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Dr Thierno Dièye, Pharmacien-Pratiquant: « Le vaccin BCG, la vitamine D et l’âge font des miracles au Sénégal » Echanges avec P. MBODJE

Bien connu du public sénégalais pour ses interventions télévisées, ses rubriques et posts sur la toile, le Dr Thierno Dièye revient sur l’exception sénégalaise : le variant britannique très contagieux a peu d’effets : si l’âge est un élément d’explication, une bonne politique de santé publique entamée dès l’Indépendance semble encore protéger les populations sénégalaises.

Le communiqué de l’Institut Pasteur du 15 avril sur un échantillonnage aléatoire sur les cas index et communautaires de la région de Dakar pour la période allant de janvier à mars 2021 et les résultats obtenus semblent confirmer les supputations des uns et des autres sur la progression de la maladie, malgré la modicité des chiffres officiels qui devraient inciter au soupir. Risquons-nous alors une troisième vague avec les variants, malgré la modicité des cas annoncés ? Qu’est-ce qui explique le faible taux de létalité malgré la présence de variants causant d’énormes dégâts ailleurs ? Le Gouvernement publie des chiffres rassurants sur la circulation du virus au moment où l’Europe se barricade même si les cas communautaires restent quand même conséquents.

Pour le Dr Thierno Dièye, pharmacien-praticien à Paris, il serait plus prudent de ne pas partir des mêmes chiffres sur le taux de contamination et de létalité au Sénégal par rapport à l’Europe : « Faut revenir aux débuts de l’épidémie. Nous n’avons jamais eu les mêmes chiffres sur le taux de contamination et la létalité au Sénégal par rapport à l’Europe. Il faut reconnaître qu’il se passe quelque chose au Sénégal avec cette Covid-19. Beaucoup spécialistes pensaient que ce virus allait faire beaucoup de dégâts en Afrique. Et finalement ce n’est pas le cas. Même si on sait tous que les chiffres annoncés sont en dessous de la réalité. Et maintenant, on essaie de trouver des explications rationnelles à tout cela. Il y a eu l’hypothèse selon laquelle les Sénégalais sont protégés du fait d’avoir reçu le vaccin BCG, ou la vitamine D…. Ce qui est sûr, c’est que le Sénégalais résiste mieux à ce virus. Il y a le facteur lié à l’âge qui joue beaucoup, surtout sur la létalité. Par exemple, la population sénégalaise est plus jeune que la population française. Et on sait qu’il y a plusieurs décès chez les sujets âgés.

Oui : on pourrait observer une troisième vague, mais ça ne sera jamais comme en Europe. Sauf si on observe un nouveau variant très virulent et contagieux comme celui au Brésil. Là par contre, ça risque de faire mal. Puisqu’il y a pratiquement un relâchement total sur les mesures barrières. Sur les variants, je l’avais dit : ils sont présents au Sénégal, surtout le variant anglais. Il est très contagieux ».

1-L’Institut Pasteur sort un communiqué le 15 avril : le variant britannique a été identifié et retrouvé à Dakar entre janvier et mars au moins chez 14 patients ;

2-Le Pr Mboup avait déjà trouvé en décembre le même variant annoncé dans une intervention en janvier. Le même professeur signe à Bruxelles un accord pour la production de vaccins au Sénégal après avoir été le premier à avoir procédé à un séquençage. Pasteur se dit désigné par l’Oms et Africa Cdc : querelle de chapelles en vue ?

Thierno Dièye : C’est clair. En tout cas, la production de vaccin est une très bonne chose.  Pour moi, les 2 laboratoires devraient plutôt collaborer en mettant en place un partenariat. C’est à la mode actuellement, surtout vu le contexte actuel. Ce partenariat doit passer par le ministère de la Santé et de l’Action sociale. Et ce dernier devrait être moteur de ce rapprochement entre les deux entités.

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