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Abdoulaye Elimane Dia: Le milliardaire homme d’affaires Dossier réalisé par Habib KÂ, Correspondant régional à Matam, Thilogne

D’un simple Groupement d’Intérêt économique (GIE) créé en 1997 alors qu’il était étudiant en droit à l’Université Cheikh Anta Diop (Ucad) de Dakar, au négoce des noix d’acajou qui lui donna son premier million, en passant par le métier de sous-traitant à la Société des Eaux du Sénégal (SDE), Abdoulaye Elimane Dia est parvenu, au prix de multiples efforts, à bâtir un empire dont « Fortunes Finance » et « Cofia Immo » en sont les mamelles. Le météore de Halaybe s’éteint à 49 ans, laissant derrière lui des orphelins chagrinés et un défi à relever : continuer son héroïque combat. Kalajo avait une vision, un rêve qui importent plus que tout. Posez-lui la question : Ce qu’est la richesse pour lui ? Il vous répondra, tout de go : l’ambition. «Je définirai la richesse en termes de volonté et de création d’emplois. C’est cela la fierté. Le reste pour moi, c’est subsidiaire.» affirmait-il.

A une rencontre avec de jeunes sympathisants de son mouvement, Abdoulaye Elimane Dia s’était improvisé formateur pour donner à ses jeunes fans, admiratifs de sa réussite et qui le prennent en idole, des conseils. S’inspirant de son expérience personnelle, de son propre vécu, il avait fait comprendre que la vie n’a pas été de tout temps rose pour lui et qu’il lui arrivait de tirer le diable par la queue. Il avait révélé qu’il lui arrivait des nuits de galère et, pour tromper sa faim, il trempait son morceau de pain de misère dans de l’eau sucrée avant d’aller se coucher. Il restait sept jours sans se laver à la quête de noix d’acajou en Guinée Bissau où il obtint son premier million, Il arrive un jour à l’aéroport de Johannesburg sans un kopeck, sans billet de retour. Une autre fois, il était parti prendre une chambre d’hôtel, la nuitée était de 80.000 francs cfa, alors qu’il n’avait en poche que 50.000 francs, ou qu’il s’était fait héberger quelques mois en France, par un compatriote, dans une chambrette qui ne l’était que de nom.

Tout ceci, c’était pour Abdoulaye ? Élimane Dia une manière de susciter chez ses jeunes protégés, tout acquis à lui, endurance, persévérance, détermination, abnégation, de leur faire comprendre que dans cette vie, la meilleure réussite c’est de se faire soi-même, sans attendre l’aide de personne.

La réussite ne s’offre pas sur un plateau d’argent ; elle est le fruit de l’effort y consacré.

Parti d’un simple GIE « Bamtaré » créé alors qu’il était étudiant en 1997, il est arrivé à bâtir un empire : PDG de Holding Fortunes Capital et DG de Cofia Immo.

En effet, Abdoulaye Elimane avait beaucoup exporté pendant plus d’une décennie, des noix d’acajou en provenance de la Guinée Bissau ou de la Casamance vers les pays asiatiques où le fruit était très prisé.

Ensuite entrepreneur plein d’initiatives et de cran, il s’investissait dans des secteurs économiques et commerciaux aussi divers que variés ; de l’immobilier & BTP (60%) à l’agrobusiness & distribution (25%), du transport logistique (10%) aux Finances & Médias (5%).

En dix ans, Fortunes capital a créé 200 emplois directs, 1.500 emplois indirects, 10 supermarchés sur le territoire national, 4.000 logements sociaux économiques, 500 logements et appartements standing, 500 ha de fermes aménagées, le tout pour un total de plus de 60 milliards F Cfa investis.

Ses différentes sociétés sont :

– Atra S.a. qui intervient dans la conception, la construction et la réhabilitation,

– Hydrocons dans les travaux, les voieries, l’hydraulique,

– Fimolux, filiale de commercialisation de l’immobilier haut de gamme

– Groupe Immobilier Atex S.A, spécialisé dans le conseil, la promotion et la commercialisation,

– Elydia, dans la production agricole, la distribution, le transport & logistique,

– Ely-Agro, Elycargo, dans le transport routier, aérien et maritime, de la logistique et du transit… – Capital média, un groupe de presse composé d’une radio et d’un site d’informations en ligne en phase de constitution.

De sous-traitant à la Sde à la constitution de son empire, l’enfant de Halaybé voyait ses rêves fleurir, dans un environnement économique, culturel et social où il est difficile de percer, Abdoulaye Elimane Dia a pu s’en sortir avec une bonne organisation et une bonne méthode qui fait de lui un entrepreneur exemplaire.

S’il y’avait cette culture entrepreneuriale comme les Bouygues, les Danone, Fortunes Capital et Cofia Immo survivront à la disparition de leur boss, avec une équipe et une famille très soudée, très unies, capables de tenir la flamme, la maintenir, la raviver plus que son fondateur, comme il le soulignait d’ailleurs dans son blog : “Le management est l’art de diriger une équipe, d’incarner une vision, de prendre des décisions, de gérer des personnes et de révéler leur potentiel. (…)

Nous œuvrons pour un nouveau leadership des dirigeants africains afin de mettre en place pour un avenir proche, des entreprises championnes et mieux structurées”.

Telle une prémonition, Laye fixait ses principes, secret de sa réussite, il souhaiterait sûrement que ce message fût entendu pour la postérité.

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