GMT Pile à l'heure

La Ligne du Devoir

Call center, un métier très accessible aux jeunes. Issue de secours ou porte sans retour ? Par Sadany SOW

Généralement âgés de moins de trente ans, les étudiants constituent le gros des troupes dans les centres d’appels. Séduits par la flexibilité des horaires de travail et le gain considérable, ces jeunes sont prêts à se jeter dans la gueule du loup. Oublient-ils qu’il est toujours carnivore ?

Les jeunes demandeurs d’un premier emploi sont souvent confrontés à certaines exigences telles que l’expérience professionnelle et la validation des stages qu’ils peinent à avoir. Cette difficulté à intégrer le marché du travail les effraie au point qu’ils sautent sur la première occasion : les centres d’appels ; c’est un gâteau sucré mais à savourer avec modération.

Centre d’appel aussi appelé call center est défini  comme étant un ensemble de moyens humains, immobiliers, mobiliers et techniques qui permet de prendre en charge la relation à distance entre une marque et son marché. Il est le plus souvent concrétisé par un ou plusieurs espaces de bureau où sont distribués des appels téléphoniques, mais aussi des courriers. D’une manière générale, depuis le début du 21e siècle, de nombreuses industries font appel à l’utilisation de centres d’appels principalement pour leurs relations externes,  mais aussi pour optimiser leurs interactions internes.

Le nombre de centre d’appels croît de façon exponentielle dans la capitale sénégalaise. Son importance dans la société est reconnue du fait qu’il est un moyen de tirer un trait sur le chômage pour un bon nombre de jeunes étudiants. Mais à quel prix ?

En d’autres définitions, les call centers peuvent être des centres de promotion de la prostitution. Appelés à sexuellement satisfaire à distance des clients, certains jeunes ignorent souvent la nature de la proposition qui leur est faite dans les annonces. Ils sont au courant du genre de travail qu’ils sont appelés à faire une fois que le contrat est signé. Conscients, certains se retirent. Trop ambitieux, d’autres acceptent le marché. Dès lors, elles (souvent ce sont des femmes), entrent dans l’univers de la prostitution déguisée. En dessous de la somme considérable qu’elles gagnent, elles sont confrontées à des problèmes complexes risquant d’affecter leurs vies entières : la masturbation (une pratique qui consiste à provoquer sur soi-même le plaisir sexuel par des contacts manuels), et le lesbianisme (attirance sentimentale ou sexuelle entre des femmes, on parle d’homosexualité féminine). Le pire, c’est qu’elles en deviennent dépendantes. Elles sont ainsi victimes de leur propre jeu de séduction.

Toutefois, dans cet angle de traitement choisi, nous nous intéressons à la perte de motivation que peut causer le métier chez les jeunes. Majoritairement, ceux qui ont plus de deux années d’expérience dans les centres d’appels ont la difficulté de se faire un chemin dans leurs domaines de formation. Aveuglés par le profit qu’ils gagnent, ces jeunes préfèrent renoncer à leurs projets,  quitte à perdre les années d’études ou de formation. Ils s’enferment derrière leur porte de secours sans vraiment s’en rendre compte, tel hypnotisés.

 

Pour lire la suite de l’article, consultez le gratuitement en ligne à la page 2 de notre journal ou téléchargez le :

%d blogueurs aiment cette page :