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La Ligne du Devoir

Diary Sow, Où es-tu ? Habib KÂ, Bureau régional Matam

Génie, surdouée, crack, moyenne générale de 18,45.

20 en anglais, 20 en Sciences Physiques, 19 en espagnol, 19 en Sciences de la Vie et de la Terre (SVT), 18 en Philosophie, 16 en Mathématiques etc…, égrenait dans un discours emphatique un professeur lors de la remise des prix du traditionnel Concours Général organisé chaque année.

Monsieur devait y aller avec prudence et modération et savoir que le Sénégal n’a jamais manqué de cracks, de mbayars, de surdoués bien avant l’indépendance à nos jours.

La presse à surmédiatisé Diary Fall la surdouée et c’est cette même presse qui, aujourd’hui sous des insinuations, est en train de vendre la “Miss” Intelligence. Le Sénégal a eu Maitre Abdoulaye Wade, le Professeur Cheikh Anta Diop qui ont des connaissances encyclopédiques, transversales qui vont des sciences mathématiques, physiques, chimiques à la littérature, l’histoire, la philosophie, etc . . . , les Souleymane Bachir Diagne,

Oumar Blondin Diop, le professeur Sakhir Thiam, les frères Abdoul et Cheikh Tidiane, fils du juge Kéba Mbaye.

Le Lycée Prytanée militaire Charles Ntchoréré de Saint Louis, le Lycée d’Excellence Mariame Bâ de Gorée, l’École Polytechnique de Thies ont fourni des cadres de première volée à l’administration sénégalaise et au secteur privé, “te coow amul, bal taakul”. Sans compter les nombreux fils et filles du pays qui ont fait leurs beaux jours dans les grands Collèges et Universites américains, canadiens, français et qui collaborent avec les hautes institutions internationales, d’autres happés par le virus de la fuite des cerveaux, sans compter des self made men qui ont payé leurs études et se sont taillés des parts de soleil dans les hauts lieux de savoir de ce monde.

Des cracks, des Intelligences, le Sénégal en regorge dans toutes ses régions, ses coins les plus reculés, du vendeur de café Touba au laveur de voiture, à la gérante du Cyber ou de la vente en ligne. Des surdoués comme Aline qui n’ont pas eu la chance de bénéficier d’un encadrement conséquent de l’État du Sénégal, de leur prise en charge.

Pour cela, la surdouée de Malicounda ne doit pas perdre la tête. Où elle se trouve, elle doit sortir de sa cache, parler à ses concitoyens, ceux qui ont cotisé de leur sang, de leur sueur pour l’envoyer au prestigieux lycée Louis le Grand aller quérir le savoir et rentrer servir son pays.

Diary Sow, sors des ténèbres de la nuit, rejoins la clarté de la lumière !

La police française a tracé ton téléphone portable et ta carte bleue.

Les autorités qui demandent à ton entourage proche de ne pas communiquer en savent trop.

Diary Sow, où es-tu ?

Tu n’es pas libre, Diary. Comme disait l’autre, “tu ne t’appartiens pas, toute seule”

Que dirons-nous à tes petits frères, tes petites sœurs, à ceux et à celles qui s’identifient à toi comme aînée, comme modèle ?

Tu tiens en haleine toute une colonie, tout un peuple.

Depuis treize jours, tu fais l’actualité d’une façon qui effraie, inquiète.

N’est-ce pas,  Diary, tu disais que “l’âge n’est qu’un chiffre, la majorité c’est dans la tête” pour qu’on puisse te faire confiance, entièrement confiance pour ton droit à disposer de toi-même, à t’autogérer, à t’autopromouvoir comme savent si bien le faire les descendants de Ilo Yeladi Diadié dont tu te réclames fière d’en être une ?

Diary Sow, n’as-tu pas décrété dans ton roman ’’Sous le visage d’un âge ” que “les gens ont une conception assez archaïque de la maturité. Il est vrai que l’on acquiert de l’expérience en vieillissant, mais moi, je ne suis pas très adepte de cette pensée. Ça paraît assez culotté de le dire comme ça. Mais c’est vraiment ce que je pense. On peut prendre un enfant qui n’a rien vécu du monde, mais qui a une certaine ouverture d’esprit, une certaine science de l’observation du monde qui lui permettent de saisir des choses que les adultes ne pourraient pas saisir. Cela dépend de la sensibilité des gens”

Hélas dans certaines circonstances, en certains moments, en certains lieux, ses dons, son intelligence ne peuvent suffire pour contourner les difficultés, éviter le mauvais virage, la chute dans l’enfer du Diable. On a toujours besoin de la sagesse, de la guidance des vieux, même s’ils donnent l’air un tantinet primaire.

Oui Diary, journaux et enquêteurs sont unanimes, ils pensent que ta disparition est volontaire, c’est la fugue qui est évoquée. Tout y concourt : les images des vidéos surveillance, la visite de ta chambre, les effets personnels et vestimentaires emportés.

Qu’en es-tu ?

Que dira ton adoré père qui a emporté avec lui dans sa tombe le sourire éternel pour sa fille adorée ?

Que dira cette mère veuve en retraite spirituelle assise dans le noir du deuil à pleurer l’être chéri. Cette femme qui avait prié qu’ensemble avec ton père ils oublieront ton retour triomphal à Malicounda

Était-ce le rendez-vous du destin qu’il fallait croiser à Louis le Grand que les oracles de Mbour ne pouvaient détourner ?

Diary, Aline, qui es-tu finalement. L’une, l’autre, les deux à la fois, les deux qui fusionnent en une ?

Tu es seule à le savoir et à en garder le secret.

  ‘Sous le visage d’un ange’’, est une fiction certes, mais est très proche de la réalité. Toi-même même tu précises “J’ai voulu montrer les deux faces des personnages que j’ai cités dans le roman. Ce sont des personnages avec lesquels j’ai vécu et j’ai essayé de les peindre le plus fidèlement possible. J’aime raconter les gens tels qu’ils sont. Il n’y a pas d’ange, il n’y a pas démon. Tout le monde a des zones d’ombres. Les gens portent des masques en fonction des circonstances”.

Reviens-nous vivante de ta retraite, Diary !

Éteignez vos caméras, arrêtez vos micros, baissez vos lumières, épargnez-lui cette traque médiatique, laissez-la regagner le cocon familial dans la discrétion, la quiétude pour qu’elle retrouve sa concentration, sa sérénité, la confiance de tous pour entamer un autre élan !

Parce que contrairement à l’idée qu’on se fait, les génies sont généralement très émotionnels, fragiles, subjectifs et, pour un rien, pour des vétilles, ils peuvent disjoncter, aller à la déprime

Fille aînée d’une fratrie de six enfants, Diary Sow peut-elle échapper à la règle ?

C’est tout le mal qu’on lui souhaite.

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