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Surcharge des bus: Les passagers subissent quotidiennement les mêmes incommodités Khadidiatou GUÈYE Fall

Une occasion pour certains de commettre leurs basses

Le secteur du transport préoccupe beaucoup les populations. Le nombre ahurissant de passagers dans les bus ne se critiquent plus à haute voix. Les gens ont fini par accepter l’irrecevabilité. Prendre un bus une véritable séance d’abattoir. Les passagers se sont permis d’être entassés comme du bétail dans les bus. La preuve ne se cherche pas. Se pointer à l’arrêt de bus le matin vers 07 heures et vous en aurez le cœur net.

Il est 07 h passées. Au carrefour de Hamo 6, se trouve un arrêt de bus, non loin de la station. Cette zone devenue une fourche pour rallier le centre-ville, les Almadies et alentours, déborde de monde le matin. Des klaxons de voitures par-ci et par-là font sursauter certains passagers encore à l’arrêt en train d’attendre leur bus.

Des voix se laissent entendre : il s’agit des « cokseurs » (rabatteurs) qui ont pour travail de prévenir les passagers et d’amener des clients aux chauffeurs. La plupart, ils travaillent pour les taxis et les particuliers en partance vers le centre-ville.

Les passagers n’ont qu’une direction en vue : celle de la provenance des bus.

Ces clients essentiellement constitués de travailleurs et d’élèves rencontrent beaucoup de difficultés pour arriver à destination. À l’arrivée du bus, ils se ruent vers les bus. Ils se bousculent, se piétinent, se donnent des coups de poing pour accéder à l’intérieur du bus. Résultat des courses: une surcharge de voyageurs.

Ce phénomène de surcharge récurrente dans les moyens de transport, notamment dans les minibus Tata, représente un danger pour les usagers.

Retrouvé à l’arrêt du bus avec un sac à dos et des barres en aluminium, cet homme de 22 ans tourne vers sa gauche pour se préparer une fois la ligne 37 arrivée. Sa destination est les Maristes, juste à l’entrée par la voie de Cambérène. Ce jeune ouvrier travaille dans une entreprise spécialisée dans la confection de matériels en aluminium. Répondant au nom de Chérif Sall, il rencontre tout un tas de soucis pour arriver à son lieu de travail.

Les surplus de passagers dans les bus l’exaspèrent : « Les surcharges dans les bus ne sont pas normales. Ça nous dépasse en tant que passagers. Quand des sièges y ont été implantés de manière limitée, c’est en ce moment qu’on devrait en déduire que le nombre de passagers est limité au nombre de sièges ».

Doigt accusateur

Chérif pointe un doigt accusateur vers les receveurs désintéressés par les conditions de trajet des passagers : « Mais cela est le cadet des soucis des receveurs. Ils ne s’intéressent qu’à leur versement journalier. Ils ramassent les passagers à chaque arrêt de bus, sans tenir compte du débordement du bus. Les bus sont parfois pleins au point que certains passagers perdent l’air et tombent en éclampsie. Si vous avez remarqué, ceux qui sont assis dans les bus sont minimes par rapport aux passagers debout ».

Le fait de surcharger n’est qu’un élément principal, ses subordonnées sont aussi nombreuses. D’après Chérif Sall, en plus de ce phénomène de surcharge, l’acte d’indiscipline est notoire dans les bus.

« Un jeune assis fait semblant de ne pas voir un vieux qui tient à peine debout. Les surcharges causent certains conflits dans le bus. Par exemple, les vicieux font exprès de prendre les bus refusant de passagers pour commettre leur vice. Les voleurs trouvent avec les bus surchargés en cadre idéal pour se saisir des portables et des pochettes des passagers en catimini. Et la réaction de la victime est d’accuser un passager parfois innocent », dénonce Chérif.

L’avis de Chérif est partagé par Madame Guèye, un professeur de Mathématiques.

La jeune femme souffre en entrant dans les bus pour rejoindre son école. « C’est un peu difficile et ce n’est pas facile. Seulement parfois, les passagers l’acceptent par manque de choix. Certains n’ont pas les moyens de se payer un taxi, d’autres sont contraints par le temps pour arriver à l’heure au lieu de travail. Les passagers n’ont pas le choix vu les types de tracasseries que la surcharge des bus engendre », se justifie la professeure en Maths. Elle articule que les passagers sont conscients d’être la cause de cette surcharge mais le choix n’est pas là parfois : « Même conscients des réalités dans les bus, la population daigne ne pas abandonner les bus. A cela s’ajoute le nombre insuffisant de transports en commun ». Sans prendre parti, notre interlocutrice avoue que laisser les bus ne serait pas facile pour les usagers car « les avantages que les bus offrent aux passagers font qu’il sera très difficile de les laisser. Les bus offrent des prix accessibles à tous pour des zones éloignées. Donc parfois, la surcharge est un mal nécessaire acceptable par ceux qui le subissent. ».

Pour y remédier, Chérif Sall revient et propose des solutions. « L’État doit apporter une pièce à l’édifice. Il faut assez de bus avec des places raisonnables. Parce que les mini-bus n’ont pas beaucoup de sièges. Il y a de l’espace dans les bus ; au lieu de prévoir cela pour des passagers, qu’on leur mette des sièges pour les aider parce que les passagers payent leur argent et en souffrent en retour ; c’est pas normal. A défaut, on éjecte tous les sièges et tous les passagers restent debout tout le long du trajet ». Chérif a profité de l’occasion pour soulever le niveau d’insolence des chauffeurs et des receveurs.

C’est une brochette de problèmes que l’on note dans les bus. Le problème de surcharge n’est qu’un parmi tant d’autres. Les conducteurs parfois laissent le code de la route dans leur chambre. Dans une certaine mesure, la situation de surcharge peut être comprise par le fait que l’accroissement de la population qui implique une demande largement supérieure à l’offre. Cependant, la surcharge qui est certes un danger devient un choix unique pour l’usager. Pour gagner du temps à un coût réduit, les passagers acceptent de prendre les bus avec un nombre excédent tout en banalisant les conditions du trajet.

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