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Body shaming sur les réseaux sociaux: Des mots cruels dits exprès pour blesser… Chérifa Sadany Ibou Daba SOW

″Quand le clavier est utilisé pour se moquer des autres ″

Subir des remarques désobligeantes à propos de son corps ou de son apparence est devenu une tendance sur réseaux sociaux qui présente beaucoup de conséquences ou violences psychologues, empêchant de se libérer des complexes. Ses conséquences sont nombreuses et souvent fatales.

À l’intervalle 2019-2021, ce phénomène négatif et gratuit s’impose au Sénégal. À travers des réseaux sociaux, des personnes sont victimes de moqueries. Les femmes surtout. Elles sont les principales victimes et la plupart les coupables.

Amar Diop est trop actif sur les réseaux sociaux. Ce qui lui permet de se prononcer sur le sujet : « Ceux qui font le body shaming veulent juste être drôles et n’y parviennent pas. Ce sont d’abord de grands complexés, qui ressentent le besoin de rabaisser les uns pour se sentir grands. Intellectuellement, il leur manque beaucoup. Le body shaming fait sur Crépin Diatta notre jour national m’avait le plus touché. C’était vraiment ignoble de la part des Sénégalais. Depuis, j’ai l’impression que le pauvre, ne s’active plus sur les réseaux, ce qui n’est pas normal », se désole-t-il.

« Ceux qui ne font pas du body shaming, sont souvent taxés de “mature”. Les gens qui le font à travers les réseaux sociaux se défendent avec : « On rigole juste, nous libérons le stress, histoire d’éviter d’être trop mature », renseigne-t-il.

 Se moquer du physique de quelqu’un, est-ce un moyen de se détendre ?

Alassane Ndiaye, 33 ans, influenceur sur Facebook, répond : « Aucunement ! C’est absurde, à la limite méchant. Nous vivons dans un pays démocratique, chacun a le droit de poster sa photo malgré son apparence sans devoir s’attendre à des retours déstabilisants. Sur Tiktok’, c’est encore pire lorsqu’on lit certains commentaires faits sur des personnes avec quelquefois des malformations ; on se demande si on est toujours au Sénégal, un pays qui a longtemps prôné la solidarité », dit-il.

Quelles sont les personnes qui en souffrent le plus ?

« Disons celles qui n’ont pas un mental fort et qui s’affaiblissent très rapidement sur un mot moquant. Mais il existe des personnes avec un excès de confiance. Celles-là, le body shaming représente un avantage pour eux. J’ai fait la remarque. Certaines personnes victimes de body shaming et avec un excès de confiance en eux arrivent à se passer des moqueries. Souvent elles deviennent même des stars en faisant accepter aux gens leur physique. Ceux qui utilisent tiktok en savent quelque chose », informe-t-il.

Le body shaming, même s’il permet à l’individu de se réconcilier avec soi-même,  reste un mal courant et pas que sur les réseaux sociaux mais aussi dans les foyers.

Si les propos frustrants ne viennent pas des parents, ils peuvent provenir des personnes encore très proches : « Mon mari par exemple », complète Adama Guèye, qui reprend : « Une fois, il me l’a fait. En voulant rigoler, il m’a directement frustré en sabotant ma malformation. J’ai eu honte. Et je lui en voulais tellement qu’on est resté en froid pendant une semaine. Ma mère nous a toujours défendu de jouer avec des moqueries, même entre frères. Lui n’a rien voulu entendre. Il disait qu’entre couple, ce genre de blagues doit être permis ».

Selon Adama Guèye toujours, l’état mental de la victime est souvent oublié ce qui, par conséquent, peut l’amener à se faire du mal, voire même se suicider.

Éviter le body shaming retourne à sensibiliser les coupables et à préparer mentalement la victime en lui faisant accepter son physique. Comme disait le Dalai Lama  : « Ne laissez pas le comportement des autres venir détruire votre paix intérieur ».

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