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La Ligne du Devoir

Hommages à Me Wade: Wade & la presse

Bonjour, cher confrère !

Médoune Sarr Xun Xunoor

Saliou Bineta Dieng

Mouhamadou Moukhtar Diop

Pape Kouaté

Fara Ndiaye

Charles Babacar Seck

Abdourahmane Camara

Mame Olla Faye

Mamadou Pascal Wane

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Moustapha Touré

Mademba Ndiaye

Tidiane Kassé

Mamadou Oumar Ndiaye

Cheikh Bâ

Pathé Mbodje

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Nous sommes six. Nous étions une vingtaine. Nous avions des lecteurs de partout.

Nous sommes six à partager un vécu que beaucoup d’entre vous connaissent. Parfaitement, directement, subjectivement.

La ruée à la première rencontre avec les promoteurs de Takussan ou Takusaan donnait un premier aperçu du corset dans lequel la presse des années 80 était enserrée : tous aspiraient à mieux, professionnels, techniciens, stagiaires frais émoulus à une profession. L’inquiétude marquée par les autorités du « Soleil » renforçait ce sentiment diffus d’un objecteur de conscience qui régnait dans la profession.

Les luttes syndicales en avaient donné un aperçu : Moctar Kébé et Gabriel Jacques Gomis, parmi d’autres, appelaient à réformer l’Association nationale des Journalistes du Sénégal ; la valse-hésitation entre l’Association nationale des professionnels de l’information et de la communication sociale et le syndicat à proprement parler a démontré la lutte entre une classe dominante et le souci d’affirmation de pratiquants désireux de relever le front : mieux formés désormais, ils appelaient à appliquer ce qu’ils avaient appris et pour quoi ils avaient embrassé une profession par vocation.

Takusaan est arrivé dans cette phase transitoire qui verra la multiplication des organes de presse à partir de là, en particulier les deux grands groupes que seront Wal Fadjri et Sud.

Wade “est lu” des média

Rendre enfin hommage à Wade aujourd’hui pour ses excellentes relations avec la presse, c’est rendre hommage aux journalistes de tous les horizons pour ce qui leur revient de droit, directement et implicitement, dans le long compagnonnage avec l’ancien président de la République, compagnonnage souvent heurté, comme fort trempées dans l’acier les relations entre les deux camps. Ce qui leur revient de droit, c’est la reconnaissance de leur métier, de leurs qualités professionnelles et du rôle irremplaçable de la presse dans la vie publique d’un homme politique.

Jamais, sans doute, dans l’histoire du Sénégal, un homme n’aura autant marqué le secteur de la communication sociale au sens large : Me Wade a d’abord investi dans la presse professionnelle de qualité (“Demain l’Afrique”, “Takusaan”), éducative (“Le Citoyen) et partisane (“Le Démocrate”, “Sopi”), avant d’investir la presse qu’il a enrichie de sa démarche et de ses manifestations publiques d’abord, par d’autres voies, ensuite.

Mais le feu-follet Wade jeune avait déjà la fibre, l’âme, la vocation : de Ponty, « À l’ombre du Baobab » à Roume, au palais de la République, il a conçu, organisé, encadré et inspiré journaux, revues, romans de vie.

Ceci explique sans aucun doute pourquoi Wade est lu des médiats, élu par les média, dans un processus de complicité professionnelle à nulle autre pareille dans la vie d’un homme politique sénégalais. Et ses victoires politiques renforcent et expliquent ce sentiment de proximité et de reconnaissance de populations redevables au dernier combattant des libertés qui a atténué leur peur dans le tunnel menant vers la liberté, titre qu’il n’a paradoxalement jamais créé.

Quel monstre sacré de la communication ! Honneur au confrère !

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