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Covid-19 et Enseignement: L’école sénégalaise dans le doute Khadidiatou GUEYE Fall

Une fermeture n’est pas à exclure en cas de persistance de la pandémie, malgré le couvre-feu et les mesures barrières

Après une semaine de couvre-feu annoncé par le chef de l’état, la maladie semble plus tenace et résistante.  Les cas de contamination se sont multipliés. Une semaine sans résultat satisfaisant. Des communiqués viennent de partout. Le ministre de l’Emploi, pour sa part, a suggéré une réduction du personnel dans le milieu professionnel. Ce, pour éviter une propagation du virus dans le milieu du travail. Le ministre a également suggéré aux entreprises de favoriser le télétravail en cette période de pandémie. L’éducation et l’enseignement supérieur seront-ils en reste?

La  situation préoccupante de la résistance du virus une semaine après le couvre-feu commence à semer le doute dans la tête des acteurs du système éducatif. En effet, les conditions dans lesquelles les élèves apprennent sont promotrices d’une contamination pléthorique. Aux heures de cours comme aux de heures de pause, les élèves sont en contact les uns les autres sans aucune mesure de protection. Le lavage des mains initié dès le début de la rentrée est négligé au fur et à mesure. Dans certaines salles de classe, l’effectif des élèves va l’encontre des mesures. Ainsi, la majorité se demande si l’Etat ne va fermer les écoles avec l’augmentation des cas.

Pour Ibrahima Gaye, un élève au lycée Seydina Limamou Laye de Guédiawaye, l’Etat doit anticiper l’arrêt des cours. ” Je pense que les autorités doivent suspendre les cours au regard de la vitesse de la contamination de la maladie ; elles doivent mettre notre vie en avant”, avance le jeune lycéen. D’après lui, des identifiants et des mots de passe ont été distribués aux élèves du lycée pour une éventuelle suspension des cours : ” Notre professeur nous a demandé de bien garder ces identifiants au cas où l’Etat annoncerait un arrêt jusqu’à nouvel ordre. Ces filiations vont nous permettre d’étudier à distance”. Ibrahima Gaye trouve cela très responsable d’épargner les élèves de cette période de pandémie.

Si Ibrahima est pour la suspension des cours, Binetou Kane préfère aller à l’école tout en respectant les mesures nécessaires. “Si on referme les écoles, comment va-t-on avoir un bon niveau de connaissance pour intégrer l’entreprise demain ?”, s’interroge-t-elle. Binetou Kane ne s’inquiète pas pour sa santé mais elle se pose des questions sur son avenir.

Si la suspension des cours est annoncée, l’enseignement supérieur ne sera épargné. C’est l’avis de Sokhna Oumy Fall. Étudiante en marketing digital dans une université privée, elle préconise les cours à distance pour éviter le déplacement du virus : ” Vu l’augmentation des cas de la Covid, la suspension des cours devraient être une option pour la protection des élèves et du personnel “, a-t-elle argumenté. Néanmoins, elle souhaite une année académique qui répond en son nom.

“Cependant, il faut penser à ouvrir des plateformes pour les cours ou songer à faire des visioconférences pour éviter un retard du programme et une perte de l’année”, suggère l’étudiante. A en croire Sokhna Oumy, terminer les programmes à tout prix devrait être un défi pour les élèves, les étudiants et les professeurs en cette période de pandémie.

Joint au téléphone, ce professeur de Mathématiques refuse de se prononcer sur une probable suspension des cours. Mais, il précise que seul l’Etat est habilité à prendre les dispositions nécessaires pour que les suspensions des cours n’affectent en rien l’aboutissement des programmes.

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