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Union africaine: Mémoires d’Outre-Mer P. MBODJE

Pas de démocratie sans liberté…des peuples encore sous domination

Le lauréat de l’Immortel Ruffin prend la présidence de l’Union africaine en pleine année de la Culture et du Patrimoine ; le ceebu jën le précède déjà, consacré par le creuset multiculturel créé à cet effet ; il lui tiendra encore compagnie jusqu’en février, date de sa prise de service officielle pour une présidence tournante.

Les palmes académiques qui lui ont été décernées le 25 mars 2008, dans la guerre de l’Occident contre Me Abdoulaye Wade, président, lui serviront sans doute à élever la voix pour fustiger le silence de l’Afrique quand Addis Abeba, le creuset de la volonté commune de 1963, a failli tomber dans les mains de la rébellion : le 23 novembre 2021 par exemple, l’éternelle alliée qu’est la France « a appelé ses ressortissants à quitter « sans délai » l’Ethiopie, où des combats se rapprochent de la capitale après plus d’une année de guerre entre forces gouvernementales et rebelles dans le nord du pays » titrait Le Monde.

Et puisqu’il ne saurait y avoir de démocratie quand on maintient des peuples sous domination, la libération de tous les peuples encore sous domination étrangère, principalement par l’Occident, devrait être le principal point de l’agenda par devoir d’Outre-mer.
Monrovia ou Casablanca, le vœu de liberté et d’indépendance défendu par les pères fondateurs est toujours là ; la principale mission de cette quatrième présidence reste alors une demande culturelle première d’appeler à une nouvelle redéfinition des relations internationales passablement secouées depuis les attentats contre les Tours jumelles : pas de démocratie sans liberté…des peuples encore sous domination.

Le Sénégal et l’Union africaine

Léopold Sédar Senghor -1980
Abdou Diouf -1985 et 1992,
Macky Sall, 2022

Abdou Diouf a mis la barre très haut

Abdou Diouf a eu la chance, sur le continent, de porter le message dans les États de la ligne de front ; l’opportunité de son voyage de soutien et de solidarité a presque coïncidé avec la chute du bouclier Sud avec notamment la libération de Nelson Mandela ; ce troisième mandat du Sénégal à la tête de ce qui était alors l’Organisation de l’Unité africaine somme aujourd’hui le président Macky Sall d’aller au moulin occidental pour la libération de tous les territoires aujourd’hui sous domination.

À l’interne, la perception de l’Union africaine par les États devrait amener à proposer un pacte social aux membres pour la vulgarisation d’une organisation continentale perçue comme un épouvantail : il faut préconiser une Place Addis Abeba dans chaque capitale africaine.

Le Sénégal culturel a raté le coach avec Césaire ; cette tache noire, Me Wade avait voulu l’effacer par une solidarité émouvante avec Haïti. C’est là que la Négraille se mit debout pour la première fois. Les merveilles culturelles dont le Monument de la Renaissance africaine, le Théâtre national, le Festival des Arts nègres et le Musée des Civilisations noires sont des éléments de visibilité de l’année 2022, année de la Culture et du Patrimoine pour Macky Sall dans son tour probable des îles des Caraïbes.

C’est là aussi qu’on attend le président en exercice, plus Libertador que Don Quichotte à l’assaut des chimères.

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