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Coin d’Histoire: Haïlé Sélassié, dernier empereur d’Ethiopie, fondateur de l’Organisation de l’Unité Africaine Par Mohamed Bachir DIOP

Beaucoup ne retiennent de l’homme que le visage sous lequel il est présenté par les rastas. Beaucoup n’en retiennent que le fameux discours qu’il a prononcé à l’Assemblée générale de l’Onu le 4 octobre 1963, mis en musique par Bob Marley avec le titre War (La Guerre). Mais de cet être exceptionnel il y a beaucoup à retenir. Il est le descendant du Roi Salomon et de la Reine de Saba, personnages bibliques que citent les histoires de toutes les religions. En Arabe, la Reine de Saba est désignée sous le nom de Sarata. Cette dernière s’était rendue en Israël sur l’invitation du Roi Salomon qui souhaitait ainsi recevoir celle qui, à l’époque était considérée comme la plus belle femme du monde qui, de surcroît était de lignée royale. Son long séjour en Israël finit par une idylle éphémère avec le Roi Salomon et, lorsque vint le moment pour elle de rentrer en Ethiopie, le Roi Salomon la fit accompagner par une forte escorte de sa propre armée. Or, de ce séjour elle emportera une grossesse et arrivée dans son pays, elle donnera naissance à l’ancêtre de celui qui deviendra Hailé Sélassié. Les soldats du Roi Salomon qui l’avaient escorté ne retourneront pas en Ethiopie. Ils y fonderont famille avec, naturellement des femmes de teint noir et leur descendance finira par avoir le même teint que tous les Ethiopiens. Ce sont ces fameux Juifs noirs que ‘on connaît sous le nom de Falachas, dont certains ont émigré en Ethiopie dans les années 80 et qui, aujourd’hui sont victimes de traitement raciste dans ce pays.

Sélassié
Sélassié

Hailé Sélassié est donc ce descendant de personnages bibliques qui a ébloui les rastamen de Jamaïque et des Caraïbes qui le considèrent comme le seul Roi Légitime de la terre entière. King of Kings, Lord of Lord, Conquerring Lion of The Tribe of Juda, Ever Living Man, Ever Living Guide, Earth’s Rightfull Ruler (Roi des Rois, Seigneur des Seigneurs, Lion Conquérant de la Tribu de Judée, Celui qui vivra Toujours, Celui qui Guidera Toujours, Vrai Régent de la Terre). C’est ainsi que les Rastas chantent ses louanges. C’est aussi ainsi qu’il s’est surnommé lorsqu’il a été désigné Empereur d’Ethiopie et qu’il a pris le nom d’Haïlé Selassié 1er. Mais son vrai nom est Makonnen Ras Tafari.

Ce que l’on retient moins de lui, cependant, c’est qu’il a été l’instigateur de la création de l’Organisation de l’Unité Africaine devenue aujourd’hui l’Union Africaine. Voici l’Histoire de cet homme qui a été dépeint sous plusieurs facettes, celle du libérateur de son peuple face à l’envahisseur italien, celle du modernisateur de l’Ethiopie mais aussi, celle de l’impitoyable Empereur qui, pendant les moments difficiles a préféré nourrir ses chiens plutôt que de venir en aide à ses compatriotes qui mourraient de faim.

De son vrai nom Tafari Makonnen, il est né le 23 juillet 1892 à Ejersa Goro, dans l’Empire d’Éthiopie. Il règne sous le nom de Haïlé Sélassié Ier « Puissance de la Trinité ». Il est le fils du Ras Makonnen Welde Mikaél, descendant, selon la tradition éthiopienne de la dynastie «salomonique», qui remonte aux rois Salomon et David par la reine de Saba.

Täfäri signifie « celui qui est redouté » et Makonnen, le nom de son père, signifie « grand, noble ». Il prend un nom de règne le 3 avril 1930, lors de son accession au trône d’Éthiopie.

Régent et prince héritier d’Éthiopie durant le règne de l’impératrice Zewditou, à qui il succède en 1930, Haïlé Sélassié Ier doit faire face à l’invasion et à l’occupation italienne de son pays entre 1935 et 1941. Il n’a jamais reconnu la légitimité de cette annexion, considérant qu’il régnait encore pendant cette période, niant l’administration coloniale italienne. Il retrouve le trône quand son pays est libéré en 1941, à la faveur de la Seconde Guerre mondiale et grâce à la résistance. Renversé et déchu en 1974 par la Révolution éthiopienne, il est tué l’année suivante dans des circonstances restées obscures.

Son père, le Ras Makonnen est gouverneur du Hararghé. Sa mère, Woyzero Yeshimebet Ali Abba Jifar, meurt du choléra le en 1894 alors qu’il n’a pas encore deux ans. Son père meurt le 21 mars 1906, laissant Tafari, âgé de 14 ans, aux bons soins de l’empereur Menelik II.

Jeune homme intelligent, il reçoit une éducation complète et ouverte sur l’extérieur, profitant de ce que le Harar devient la porte du pays avec la construction du chemin de fer qui atteint Dire Dawa en 1902.

 

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