition électorale de gauche doit exiger que la date des Législatives soit connue dès maintenant.

Que l’opposition prenne conscience qu’elle accuse des retards qu’il lui fait combler, même si le pouvoir est apparemment sonné, KO, dépassé par les tristes événements nés de la crise politique Sonko-Adji en cours, la rébellion d’une jeunesse désabusée, les financements improductifs des agences dévolues à la jeunesse. Le pouvoir bénéficie toujours du système “raw gadu”, même si la nouvelle loi prévoit le mode de suffrage universel direct pour élire les maires. Les candidats seront connus d’avance et élus directement au scrutin majoritaire à un tour.

Les résultats de la Présidentielle de 2019 prouvent à suffisance que l’opposition aura fort faire pour gagner la majorité des communes, si elle ne présente pas un candidat unique pour chaque municipalité. Elle aura tout le mal de s’unir pour gagner. Vingt et un ans après, elle ne fera pas bloc, comme elle avait fait contre Abdou Diouf pour imposer le pape du Sopi. Elle va se morceler, comme à ses habitudes, en des regroupements qui ne pourront nullement inquiéter le BBY et l’APR, même touchés.

On peut, à juste raison, se demander si les partis des deux camps sont suffisamment préparés et prêts à compétir.

L’Alliance pour la République (APR) et son leader, sonnés par les effets du sonkogate qui assombrit toute prétention de Macky Sall de candidater un troisième mandat.

Macky Sall, sans perspective d’être reconduit en 2024, c’est l’effondrement, la démoralisation de ses candidats proposés au scrutin municipal et législatif.

L’opposition elle, toujours emmêlée dans ses sempiternelles contradictions de division.

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