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Wilane, comptes réglés pour l’autodestruction d’un parti riche d’un patrimoine glorieux Habib KA, Thilogne

Abdoulaye Wilane ne devrait s’en prendra qu’à lui-même pour tout ce qui pourrait lui : l’homme a été le lieutenant le plus acariâtre du secrétaire général du Parti socialiste (PS) ; Aminata Mbengue Ndiaye, Serigne Mbaye Thiam, en retrait, tout autant que lui, faisaient le même boulot, en y mettant cependant les formes adéquates. Ils étaient, tous les trois dans la dynamique de centraliser toute l’autorité du parti autour d’Ousmane Tanor Dieng, pour gage de leur acte d’allégeance au président de la République nouvellement plébiscité.

A Macky Sall, en guise de récompense, de les ferrer avec deux fauteuils ministériels réservés dans ses gouvernements, la présidence du Haut conseil des Collectivités territoriales (HCCT) spécialement aménagé à cet effet, une place de député de la CEDEAO pour le tonitruant débatteur et voilà, l’affaire est dans le sac, la direction légale du PS encagée pour une durée correspondant à celle des mandats présidentiels de l’actuel chef d’État.

A Wilane de régler le compte de quiconque, socialiste, s’opposerait à cette alliance, qui est tout le contraire de ce que son secrétaire général annonçait : qu’il gagne ou qu’il perde les élections, il céderait le passage à la nouvelle génération. Les cadres socialistes qui pensaient que OTD allaient passer le relais en eurent pour leurs frais.

Malick Noël Seck, le premier, pour avoir dit qu’après 12 ans à la tête du secrétariat général et deux élections perdues avec des résultats décroissants Tanor devait aller se reposer. Le secrétaire général de Convergence socialiste fut envoyé se balader, mis à la porte.

Aissata Tall Sall, pour s’être présentée au poste de secrétaire générale du PS contre Ousmane Tanor Dieng, la procédure fut interrompue par Khalifa Sall, président du Comité national de Pilotage des Renouvellements. La lionne de Podor, après quelques remous à l’interne, fut priée de décamper.

Khalifa Ababacar Sall qui théorise qu’il est impensable que le Parti socialiste, pour la première fois, ne présente pas un candidat à la présidentielle de 2019, lui et soixante-onze autres socialistes furent exclus du parti, accusé puis condamné à cinq ans de prison ferme.

Que Abdoulaye Wilane revendique aujourd’hui la réconciliation des socialistes, l’impérieuse nécessité pour eux de présenter un candidat en 2024, il n’y aura pas une personne pour l’écouter.

Pour toutes ces actions, Abdoulaye Wilane était le plus engagé, le plus visible dans l’autodestruction d’un parti riche d’un patrimoine glorieux de quarante ans, l’arrimage des socialistes pour dix-sept ans au train de l’histoire politique du libéral Macky Sall.

Abdoulaye Wilane est en fin de carrière, un jeune versé très tôt dans la politique et qui ne connaît que cela, habitué à vivre au frais de l’Etat, de son administration, remerciant le Créateur et ses géniteurs de l’avoir doté d’une bouche bénie.

Il confie qu’il est diplômé d’Hôtellerie et fait de la consultance de temps à autre.

Les Sénégalais retiendront toutefois de lui son côté bagarreur, ses diatribes, ses salives de mots outranciers, son regard hypnotisant.

Celui que Macky Sall, pour le récompenser, va déposséder de tous ses attributs dans le Ndoucoumane, l’anéantir, lui qui rêve d’être le prochain président.

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