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Aminata Touré-Mimi sans ruse, sans malice – Signe particulier : militante révolutionnaire Par Habib KA, Desk régional, Matam

“Je n’ai jamais été libérale. (. . .). Je me définis comme une sociale-démocrate” expliquant son appartenance à l’Alliance pour la République (APR), à qui veut l’entendre, que ce parti est une alliance politique de divers courants.

Militante de la Ligue communiste des travailleurs (LCT) qui, en 1988, fusionne avec le Mouvement démocratique populaire (MDP) du président Mamadou Dia pour donner le Mouvement pour le Socialisme et l’Unité (MSU), qui soutiendra la candidature de Landing Savane à la Présidentielle de1993. De ce soutien, Aminata Touré sera désignée directrice de la campagne électorale de Landing, à trente et un an, femme en plus.

Chez Aminata Touré, le virus de la militance s’est très tôt implanté. A quinze ans, disent ses proches. Elle était “dirigeante” très remarquée au lycée Van Vo, avant de s’envoler, Baccalauréat en poche, pour la Métropole.

Jean, baskets, cheveux au vent, même si elle refuse cette étiquette de “garçon raté”, elle est partout, dans l’Association des Étudiants sénégalais en France (AESEF), dans la Fédération des Étudiants d’Afrique Noire en France (FEANF), aux fêtes de l’Humanité, des manifestations du Parti communiste français (PCF), débattant de politique internationale, d’idéologie, de marxisme-léninisme, de trotskisme.

En 2011, elle quitte les USA pour Dakar, contribue à la rédaction du programme Yoonu Yokute. Convaincu le candidat Macky Sall la choisit directrice de campagne. Élu le 25 mars 2012, Macky Sall la nomme ministre de la Justice, Garde des Sceaux.

Traque des biens mal acquis, elle s’y engage, sans état d’âme. Karim Wade, fils du président sortant, emprisonné. Elle fait trembler tous les pontes de l’ancien régime au point qu’elle est surnommée “dame de fer”, en référence à l’austère Margaret Thatcher, Premier ministre de la Grande Bretagne.

Premier septembre 2013, elle est nommée Premier ministre en remplacement d’Abdoul Mbaye.

Février 2015, retour aux affaires comme Envoyée spéciale du président de la République, puis, en mai 2019, présidente du Conseil économique, social et environnemental jusqu’au Premier novembre 2020.

Aminata Touré avec le président Macky Sall et l’Alliance pour la République (APR), les relations sont très souvent heurtées : elle est une femme qui ne se laisse pas réduire au silence ; quand il faut parler, elle parle jusqu’à élever le ton : elle n’est pas genre militante docile, soumise. Quand on est forte, autonome, des convictions politiques à revendre, on a toutes les difficultés du monde de redevenir «  queuiste » ; l’expression est du jargon trotskiste, qualifiant les beni oui oui en politique.

Ce courage, ce refus de se soumettre, Mimi l’a appris dans sa tendre jeunesse et dans la pratique des mouvements révolutionnaires de Gauche.

Ce caractère trop prononcé pour l’insoumission, les propos crus, sans langue de bois font qu’elle a toutes les peines du monde de se faire comprendre et accepter de ses camarades de parti et de l’alliance Benno Bokk Yaakar. Alors que les Sénégalais ont un autre mode de fonctionnement qui va vers la ruse.

Ses relations donc avec le président Macky Sall, l’APR sont souvent très heurtées. Elle a fait un passage éclair au ministère de la Justice, à la primature, le tout pour vingt-six mois sur les neuf ans que Macky Sall est au pouvoir. Elle n’a jamais été présidente des Femmes de l’APR, et ce ne sont pas les atouts qui lui manquent.

Moins de deux années au Conseil économique, social et environnemental (CESE), elle fut débarquée, sans les formes, Idrissa Seck son adversaire juré hissé à la tête de la troisième institution de l’État. Macky Sall l’a donnée en gage pour ses retrouvailles avec un ancien rival. Et, pure humiliation, la traqueuse est soupçonnée à son tour de malversations dans sa gestion de l’institution.

Aminata Touré est suspectée de nourrir des ambitions pour la présidence de la république. Pour revenir, elle devra surveiller sa communication. Il lui faut revenir dans l’entourage du président, jouer les coudées franches pour ne pas laisser le terrain libre aux Mahmout Saleh, Oumar Sarr, Idrissa Seck.

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