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El Hadji Thimbo is back: 99 saints veillent sur ce candidat pour la mairie de Dabia Par Habib Kâ

“Si ces deux individus  pensent nous décourager avec leurs manœuvres de bas étage, c’est peine perdue car rien ni personne ne peut freiner notre élan militant”.

Ce jeune natif de Kobilo, très correct dans ses propos, courtois dans son discours, n’est pas cependant du genre à se laisser piétiner ou plier la langue.

C’est tout naturellement donc que ce planificateur au secrétariat général du gouvernement entend briguer les suffrages de ses concitoyens de la commune de Dabia comme il se fait le plus normalement du monde, partout ailleurs dans le Sénégal.

Ne pas se plier à cette volonté partagée avec les siens, dans ce contexte politique très chargé pour l’Alliance pour la République (APR), c’est qu’il y’a péril en la demeure.

Actuellement,  les leaders des communes de Dabia, Thilogne, Oréfondé, pour ne parler que du Bosséa, sont tous à pied d’œuvre, gangrenés par la fièvre des investitures,  occasionnant à

chaque maire sortant au moins deux candidatures parallèles APR. Agnam, citadelle imprenable de l’honorable député-maire, n’est pas en reste,

lui-même, contré dans son propre fief, fait impensable en 2014. C’est dire que l’exacerbation des conflits de positionnement est arrivée à un niveau tel que rien ne sera désormais acquis d’avance.

La guerre des tranchées

est enclenchée et son adversaire politique  réconforté par le fort soutien du coordonnateur  départemental de Matam ne lui concédera aucun répit pour conserver le leadership local et le fauteuil de premier magistrat de la ville de Dabia.

Les tristes événements survenus lors de la 3ème édition du Festival de 2016 sont encore frais dans les mémoires des Kobilois : des  jets de pierre sur la délégation conduite par le parrain, l’ambassadeur itinérant Almamy Bocoum,  accompagné de Abou Lô, directeur de l’Agence de Régulation des Télévisions et la Poste-ARTP.

Gestion autoritaire

Comme aujourd’hui, certains cadres apéristes sont déterminés à porter au grand jour, à travers le verdict des urnes, devant le président Macky Sall, leurs frustrations cumulées dues au mode de fonctionnement autoritaire et centraliste de la gestion de la politique locale de l’APR.

Farba Ngom se cabre, bras armé des maires de Oréfondé, Thilogne, Dabia etc . . . , alors que le président de l’APR ferme les yeux sur les candidatures parallèles à BBY.

Un meeting pré-campagne fut organisé devant la mairie de Dabia, où il déclare qu’il est prêt à se battre contre quiconque le provoquerait dans sa quiétude paisible. Qui oserait d’ailleurs perturber le sommeil de Sa Majesté, craint et adulé ? Mieux vaut, avertit-on ici, orienter ses récriminations vers le président de la République qui peut loyalement vous ignorer que de fouler un pied dans les périmètres très étendus du Farba.

Est-ce vraiment un crime de lèse-majesté pour un leader politique de briguer les suffrages de ses concitoyens pour des élections, surtout quand il se sent suffisamment mûr et fort ?

En quoi donc ce fils de Kobilo qui avait tout en 2009 pour être le candidat de Dekal Ngor et qui s’était désisté de lui-même pour céder la place à son ami et frère, l’actuel maire sortant, Yaya Abdoul Kane, est-il condamnable aujourd’hui, si ce n’est que de ne pas être “ce jeune frère de confiance qui ne trahirait jamais” ?

Des primaires pouvaient être sérieusement organisées à l’intérieur des localités pour départager les candidats et le parti, pour une première, en profiterait pour se structurer. Car, dans toute organisation démocratique, cela va de soi, la pluralité des candidatures, l’expression libre des courants et tendances à l’intérieur d’un même parti est gage de vitalité, de dynamisme

El Hadj Amadou Thimbo pouvait être élu maire il y’a de cela douze ans sur la liste Dekal Ngor, ce jeune de la première couvée de l’Alliance pour la République (APR), premier parmi les premiers adhérents de la commune au mouvement de Macky Sall, depuis l’enfantement douloureux, jusqu’aux premiers pas hésitants dans le département, la région.

Yaya Abdoul Kane, deux fois ministre du gouvernement et présentement directeur général de l’Agence de Gestion du Patrimoine bâti de l’État (AGPBE), est devenu APR grâce à ses cours assidues ; c’est dire que El Hadj Amadou Thimbo avait fait preuve de grandeur et de générosité pour s’effacer et céder le passage pour le fauteuil de maire à ce frère et ami inséparable.

Fallait-il le faire ? Erreur politique, stratégique ? Peut-être même pas. Toutefois ici, le bon sens voudrait donner raison à ceux qui soutiennent qu’il faut toujours exploiter à fond et pour soi toute opportunité qui se présente et, dans le cas d’espèce, le pouvoir, les honneurs ne se délèguent pas.

Mieux vaut en disposer pour soi.

Très correct dans ses propos, son discours courtois qui tranche avec l’arrogance des arrivistes, nouveaux convertis politiciens, El Hadj Amadou Thimbo sait rétablir les faits, convaincre son monde, sans élever le ton, sans accès de colère, preuve de la grandeur des hommes politiques qui comprennent qu’au delà des convictions fortes et du courage que la politique est un art, une intelligence, mais aussi et surtout de la patience, de l’obstination.

El Hadj Thimbo n’est pas genre à se laisser mener facilement à l’abattoir, il est reconnu pondéré courtois dans son discours, tout le monde dans la zone lui reconnaît ses traits de caractère distinctifs et sait que ce jeune natif de Kobilo le village aux 99 saints, le lieu où fut  construite en 1776 la première mosquée du Fouta par le premier Almamy, Abdoul Qadiri Kane, sur proposition de Thierno Souleymane Baal, n’est pas genre à se faire piétiner ou plier la langue par qui que ce soit. Il le précise d’ailleurs à l’occasion, évitant de nommer Farba Ngom et Yaya Abdoul Kane :  “Si ces deux individus pensent nous décourager avec leurs manœuvres de bas étage, c’est peine perdue car rien ni personne ne peut freiner notre élan militant”.

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