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Départ de la mouvance présidentielle: Le vent de rébellion de Mimi ne souffle plus ! Fanny ARDANT

Elle avait promis de nous revenir pour bientôt sur son avenir politique, lors de son discours d’adieu au Conseil économique social et environnemental (Cese), où elle a été remplacée par Idrissa Seck. Depuis lors que nenni ! Aminata Touré semble à présent tourner ses talons. En effet, les événements meurtriers du mois de mars font douter de son « envol » de la mouvance présidentielle. Celle qui n’avait pas jugé nécessaire de remercier son mentor politique de lui avoir confié cette institution consultative pendant 16 mois, a décidé du jour au lendemain de conseiller à Macky, sur quoi faire dans ces situations de crise. De quoi lancer des agitations sur un appel à la paix qui ne dit pas son nom.

Un vent de rébellion soufflait ardemment au Conseil économique social et environnemental le jour où le président Macky Sall a préféré Idrissa Seck à Aminata Touré. Celle-ci, limogée de cette institution consultative par décret présidentiel, Mimi lors de son départ au CESE avait subtilement marqué le fossé qui le sépare de Macky Sall. Durant tout son discours d’adieu devant la presse et son staff, elle n’a pipé mot sur ces relations avec Macky Sall : elle a royalement ignoré le président de la République ; même pas un petit mot de remerciement comme le font certains ministres ou directeurs quand ils se lancent ou quittent une institution publique. Une attitude qui traduit un malaise dans la mouvance présidentielle.

Pis, Aminata Touré qui dit toujours engagée à servir le Sénégal, semant le doute si ça se fait avec la coalition présidentielle ou avec l’opposition, a promis à la presse de lui revenir sur son avenir politique. « Nous sommes dans une enceinte administrative donc les propos sont administratifs. Pour les questions politiques, je peux vous assurer que nous en parlerons. Nous évoquerons les questions politiques prochainement, oui très prochainement », lança l’ancienne ministre de la Justice sous l’ère Macky Sall. Et d’embrayer : « A cette occasion, je vous ferai part de mon engagement pour le Sénégal qui est large et se poursuivra. Je continue à rester engager pour mon pays et jusqu’à mon dernier souffle. Tout a commencé au Sénégal pour moi et tout se finira ici ».

Mais la dernière manifestation survenue au mois de mars dernier avec son lot de morts et de blessés semble avoir changé la situation. L’on s’interroge même si Aminata Touré est en passe pour revenir au bercail :  en lieu et place d’une charge contre celui qui l’a virée au Cese, elle formule des recommandations afin de lui montrer la voie à prendre dans de pareille situation. Délicatement, Mimi le fait en prenant le prétexte de la journée internationale dédiée aux femmes : 8 mars.

« Il est urgent que le désespoir de cette Jeunesse qui s’est exprimé y compris par des actes de violence regrettables soit entendu par le président de la République, le père de la Nation. Aussi, je recommande au président de la République de s’adresser à la Jeunesse de son pays afin que celle-ci comprenne qu’il les a compris. Je suggère aussi au président de la République d’opérer dans l’urgence toutes les économies budgétaires possibles pour mettre en place un programme spécial d’urgence pour la Jeunesse avec la participation effective et transparence des organisations de jeunes et la société civiles en veillant à son exécution effective au niveau le plus décentralisé que sont les quartiers », a suggéré l’ancienne envoyée spéciale du président de la République.

« (…) Et pour que la paix revienne et rapidement, au président de la République qui détient les clés de la désescalade, nous demandons solennellement d’exercer son statut de père de la Nation afin de renouer les fils d’un dialogue direct et franc avec sa Jeunesse et tous les segments de la Nation en vue de dépasser rapidement cette situation grosse de tous les dangers pour notre pays respecté jusqu’ici monde comme un modèle de paix et de stabilité en Afrique ».

Un pas en avant qui laisse entendre que Mimi pourrait retourner au bercail. Surtout que, primo, le vent de remaniement souffle ces temps-ci et que Macky a promis de descendre certains pour faire revenir d’autres ; secundo, il faut noter que Mimi n’est pas à son premier claquement de porte. Tout peut ne pas être définitif. D’autant plus qu’en mai 2019, au lendemain de la réélection du chef de l’État sa nomination à la tête du Conseil économique, social et environnemental (CESE) avait marqué son retour après cinq années de vaches maigres. Mais l’expérience aura été de courte durée.

Reste à savoir si cette nomination d’Idrissa Seck, éternel rival de Mimi, survenu le 1er novembre 2020, ne va pas tacher l’autel de la réconciliation entre Macky Sall et son ex-envoyée spéciale. Mimi, pardonnera-t-elle cette fois, une énième humiliation ? Le prochain remaniement en dira long…

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