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Agnam Godo, capitale du Poulagou, des Peulh d’Europe dans l’interaction des civilisations : la Fulanité De notre correspondant à Matam, Habib KÂ

Ce qui jadis était abstrait, un rêve impossible est devenu, à force d’abnégation, de pugnacité de ses initiateurs, une réalité bien vivante.

Mamadou Lô de Orléans,  natif de Diongto, et ses pairs, précurseurs de cette généreuse idée, peuvent désormais jubiler et dormir du sommeil du juste, car la greffe a pris et  l’arbre prêt à donner ses meilleurs fruits.

Tabital Pulaagu au palais avec le Président Macky Sall
Tabital Pulaagu au palais avec le Président Macky Sall

Tout est parti d’une belle aventure, d’un rêve de jeunesse, de Peulh basés en Europe et qui ont en commun ce désir intense d’extérioriser et d’assumer pleinement leur différence dans l’interaction des civilisations : la fulanité, leur repère culturel, linguistique.

Samba Touré, Sénégalais basé en France, fils de la ville de Lidoube, travaille depuis dix ans sans relâche avec un groupe dénommé Yeeso (en avant !) sur le projet de création d’un écomusée de la culture Foulbe.

Leur mission est presque accomplie, eu égard à leur actif :  deux milliards de francs cfa pour construire des salles d’expositions, de conférences, des chambres d’hôtes, des espaces de verdure, de recomposition d’un environnement naturel ; tout ce qui revaloriserait un tourisme culturel agréable dans la région de Matam, sur un terrain de quatre hectares à proximité de la RN2, acquis par donation il y a plus de deux décennies.

La section sénégalaise de Tabital Pulaagu International a eu l’insigne honneur, à travers son président Fary S. Kâ, d’être celle dont le pays va abriter ce projet fédérateur de tous les Peulh d’Afrique autour d’une intégration linguistique culturelle régionale.

Il faut relever que le président Macky Sall fut littéralement émerveillé par l’idée lors d’une rencontre en octobre 2017 avec des représentants de Tabital Pulagu international ainsi que des associés européens.

Un écomusée est un centre de conservation, de recherche, de mise en valeur de biens culturels sur un territoire donné.

C’est ce projet que le Sénégal a l’honneur d’abriter dans le village de Godo. Pourquoi le choix de Godo ?

Selon Daha Sognane, un ancien émigré aux États-Unis, le village de Godo se décline : “Godo e gande, beelal aljanna”, en référence aux arbres qui le ceinturaient et sa mystérieuse grande mare aux vertus thérapeutiques et bénéfiques.

Avec Guede et Sendebou, il fait partie des villages peulh les plus anciens doté d’un pouvoir central.

Vivement donc un tel projet qui fera de ce site un carrefour des cultures peulh, un berceau des échanges entre fils d’Afrique.

 

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