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La Ligne du Devoir

Une double voix pour une société sans voie En quête de nouveauté

 Démocratie et presse sans frontière

Les journalistes ont une double voix :

la leur propre, professionnelle,

et celle que leur prête la société

en quête d’une nouvelle voie

 

La société demande aujourd’hui la collaboration de tous ses fils et la corporation a décidé, comme toujours d’ailleurs, de répondre au rendez-vous. C’est doublement heureux : nos références dans la profession sont venues de différentes strates de la société, de l’enseignant du village au postier pour les télescripteurs, du photographe technicien pour le bélinographe, sans oublier évidemment le typographe, incontournable.
De Faidherbe à Ngalandou Diouf, du premier organe à la direction négrifiée, nos devanciers avaient d’autres formations de base que les sciences et techniques et l…

 

La société demande aujourd’hui la collaboration de tous ses fils et la corporation a décidé, comme toujours d’ailleurs, de répondre au rendez-vous. C’est doublement heureux : nos références dans la profession sont venues de différentes strates de la société, de l’enseignant du village au postier pour les télescripteurs, du photographe technicien pour le bélinographe, sans oublier évidemment le typographe, incontournable.
De Faidherbe à Ngalandou Diouf, du premier organe à la direction négrifiée, nos devanciers avaient d’autres formations de base que les sciences et techniques et l’information, de même que les premiers formateurs qui confondaient la Corrèze privilégiée au Zambèze, même en France, avec les tout premiers reporters Doublier, Promio, Mesguich et autres Marius, avec le « saint patron » Théophraste Renaudot. Si, aujourd’hui, nous sommes « curieux de tout et spécialistes en rien », remercions ce médecin du roi, joueur plus fou.
Il heureux aussi qu’en ces moments de fortes redéfinitions du contrat social, le professionnel de l’information refuse d’être ce sociologue sur le balcon qui se regarde passer dans la rue et accepte au contraire de prêter sa voix de stentor pou faire avancer le débat public.

La position ambiguë de ni-pouvoir ni-opposition n’a jamais résisté à la réalité quand on se positionne plus du côté de la politique que nous avons incarné dans les faits en nous voulant intermédiaires intellectuels plus proches de la plèbe que de la monarchie, dans un atavisme visant une société plus juste, plus solidaire, plus socialiste.

Au demeurant, toutes les sources sont d’accord entre elles qui relient démocratie et presse, aussi longtemps qu’elles remontent dans le passé colonial du Sénégal ; si elles confondent au début la presse avec la notion philosophique de liberté d’expression et lieu syndical de défenseurs d’intérêts corporatistes qui lui est consubstantielle, elles reviendront très vite faire la part des choses. La seule différence reste donc dans l’historicité non de la démocratie vis-à-vis de la presse que du point de départ : l’expression, seul moment de liberté, s’inspire de l’arbitraire du signe, symbole du journalisme.
Éternelle histoire de l’œuf et de la poule, l’absence de frontière entre la libre expression orale et écrite devient la ligne poreuse entre la démocratie et la presse qui en manifeste la réalité.
L’étude la société sénégalaise le démontre avec le développement concomitant des formations politiques et des journaux, à partir du premier des organes, le Moniteur du Sénégal, créé par le gouverneur Faidherbe, à « L’Action Sénégalaise » (1922) qui confirme la nécessité d’une présence sur le terrain politique.
Presse économique, politique, confessionnelle, sociale et socialiste, elle répond au moment de vérité avec la démocratisation de la société sénégalaise, laboratoire miniature de la dualité presse-formations politiques : L’Unité, organe central du Parti socialiste, Le Démocrate, pour le Parti démocratique sénégalais, Jaay Doolé pour le Parti de l’Indépendance et du travail.
L’explosion de la presse professionnelle avec la multiplication des écoles de formation et la crédibilité des acteurs ont favorisé la migration des formations politiques de leurs organes internes propres vers un public plus élargi. Au demeurant, de grands hommes politiques historiques ont inscrit leur action politique sous le titre pompeux de…journalistes.Revoyez les listes des candidats des bulletins de vote des années de braise.

P. MBODJE

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